Hosei Erasmus Mundus Program Euro Pholosophy

Hosei Erasmus Mundus Program, Euro Pholosophy - Over the two academic years 2008-9 and 2009-10 at Hosei University, classes for the first semester of "Euro Philosophy", an EU Erasmus Mundus Master Program, have taken the form of one-month intensive lecture series. This is the first instance in Japan of administering such a large-scale intensive lecture series within the Erasmus Mundus Master Program.

Syllabus

Start of 2016 program!

Hosei University is holding the European Union (EU) Erasmus Mundus Master Program " EuroPhilosophie " (Euro Philosophy) for the year 2016. 5 members of teaching staff from EU plus 7 from Japan will give lectures on European philosophy (predominantly German and French philosophy) to students from Europe selected for "EuroPhilosophie" over 3 months from May-July 2016. Japanese students and the general public are welcome to attend lectures along with the students from Europe. By teaching and learning European philosophy here in Japan, the aim of this program is to allow direct contact between present-day European philosophy and Japanese philosophy, and to discover the potential for philosophy. We hope that all those interested in the present state and future directions of philosophy are able to join us.

Also, students of Hosei University Graduate School of Humanities Major in Philosophy and those of Hosei University Faculty of Intercultural Communication will participate in the program, sitting the final examination that will be uniformly marked, and the results will count towards the units necessary for graduation from the Hosei University .

Period: Monday, 16 May - Friday, 29 July 2016
Location: Room 702, Hosei University Ichigaya Campus Graduate School Block
2-15-2 Ichigaya Tamachi, Shinjuku-ku, Tokyo 162-0843
Tel: 03-5228-0551
http://www.hosei.ac.jp/campus/ichigaya/index.html
Person responsible from EU:Thierry Hoquet (France, University of Lyon 3)
Person responsible in Japan:Shin Abiko (Hosei University)
abiko@hosei.ac.jpEuroPhilosophie
Official homepage:http://www.europhilosophie.eu/mundus/(in French)
Hosei Program official homepage:http://erasmus.ws.hosei.ac.jp/

Erasmus Mundus « Europhilosophie » Hosei Programme(2016)

[Professeurs]
Hisashi Fujita (Kyushu Sangyo Université)
Marie-Frédérique Pellegrin (Université de Lyon 3)
Kazuyuki Hara (Université de Tokyo)
Thierry Gontier (Université de Lyon 3)
Masato Goda (Meiji Université)
Yasuhiko Murakami (Université d'Osaka)
Jean-Philippe Pierron (Université de Lyon 3)
Nao Sawada (Rikkyo Université)
Pierre Fasula (Université de Paris 1)
Tetsuya Kono (Rikkyo Université)
Thierry Hoquet (Université de Lyon 3)
Shin Abiko (Hosei Université)

[Resposables du programme]
Thierry Hoquet (Université de Lyon 3)
Shin Abiko (Hosei Université)

[Modules]
Métaphysique
Phénoménologie
Philosophie des sciences

Métaphysique(2016)

■Hisashi Fujita(6) : « La métaphysique du mariage et sa déconstruction »
1.lun 6 juin, 10h-12h
2.lun 6 juin, 13h-15h
3.lun 6 juin, 15h30-17h30
4.sam 23 juillet, 10h-12h
5.sam 23 juillet, 13h-15h
6.sam 23 juillet, 15h30-17h30
■Marie-Frédérique Pellegrin(3): « La métaphysique comme méditation et entretien: Descartes, Malebranche »
1.mar 7 juin, 10h-12h
2.mer 8 juin, 10h-12h
3.mer 8 juin, 13h-15h
■Kazuyuki Hara(3): « Badiou lecteur de Lacan, ou pour une autre « Métaphysique » »
1.ven 17 juin, 15h30-17h30
2.ven 24 juin, 15h30-17h30
3.ven 1er juillet, 15h30-17h30
■Thierry Gontier(3): « Introduction à la noétique médiévale (XIIe-XVIe siècle) »
1.mer 6 juillet, 10h-12h
1.jeu 7 juillet, 10h-12h
2.ven 8 juillet, 10h-12h

Phénoménologie(2016)

■Masato Goda(6): « Le développement de la phénoménologie japonaise »
1.mer 18 mai,13h-15h
2.mer 25mai, 13h-15h
3.mer 1er juin, 13h-15h
4.mer 22 juin, 13h-15h
5.mer 29 juin, 13h-15h
6.mer 6 juillet, 13h-15h
■Yasuhiko Murakami(3): « Une recherche qualitative phénoménologique du milieu de la santé - autour du soin à domicile »
1.ven 20 mai, 10h-12h
2.ven 20 mai, 13h-15h
3.ven 20 mai, 15h30-17h30
■Jean-Philippe Pierron(3) : «La phénoménologie herméneutique de Paul Ricœur »
1.lun 13 juin, 10h-12h
2.mar 14 juin, 10h-12h
3.mer 15 juin,10h-12h
■Nao Sawada(3): (Sartre) : « La question de genre en philosophie : Sartre et la sexualité »
1.jeu 30 juin, 13h-15h
2.jeu 7 juillet, 13h-15h
3.jeu 14juillet, 13h-15h

Philosophie des sciences(2016)

■Pierre Fasula(3): « La philosophie des sciences deWittgenstein »
1.mer 25 mai, 15h30-17h30
2.jeu 26 mai,10h-12h
3.ven 27 mai, 10h-12h
■Tetsuya Kono(3): « Philosophie phénoménologique de l'environnement »
1.ven 30 mai, 10h-12h
2.ven 30 mai, 13h-15h
3.ven 30 mai, 15h30-17h30
■Thierry Hoquet(6): « La signification de l'histoire des sciences »
1.mar 31 mai, 10h-12h
2.mar 31 mai, 13h-15h
3.mer 1er juin, 10h-12h
4.jeu 2 juin, 10h-12h
5.jeu 2 juin, 13h-15h
6.ven 3 juin, 10h-12h
■Shin Abiko(3): « La philosophie des sciences d'Auguste Comte »
1.ven 1er juillet, 13h-15h
2.ven 8 juillet, 13h-15h
3.ven 15 juillet, 13h-15h

Résumés(2016)

Métaphysique
■Fujita
▶(titre)
« La métaphysique du mariage et sa déconstruction »
▶(résumé)
La question du mariage a été et reste une question à la fois ethnologique, anthropologique, sociologique, historique, politique, bio-politique, économique, culturelle, féministe, postcoloniale, mais pas suffisamment philosophique. C'était dès le début, c'est-à-dire depuis Socrate et Xanthippe, la relation mariage-philosophie a été tendu ou plutôt malaisé. Peut-être parce que la question du mariage est trop proche de notre vie la plus intime, la plus infime, de ce que les Français appellent « Petits riens ». Heidegger dans la Lettre sur l'humanisme, transmet une légende d'Héraclite racontée par Aristote dans les Parties des animaux : « on dit qu'Héraclite, à des visiteurs étrangers qui, l'ayant trouvé se chauffant au feu de sa cuisine, hésitaient à entrer, fit cette remarque : « Entrez, il y a des dieux aussi dans la cuisine. » (645a16-20). Et Heidegger interprète cette « cuisine », ce « foyer » comme « être » et nomme son propre acheminement « éthique fondamentale ». Mais si c'est le cas, s'il s'agit de cette tâche noble, pourquoi Aristote en déduit cette conclusion pour parler d'un « dégoût » et d'une « beauté » paradoxale : « Eh bien, de même, entrons sans dégoût dans l'étude de chaque espèce animale : en chacune, il y a de la nature et de la beauté ». Le mariage est cette « cuisine », ce « foyer » moulé entre instinct et institution. Il recèle une métaphysique, et s'appuie sur quelques concepts fondamentaux, tels que « contrat », « propriété », ou « individu ». La nécessité de déconstruire cette métaphysique révèle une autre éthique fondamentale.
Six séances sont prévues :
1. Introduction : Qu'est-ce qu'une métaphysique du mariage et sa déconstruction ?
2. Le moment grecque : Platon
3. Le moment chrétien : St. Paul et Luther
4. Le moment moderne 1 : Rousseau et Hegel
5. Le moment moderne 2 : Restif de la Bretonne (conférence d'Atsuo Morimoto, Institute for Research in Humanities, Kyoto University)
6. Le moment contemporain : Deleuze et Derrida
▶(bibliographie)
Platon, Le banquet, tr. Brisson, GF.
St. Paul, Première épître aux Corinthiens
Rousseau, La Nouvelle Héroïse en particulier, mais aussi Emile et Contrat social (GF).
Hegel, La philosophie du droit, GF ou Quadrige.
RÉTIF DE LA BRETONNE, Monsieur Nicolas, édition établie par Pierre Testud, 2 vol., Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1989.
─ La Vie de mon père, in [Œuvres de Rétif de la Bretonne, t. II], édition établie par Daniel Baruch, Robert Laffont, « Bouquins », 2002.

■Pellegrin
▶(titre)
« La métaphysique comme méditation et entretien: Descartes, Malebranche »
▶(résumé et bibliographie)
Séances 1 et 2 : Méditer métaphysiquement
On montrera ici pourquoi les notions de « méditation » et de « métaphysique » ne vont pas spontanément de pair. Il s'agit d'une construction philosophique. Elle trace tout d'abord une frontière originale entre foi et raison. Elle constitue ensuite une nécessité qui bouleverse l'ordre des disciplines philosophiques. Elle permet enfin seule de comprendre le modèle cartésien de la science.
Bibliographie :
Descartes R., Les méditations métaphysiques.
Kambouchner D., Les méditations métaphysiques de Descartes, PUF, 2005.

Séance 3 : S'entretenir métaphysiquement
En faisant de la métaphysique l'objet d'entretiens, Malebranche est-il fidèle à la métaphysique telle que redéfinie et pratiquée par Descartes ? En ajoutant que ces entretiens portent à la fois sur la métaphysique et sur la religion, Malebranche semble proposer un usage philosophique de la religion très spécifique.
Bibliographie :
Malebranche N., Entretiens sur la métaphysique et sur la religion.
Moreau D., Malebranche, Vrin, 2004.

■Hara
▶(titre)
« Badiou lecteur de Lacan, ou pour une autre « Métaphysique » »
▶(résumé)
Dans ce cours nous nous intéresserons à la conception « soustractive » de la métaphysique que Alain Badiou a proposée, en référence à Lacan et en opposition à Heidegger, pour voir comment elle s'enracine dans une conception proprement lacanienne du langage, que Lacan n'a cessé d'élaborer de « la chaine signifiante » à « lalangue », et qui impliquant des notions spécifiques de « signification », de « l'Un » et de « l'Autre » permet à Badiou de concevoir cette autre « Métaphysique ».
Trois séances sont prévues :
Cours 1 : Introduction / Lacan lecteur des théories linguistiques : Saussure, Jakobson, Benveniste (et Heidegger)
Cours 2 : De la linguistique à la « linguisterie » : la signification, l'Un, et l'Autre
Cours 3 : Le triple statut lacanien de l'Autre et la question de son « être »
▶(bibliographie)
-Les travaux d'Alain Badiou :
Badiou, Alain, L'être et l'événement, Editions du Seuil, Paris, 1988.
Badiou, Alain, Conditions, Ed. du Seuil, Paris, 1992.
Badiou, Alain, Lacan. L'antiphilosophie 3. 1994-1995, Fayard, Paris, 2013. (transcription du séminaire publiée d'ailleurs sur le site d'Internet que voici : http://www.entretemps.asso.fr/Badiou/94-95.htm )
-Les travaux de Jacques Lacan :
De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité suivi de Premiers Ecrits sur la paranoïa. Ed. du Seuil, Paris, 1975.
Ecrits, Ed. du Seuil, Paris, 1966.
Autres écrits, Ed. du Seuil, Paris, 2001.
Le Séminaire (texte établi par Jacques-Alain Miller, Ed. du Seuil, Paris) :
Livre III Les psychoses, 1981.
Livre V Les formations de l'inconscient, 1998.

■Gontier :
▶(titre)
« Introduction à la noétique médiévale (XIIe-XVIe siècle)) »
▶(résumé)
La question de la nature, des opérations et de la destinée de l'âme et de l'intellect (nous en grec, d'où le terme de « noétique ») fait l'objet de nombreux débats dans la philosophie médiévale des XIIe-XVIe siècles. Elle est posée sur la base de l'interprétation de textes, peu nombreux, et dont la cohérence reste problématique, du De anima d'Aristote.
Nous nous proposons dans ce cours d'examiner trois positions emblématiques : celle d'Averroès (XIIe siècle), dont la traduction latine du « grand commentaire » du De anima a initié le débat en Occident et dont la position sera connue sous l'étiquette de « l'unité de l'intellect» (i.e. un seul intellect, immortel, pour tous les hommes) ; celle de Thomas d'Aquin (XIIIe siècle), plaidant à la fois pour l'individuation de l'intellect et pour son immortalité ; celle enfin de Pietro Pomponazzi (XVe-XVIe siècles) qui, au nom de l'individuation de l'intellect, déconstruit les arguments averroïstes et thomistes en faveur de son immortalité.
Trois séances sont prévues :
1. Introduction (les textes d'Aristote) et le commentaire d'Averroès
2. Saint Thomas
3. Pietro Pomponazzi
▶(bibliographie)
1 / Sources
- ALEXANDRE D'APHRODISE, Enarratio de anima ex Aristotelis institutione, interprete Hieronimo Donato, Brescia, 1495 ; réimpr. anast., intro. E. Kessler, Stuttgart - Bad Cannstatt, 2008.
- THÉMISTIUS, Paraphrasis eorum quae De anima Aristotelis : On Aristotle's On the Soul, trad. R.B. Todd, London, Duckworth, 1996.
- * AVERROES, trad. A. de Libera, L'Intelligence et la pensée. Sur le De anima (Granc commentaire du 3e livre du De anima), GF Flammarion, 1998.
- AVERROES, Grand commentaire sur le Traité de l'âme d'Aristote [version complète, en latin], texte latin établi par F. Stuart Crawford, Carthage, Académie Tunisienne des Sciences des Lettres et des Arts « Beït Al-Hikma », 1997.
- * THOMAS D'AQUIN, Contre Averroès, trad. A. de Libera, Paris, Flammarion, 1997 (édition bilingue).
- Thomas d'Aquin, Commentaire du Traité de l'âme d'Aristote, trad. J.M. Vernier, Paris, Vrin, 1999.
- THOMAS D'AQUIN, Somme contre les gentils, trad. C. Michon (l. I-II), V. Aubin (l. III), Paris, Flammarion, 1999.
- THOMAS D'AQUIN, Somme théologique, coord. A. Raulin, trad. A.M. Roguet, Paris, Cerf, 4 tomes, 1984-1986.
- Trois commentaires anonymes sur le Traité de l'âme d'Aristote, éd. M. Giele, F. Van Steenberghen et B. Bazán, Louvain-Paris, Publications universitaires de Louvain - Beatrice Nauwelaerts, 1971.
- DUNS SCOT Jean, Opera omnia, editio minor, Bari, Editrice Alberobello, 6 vol., 1998-2003.
- * POMPONAZZI Pietro, Traité de l'immortalité de l'âme / Tractatus de immortalitate animæ (édition critique, trad., notes et intro.), Paris, Les Belles Lettres, « Classiques de l'humanisme », 2012 (édition bilingue).
2/Littérature secondaire
- BIARD Joël & GONTIER Thierry (dir.), Pomponazzi. Entre traditions et innovations, Amsterdam-Philadelphia, B.R. Grüner Publishing Compagny, « Bochumer Studien zur Philosophie », 2009.
- BRENET Jean-Baptiste, « Moi qui pense, moi qui souffre. Le problème de l'identité du composé humain dans la riposte averroïste de Pierre d'Auriole et Grégoire de Rimini », dans O. Boulnois (éd.), Généalogies du sujet. De saint Anselme à Malebranche, Paris, Vrin, 2007, p. 151-169.
- BRENET Jean-Baptiste, « Thomas d'Aquin et la pensée humaine du composé », Mélanges de l'Université Saint-Joseph, Beyrouth, 59 (2006), p. 69-96
- BRENET Jean-Baptiste, Transferts du sujet. La noétique d'Averroès selon Jean de Jandun, Paris, Vrin, 2003.
- GILSON Étienne, « Autour de Pomponazzi. Problématique de l'immortalité de l'âme en Italie au début du XVIe siècle », Archives d'histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge, 28 (1961), p. 163-279 ; rééd. dans Id., Humanisme et Renaissance, avant-propos de J.F. Courtine, Paris, Vrin, 1983.
- GILSON Étienne, « L'affaire de l'immortalité de l'âme à Venise au début du XVIe siècle, in V. Branca (dir.), Umanesimo europeo e umanisimo veneziano, Firenze, G.C. Sansoni, 1963, p. 31-61 ; rééd. dans Id., Humanisme et Renaissance, avant-propos de J.F. Courtine, Paris, Vrin, 1983.
- GONTIER Thierry, « Matérialisme alexandriste et matérialiste pomponazzien : Remarques sur le chapitre IX du De immortalitate animæ », in J. Biard & Th. Gontier, Pomponazzi. Entre traditions et innovations ..., 2009, p. 99-119.
- GONTIER Thierry, « Pulex contra elephantum : Pomponazzi et Thomas, lecteurs du De anima d'Aristote », L. Boulègue (dir.), Commenter et philosopher à la Renaissance, Lille, éd. du Septentrion, coll. « Cahiers de philologie », 2014, p. 47-60.
- GONTIER Thierry, « Vie contemplative et vie active chez Pietro Pomponazzi : autour de la comparaison organiciste du chapitre 14 du De immortalitate animæ », Ch. Trottmann (dir.), Vie active et vie contemplative au Moyen Âge et au seuil de la Renaissance, Rome, Collection de l'École Française de Rome, 2009, p. 443-471.
- LIBERA Alain de, L'unité de l'intellect. Commentaire du De unitate intellectus contra averroistas de Thomas d'Aquin, Paris, Vrin, 2004.

Phénoménologie
■Goda:
▶(titre)
« Le développement de la phénoménologie japonaise »
▶(résumé)
La phénoménologie de Husserl a si rapedement envahi les jeunes chercheurs japonais de la philosophie ; en effet pas mal de chercheurs japonais tels que Shuzo Kuki, Hajime Tanabe, Testsuro Watsuji, Kiyoshi Miki, Satomi Takahashi, Risaku Mutai etc. sont allés étudier auprès de Husserl et de Heidegger avant 1930. Selon Takahashi, Husserl les a accueillis avec amabilités exceptionnelles. Est-ce par hasard ? Non, dit Takahashi. Alors pourquoi ? Takahashi suppose que le Japon étant une sort de terre vierge de la philosophie, Husserl l'a trouvé convenable pour l'enracinement de sa nouvelle philosophie. Supposition arbitraire, sans dout. Et pourtant tout s'est passé comme si Takahashi avait eu raison. Chacun de ces ''disciples'' japonais de Husserl et de Heidegger a plus ou moins réussi à élaborer sa propre théorie philosophique: ''Anatomie de l'Iki'' chez Kuki, ''Logique de l'espèce'' chez Tanabe, ''Logique de l'imagination'' chez Miki, ''Fudo'' chez Watsuji, ''Logique du lieu'' chez Mutai etc.. Fécondité sans précédent bien sûr et qui ne s'est pas reproduite jusqu'aujourd'hui. Ce fait devient d'autant plus siginificatif que nos philosophes ont été obligés de montrer leur impuissance devant le gouvernement militaire du Japon d'alors.
Dans ces conditions, je voudrais vous montrer les divers aspects du développement de l'école phénoménologique japonais, les comparer à ceux de l'Europe des années 30, et d'en tirer les problématiques qui sont probablement si sérieuses, si urgentes pour nous-même.
Six séances sont prévues :
1: Introduction générale, naissance de la ''Tetsugaku'' au Japon
2: Philosophie de Kitaro Nishida, Nishida et Tanabe
3: Qu'est-ce que la ''Logique de l'espèce'' chez Tanabe?
4: Débat autour de la ''Logique de l'espèce''
5: ''Fudo'' et ''Iki''
6: Possibilités de la philosophie ''japonésienne''

■Murakami:
▶(titre)
« Une recherche qualitative phénoménologique du milieu de la santé - autour du soin à domicile »
▶(résumé)
La phénoménologie n'est pas une recherche abstraite et spéculative ni une recherche historique et philologique des classiques. Elle doit envisager la réalité humaine concrète. J'effectue depuis plus de dix ans un « fieldwork » dans le milieu de la santé et essaie d'analyer des data empiriques pour dégager la structure de l'expérience chaque fois singulière.
Dans ce séminaire, je voudrais esquisser d'abord la méthode de la recherche qualitative phénoménologique et ensuite une analyse des cas du soin à domicile (l'un porte sur le soin palliatif et l'autre concerne le soin psychiatrique des schizophrènes). Du point de vue théorique, ce séminaire va thématiser entre autres l'expérience de la mort et une autre théorie de la pratique.
▶(bibliographie)
Je donne deux de mes articles sur l'internet qui ont du rapport avec le sujet du séminaire:
http://bit.ly/25AH906
http://bit.ly/236jvXh

■Pierron :
▶(titre)
« La phénoménologie herméneutique de Paul Ricœur»
▶(résumé)
Ce cours proposera une introduction à l'herméneutique phénoménologique de Paul Ricoeur. Ce philosophe, nourri des philosophies de l'existence (Gabriel Marcel, Karl Jaspers) situe son propre geste intellectuel à la croisée de la phénoménologie d'inspiration husserlienne, de la tradition herméneutique et de la philosophie réflexive. Tout en maintenant avec force la méthode descriptive de type phénoménologique, il déploie la compréhension du soi et de l'identité comme celle d'un apprendre à se comprendre. Répondre à la question « qui suis-je ? », c'est se déchiffrer dans et devant le monde des textes, des symboles et des actions. Le « connais-toi toi-même » ricoeurien est ainsi engagé dans un examen de soi, entendu comme un déchiffrement de soi dans le temps traversé. Ce cours proposera de présenter la méthode de Paul Ricoeur (Cours 1). Il se poursuivra par une attention à la définition ricoeurienne du cogito compris comme cogito blessé avec l'identité narrative (Cours 2). Il se terminera par une présentation de la fécondité de cette méthode pour les questions de philosophie pratiques éthique, juridique ou politique (Cours 3)

Cours 1― la méthode de Paul Ricœur
Cours 2 ―phénoménologie et herméneutique
Cours 3 ―l exemple de l éthique

▶(bibliographie)
Lectures préparatoires :
Paul Ricoeur, Anthologie, Points/Seuil, 2006
Paul Ricoeur, La critique et la conviction, Entretiens, Ed. Calmann-Levy, 1999
Paul Ricoeur, Du texte à l'action, Essais d'herméneutique, Seuil, 1986
Paul Ricoeur, Soi-même comme un autre, 1990.

■Sawada :
▶(titre)
« La question de genre en philosophie : Sartre et la sexualité »
▶(résumé)
Ce cours vise à donner une vue synthétique sur le thème de la sexualité et de l'humanisme dans la phénoménologie en général, et tout particulièrement chez Jean-Paul Sartre.
Dans un premier temps, après un bref rappel des différentes réflexions sur la sexualité, et sur l'homosexualité dans le corpus sartrien, nous analyserons L'Être et le néant, l'un des rares ouvrages philosophiques qui regorge de termes liés au sexe. Ensuite, nous examinerons la polysémie du terme « homme » dans le corpus sartrien. Enfin, en parcourant le corpus sartrien de La Nausée jusqu'à L'Idiot de la famille, nous montrerons les enjeux à la fois philosophiques et littéraires du thème de la sexualité chez ce philosophe.

Philosophie des sciences
■Fasula :
▶(titre)
« La philosophie des sciences de Wittgenstein »
▶(résumé)
Dans quelle mesure Wittgenstein est-il un philosophe des sciences ? Comme le constate une de ses interprètes, Christiane Chauviré, « à force d'avoir dû répéter, en France, que Wittgenstein n'était ni un positiviste logique ni seulement un logicien, mais un philosophe au sens plein du terme, on a pu créer un préjugé inverse, qu'il faut à présent détruire : beaucoup de philosophes des sciences persistent à croire que le maître à penser du cercle de Vienne avait peu à dire sur la science, et en tout cas rien d'important, par opposition à certains de ses compatriotes comme Popper ou les membres du Cercle dont il n'avait pas l'idéologie scientiste, ce qui, assez vite, l'a séparé d'eux. » (C. Chauviré, « Wittgenstein, les sciences et l'épistémologie aujourd'hui », Revue de métaphysique et de morale, 2005/2, n°46, p. 157). C'est ce préjugé que nous chercherons à remettre en cause pendant trois séances, après avoir décrit l'attitude générale de Wittgenstein à l'égard de la science.
Sur ce dernier point, il est vrai que son attitude se caractérise par une mise à distance de la science, que ce soit au niveau de la méthode philosophique, ou de manière plus générale à titre culturel. En même temps, un grand nombre de ses écrits portent sur des questions qui relèvent directement de la philosophie des sciences, notamment ce qu'on pourrait appeler la philosophie des sciences naturelles, la philosophie des mathématiques et la philosophie de la psychologie.
Concernant la philosophie des sciences naturelles (séance 1), on examinera entre autres les points suivants : la nature des hypothèses, le lien entre la recherche de régularités et l'induction, la causalité. Concernant la philosophie des mathématiques (séance 2), on se focalisera d'abord sur la nature des problèmes mathématiques, puis sur des questions d'arithmétique (définition du nombre) et de géométrie (spécificité des figures géométriques), et enfin sur les fondements des mathématiques. Enfin, concernant la philosophie de la psychologie, après avoir décrit le statut de la psychologie chez Wittgenstein, on regardera de près la diversité de ce qu'il appelle les « concepts psychologiques » (sensations, émotions, pensées, etc.).
▶(bibliographie)
Séance 1 - philosophie des sciences naturelles :
- Wittgenstein, Remarques philosophiques, Paris, Gallimard, 1975 (notamment le chapitre 22).
- Wittgenstein, Philosophica IV, Mauvezin, TER, 2005 (notamment le texte « cause et effet : saisie intuitive »).
Séance 2 - philosophie des mathématiques :
- Wittgenstein, Remarques philosophiques, Paris, Gallimard, 1975.
- Wittgenstein, Cours sur les fondements des mathématiques, Mauvezin, TER, 1995.
- Wittgenstein, Remarques sur les fondements des mathématiques, Paris, Gallimard, 1983).
- Bouveresse, La force de la règle, Paris, Minuit, 1987.
- Bouveresse, Le pays des possibles, Paris, Minuit, 1988.
Séance 3 - philosophie de la psychologie :
- Wittgenstein, Recherches philosophiques, Paris, Gallimard, 2004.
- Wittgenstein, Remarques sur la philosophie de la psychologie I et II, Mauvezin, 1989 et 1994
- Wittgenstein, Derniers écrits sur la philosophie de la psychologie I et II, Mauvezin, TER, 1985 et 2000.
- Bouveresse, Le mythe de l'intériorité, Paris, Minuit, 1987 (chapitre 3).

■Kono :
▶(titre)
« Philosophie phénoménologique de l'environnement »
▶(résumé et bibliographie)
Dans mes cours, je voudrais développer une philosophie de l'environnement en se référant à la phénoménologie.

1. Éthique de l'environnement : Introduction des problèmes de l'environnement et la discussion sur les concepts fondamentaux dans l'éthique de l'environnement : l'écologie profonde, la valeur intrinsèque de la nature, biocentrisme, la durabilité, le pragmatisme éthique de l'environnement, l'écoféminisme, la diversité bio-culturelle, « Flux-of-Nature paradigme ».
Références
Thoreau, H.D. (1854). Walden.
Leopoldo, A. (1966). A Sand Country Almanac.
Carson, R.L. (1941). Under the Sea-Wind.
Jamieson, D. (Ed.) (2001). A Companion to Environmental Philosophy. Blackwell.
Light, A. & Rolston III, H. (2003). Environmental Ethics. Blackwell.
McIntosh, R.P. (1985). The Background of Ecology. Cambridge.

2. Le débat sur « wilderness » : La discussion sur le concept de « wilderness ». Le concept de la « conservation » et la « préservation » ; Le mouvement d'établir « Parc national », Qu'est-ce que « wilderness » ? Les critiques sur le concept de « wilderness », Le tourisme et « wilderness ».
Références
Callicott, J.B. (1994). Earth's Insights. University of California Press.
Callicott, J.B. & Nelson, M.P. (1998). The Great New Wilderness Debate. The University of Georgia Press.
Nelson, M.P. & Callicott, J.B. (2008). The Wilderness Debate rages on. The University of Georgia Press.
Oelschaeger, M. (1991). The Idea of Wilderness. Yale University Press.

3. Le concept du « Fûdo » (Milieu) de Tetsuro Watsuji et son développement : Qu'est-ce que le « Fûdo » ? Les critiques à la philosophie de Watsuji ; Augustin Berque et le développement du concept de « Fûdo » ; Fûdo et wilderness ; Vers l'ontologie de l'entier relationnel (Whitehead, Bergson, Taoïsme, etc.)
Références
Berque, A. (1995). Nihon no fûdosei (La Médiance nippone). NHK Ningen Daigaku.
Berque, A. (1996). Chikyu to sonzai no tetsugaku (La philosophie de la Terre et l'être). Berque, A. (1996). Chikyu to sonzai no tetsugaku (La philosophie de la Terre et l'être). Chikuma-Shinsho publisher.
Watsuji, T. (1935). Fûdo: Ningen-gaku-teki-Kosatsu. Fûdo. Le milieu humain, Paris, Éditions du CNRS, 2011, traduit par A. Berque.

■Hoquet :
▶(titre)
« La signification de l'histoire des sciences »
▶(résumé et bibliographie)
Séance 1. Le paradoxe de l'histoire des sciences.
Résumé : Longtemps, l'histoire des sciences a signifié l'histoire des progrès de l'esprit humain. La science était la rationalité, et l'histoire des sciences montrait la raison repoussant ses frontières. Peu à peu, cependant, l'histoire des sciences s'est libérée de son « progressionnisme ». Le fait que la science a une histoire a changé de signification : non plus seulement que nous savons aujourd'hui des choses que nous ne savions pas hier, mais que des choses que nous pensions vraies (intégrées dans le corpus scientifique) se trouvent en réalité être fausses (c'est-à-dire non scientifiques). L'histoire a donc cet étrange pouvoir de convertir la science en mythe.
Bibliographie :
George Sarton, The Study of the history of science, 1936.
Thomas Kuhn, The Structure of scientific revolutions, 1970.

Séance 2. L'histoire, ou l'abstraction de la philosophie dévoilée.
Résumé : Dans l'étude des sciences, l'histoire fonctionne comme une arme pour abattre les prétentions de la philosophie des sciences. L'histoire révèle les aspects chaotiques des découvertes scientifiques, contredisant les tentatives de rationalisation de la philosophie des sciences. Selon une formule d'Herbert Butterfield : l'histoire est « pleine d'accidents, de conjectures et de curieuses juxtapositions d'événements ». Paul Feyerabend fit grand usage de l'histoire des sciences comme réservoir de contre-exemples pour débouter la philosophie de ses positions. La distinction entre contexte de justification et contexte de découverte suffit-elle à résoudre cette contradiction entre histoire et philosophie ?
Bibliographie :
Herbert Butterfield, The Whig interprétation of History, 1965.
Feyerabend, Against Method, 1978.

Séance 3. La science grecque.
Résumé : Quelle valeur accorder au commencement grec des sciences ? Les sciences grecques constituent l'aube de la démarche scientifique. Beaucoup s'accordent à trouver chez les Présocratiques les débuts de la rationalité à l'œuvre. Mais qu'est-ce qui légitime ce sentiment d'une proximité entre les Grecs anciens et nous-mêmes ? Ne vaut-il pas mieux considérer les Grecs anciens comme des Hopis : un peuple dont les modes de pensée nous seraient totalement étrangers, et pour tout dire, « exotiques ».
Bibliographie :
Geoffrey E. R. Lloyd, Une histoire de la science grecque; trad. de l'anglais par Jacques Brunschwig, Paris, La Découverte, 1993.

Séance 4. L'histoire alternative, ou les possibles non explorés.
Résumé : Tout chercheur limite son attention à une seule théorie, à l'exclusion des autres théories empiriquement possibles. Dans le même temps, chaque théorie se maintient en dépit de la persistance de certaines anomalies. L'histoire des sciences est pleine de ces « alternatives » conceptuelles abandonnées, comme la théorie darwinienne de la pangenèse.
Bibliographie :
P. Kyle Stanford, Exceeding our grasp: science, history, and the problem of unconceived alternatives, Oxford : Oxford university press, 2006.

Séance 5. Y a-t-il eu des révolutions scientifiques ?
Résumé : Les Grecs anciens ne pouvaient pas concevoir la théorie des quanta. Il y a donc bien des mutations du savoir qui rendent les formes de sciences incompatibles les unes avec les autres. Comment concilier ce sentiment d'une incommensurabilité des théories scientifiques entre elles, avec l'idée que la science est, malgré tout, un processus cumulatif ce qu'exprime la formule : « Sur les épaules des géants » ? Autrement dit, la science progresse-t-elle ?
Bibliographie :
Gaston Bachelard, Le nouvel esprit scientifique, 1934 ; La Formation de l'esprit scientifique, 1938 ; La philosophie du non, 1942.
Michel Foucault, Les mots et les choses, 1966.

Séance 6. La science vue d'Orient.
Résumé : La science témoigne-t-elle d'un esprit proprement occidental, lié au mécanisme ou à la philosophie chrétienne ? Ou bien est-elle une entreprise authentiquement humaine, unissant des contributions de différentes civilisations ? On reprendra ici la question posée par Joseph Needham : Pourquoi la révolution scientifique ne s'est-elle pas produite en Chine ? On reviendra aussi sur la formule japonaise : « tôkon yôsai » : à l'est la spiritualité, à l'ouest la technique.
Bibliographie : Joseph Needham, La science chinoise et l'Occident (1969), Paris, Seuil, 1973.

■Abiko :
▶(titre)
« La philosophie des sciences d'Auguste Comte »
▶(résumé)
Dans l'histoire des idées, Auguste Comte(1798-1857) a inauguré trois choses, une science (la sociologie), une philosophie (la philosophie positive, le positivisme) et une religion (la religion de l'Humanité). Comte a ainsi bien dépassé d'abord les sciences naturelles vers une science sociale, puis les sciences vers une philosophie et enfin la philosophie vers une religion. À travers ces trois dépassements, Comte a élucidé d'abord la positivité scientifique, puis celle philosophique et enfin celle morale. Dans mon cours, je me proposerai de vous introduire à ces trois élucidations de la positivité, qui n'ont comme appui théorique toujours que, d'après Comte, 'le concours spontné de tous les grands travaux scientifiques', soit le succès historique des sciences.
Trois séances sont prévues:
1. Comte lecteur de Descartes―les sciences positives et la sociologie
2. Comte lecteur de Pascal―la métaphysique et le négativisme
3. Bergson lecteur de Comte―la morale et l'humanité
▶(bibliographie)
Auguste Comte, Cours de philosophie positives, 6 vols (1830-1842)
Auguste Comte, Discours sur l'esprit positif (1844)
Auguste Comte, Discours sur l'ensemble du positivisme (1848)
Auguste Comte, Système de politique positive, 4 vols (1851-1854)
Lucien Lévy-Bruhle, La philosophie d'Auguste Comte, Paris, Alcan, 1900
Pierre Macherey, Comte, La philosophie et les sciences, Paris, PUF, 1989
Juliette Grange, La philosophie d'Auguste Comte. Science, politique, religion, Paris, PUF, 1996
Laurent Fédi, Comte, Paris, Les Belles Lettres, 2000

Start of 2015 program!

Hosei University is holding Erasmus Mundus/UFA-HDF Master Program " EuroPhilosophie " (Euro Philosophy) for the year 2014-2015. 7 members of teaching staff from EU plus 5 from Japan will give lectures on European philosophy (predominantly German and French philosophy) to students from Europe selected for "EuroPhilosophie" over 3 months from April-june 2015. Japanese students and the general public are welcome to attend lectures along with the students from Europe. By teaching and learning European philosophy here in Japan, the aim of this program is to allow direct contact between present-day European philosophy and Japanese philosophy, and to rediscover the potential for philosophy. We hope that all those interested in the present state and future directions of philosophy are able to join us.
Also, students of Hosei University Graduate School of Humanities Major in Philosophy will participate in the program, sitting the final examination that will be uniformly marked, and those results will count towards the units necessary for graduation from the Hosei University Graduate School of Humanities.

Period:
Tuesday, 6 April - Friday, 26 June 2015

Location:
Hosei University Ichigaya Campus Graduate School Block
[2-15-2 Ichigaya Tamachi, Shinjuku-ku, Tokyo 162-0843]
Tel: 03-5228-0551
http://www.hosei.ac.jp/campus/ichigaya/index.html]

Person responsible in Japan:
Shin Abiko (Hosei University) abiko@hosei.ac.jp

Person responsible from EU:
Arnaud François (France, University of Toulouse II)

EuroPhilosophie Official homepage:
http://europhilomem.hypotheses.org/

Hosei Program official homepage:
http://erasmus.ws.hosei.ac.jp/

Aperçu (2015)

Tous les ans, plusieurs étudiants européens d'EuroPhilosophie peuvent bénéficier d'une bourse de la Commission Européenne ou d'UFA-HDF pour un semestre d'étude à l'université de Hosei au Japon.

Le semestre à Hosei donne lieu à une évaluation et est validé par l'obtention de 30 ECTS.

-dates de la mobilité : 1er avril-30 juin 2014

-période de la mobilité : Semestre 2 de la formation EuroPhilosophie

-responsable de la mobilité à Hosei : Prof. Shin Abiko

-responsable EuroPhilosophie de la mobilité à Hosei : Arnaud François

-site web :
http://erasmus.ws.hosei.ac.jp/
http://europhilomem.hypotheses.org/

L'université de Hosei cherche à ce que chaque étudiant Erasmus Mundus EuroPhilosophie touche, complète ou pas, une bourse de JASSO (Japan Student Service Organization, http://www.jasso.go.jp/index_e.html), qui puisse monter a 80,000 yen par mois. Cette bourse est publique et concurrentielle. Rien n'est donc assuré. Mais étant donné la qualité du programme, les étudiants d'EuroPhilosophie à Hosei pourraient espérer assez raisonnablement l'obtenir.

Mobilité 2014-15 (2015)

▶L'offre de cours d'avril-juin 2015 consiste dans 3 modules représentant en tout quinze séances de cours de 120 min, dispensés en français en principe par quatre enseignants. Les 3 modules sont intitulés respectivement : « Métaphysique », « Phénoménologie » et « Philosophie des sciences ».
▶Les universitaires européens boursiers EuroPhilosophie qui accompagnent les étudiants en 2015 sont :
Chiara Mengozzi (l'université de Hradec Králové, Czech)
Ondrej Svec (l'université de Prague, Czech)

▶ Les universitaires japonais et européens invités par l'université Hosei, qui participent à l'enseignement en 2015 sont :
Élie During (l'université de Paris Ouest Nanterre)
Hisashi Fujita (l'université Kyushu Sangyo, Fukuoka)
Masato Goda (l'université Meiji, Tokyo)
Kazuyuki Hara (l'université de Tokyo)
Thierry Hoquet (l'université Jean Moulin Lyon 3)
Tetsuya Kono (l'université Rikkyo, Tokyo)
Jean-Marc Levy-Leblond (l'université de Nice)
Yasuhiko Murakami (l'université d'Osaka)
Peter Szendy (l'université de Paris Ouest Nanterre)
Clélia Zernik (l'école nationale supérieure des Beaux-arts de Paris)

▶ Les noms des quatre enseignants qui se chargent de chacun des trois modules sont respectivement :
« Métaphysique » : Masato Goda, Kazuyuki Hara , Hisashi Fujita et Chiara Mengozzi
« Phénoménologie » : Yasuhiko Murakami, Clélia Zernik, Ondrej Svec et Peter Szendy
« Philosophie des sciences » : Thierry Hoquet, Jean-Marc Levy-Leblond, Élie During et Tetsuya Kono

Syllabus de cours du module « Métaphysique » (2015)

■Masato Goda (l'université Meiji, Tokyo)
▶Titre :
Ellipse errant ― Derrida/Deleuze
▶Résumé et programme des séances :
En déplorant la mort de Gilles Deleuze, Jacques Derrida écrit comme suit : ''Je continuerai ou recommencerai à lire Gilles Deleuze pour apprendre, et il me faudra errer tout seul dans ce long entretien que nous devions avoir ensemble'' (Chaque fois unique, la fin du monde, Galilée, 2003, p.238) Quel serait donc pour nous ''ce long entretien''qu'ils auraient dû faire ? Comme le remarque Adorno, la ressemblance apparente entre les deux philosophes originauzx ne serait qu'un produit ou effet de la myopie intellectuell. Oui, mais excepté quelques essais (de Jaen-Luc Nancy, de Jean-Clet Martin etc.), on a, me semble-t-il, si aisement opposé ces deux philosophes que même les traces évidentes de leur interférences ont été supprimées. En effet, la méthode de recherches de Derrida comme celle de Deleuze pourraient être caractérisées comme ''empirisme transcendental'' (Husserl) ou comme ''empirisme superieur''(Schelling). Et comment nier la correspondance tres nette entre l'analyse dans De la grammatologie sur ''le sauvage, le barbare, le civilisé'' et le troisième chapitre de l'Anti-Oedipe ? C'est Derrida qui a utilisé le mot ''géo-logie'' dans son commentaire de l'Origine de la géométrie bien avant Deleuze/Guattari, n'est-ce pas ? Et pourtant, pourquoi Derrida, ce découvreur d'Antonin Artaud, n'a pas mentionné ''le corps sans organes'' à la différence de Deleuze/Guattari ? De plus, Derrida lui-même avoue que ''Quand j'écrivais sur Marx au plus mauvais temps, il y a trois ans, je me rassurais un peu en apprenant qu'il projetait de le faire aussi.''(id.).
Dans ces conditions, nos trois cours de cette année seront consacrés à analyser les aspects des fronts de la guerre -- au sens de polemos (Heidegger)-- Derrida/Deleuze.
1 : D'un bord à l'autre. Deux philosophes de la ''limite''
2 : Différance, différenciation/différentiation et le capitalisme.
3 : ''Machine de guerre'' et non-Europe
▶Bibliographie :
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▶Dates et horaires:
3 séances de cours:
1.Mer15/4 (15h30-17h30)
2.Lun 20/4(15h30-17h30)
3.Mer22/4 (15h30-17h30)

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■Kazuyuki Hara (l'université de Tokyo)
▶Titre :
L'élaboration conceptuelle du « désir » chez Lacan-La question de « l'Autre » et de son être
▶Résumé :
Dans ce cours nous nous proposons d'examiner les discussions que Jacques Lacan a déployées depuis sa thèse en médecine en 1932 jusqu'au début des années 70, en nous centrant sur l'élaboration de la notion lacanienne de « désir », élaboration qui s'effectue au contact certes mais finalement à une certaine distance de Hegel et de Saussure, afin d'articuler ce qu'il en était de la refonte lacanienne du complexe d'Œdipe, ainsi que ce que cette refonte aurait ouvert comme perspective proprement psychanalytique sur la question de l'être qui tournera chez Lacan autour de celui de « l'Autre » .
▶Programme des séances :
Cours 1 : Lacan et Hegel - Du « postulat du désir » au « désir du désir », ou l'Autre philo-sophique
Cours 2 : Lacan et Saussure - Du « signifiant » à la « chaîne signifiante », ou l'Autre linguistique
Cours 3 : Lacan et Freud - Du « complexe d'Œdipe » à « la dialectique du désir », ou l'Autre psychanalytique
▶Bibliographie:
Les travaux de Jacques Lacan :
- De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité suivi de Premiers Ecrits sur la paranoïa. Ed. du Seuil, Paris, 1975.
- Ecrits, Ed. du Seuil, Paris, 1966.
- Autres écrits, Ed. du Seuil, Paris, 2001.
-Le Séminaire (texte établi par Jacques-Alain Miller, Ed. du Seuil, Paris) :
Livre I Les écrits techniques de Freud, 1975, 316 p.
Livre II Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, 1978, 375 p.
Livre III Les psychoses, 1981, 363 p.
Livre IV La relation d'objet, 1994, 435 p.
Livre V Les formations de l'inconscient, 1998, 522 p.
Livre VII L'éthique de la psychanalyse, 1986, 375 p.
Livre VIII Le transfert, 2001, 2e édition, 461 p.
Livre X L'angoisse, 2004, 396 p.
Livre XI Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1973, 312 p.
Livre XIV La logique du fantasme, inédit.
Livre XVI D'un Autre à l'autre, 2006, 430 p.

D'autres travaux :
Badiou, Alain, Lacan. L'antiphilosophie 3. 1994-1995, Fayard, Paris, 2013.
Balmès, François, Ce que Lacan dit de l'être(1953-1960), PUF, Paris, 1999.
Benveniste, Emile, Problèmes de linguistique générale, I, Tel/Galli¬mard, 1966.
Hara Kazuyuki, Amour et savoir ― Etudes lacaniennes, Collection UTCP, Tokyo, 2011 (la version en PDF téléchargeable depuis le site d'internet de l'UTCP (The University of Tokyo Center for Philosophy).
http://utcp.c.u-tokyo.ac.jp/publications/ 2011/04/collection_utcp_9/
Heidegger, Martin, Nietzsche, 2 vols., Paris, Gallimard, 1971.
Kojève, Alexandre, Introduction à la lecture de Hegel, Paris, Tel/Gallimard, 1947.
Saussure, Ferdinand de, Cours de linguistique générale. Edition critique préparée par Tullio de Mauro avec la postface de Louis-Jean Calvet (1985), Ed. Payot, Paris, 1972.
Alain Badiou et ce qui rapproche et éloigne Lacan de Heidegger
▶Dates et horaires :
3 séances de cours :
1.Ven17/4 (15h30-17h30)
2.Ven24/4 (15h30-17h30)
3.Lun27/4 (15h30-17h30)

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■Hisashi Fujita (l'université Kyushu Sangyo, Fukuoka)
▶Titre :
Ricoeur et l'ombre de Bergson
▶Résumé :
Un penseur a toujours son ombre. L'ombre n'est pas un ennemi ; on ne peut se confronter avec. L'ombre, bon gré mal gré, on ne la quitte jamais. Presque comme le spectre, elle suit. Parfois, même à travers la déformation ou défiguration, elle suggère quand bien même la figure ou forme de la personne. Henri Bergson est l'ombre de Paul Ricœur. Cette hypothèse est notre point de départ.
L'itinéraire philosophique de Paul Ricœur (1913-2005) se divise en trois périodes, nous semble-t-il, et dans chaque période se trouvent - mais pas de la même façon - les débats irremplaçables avec Henri Bergson (1859-1941). Disons, tout se passe comme si Ricœur passait de Chamisso à Tanizaki, de L'étrange histoire de Peter Schlemihl ou l'homme qui a vendu son ombre à l'Eloge de l'ombre. Pour examiner les traces de ces dialogues intérieures avec l'ombre, sur le temps, sur la métaphore et sur la mémoire, nous aborderons quelques ouvrages majeurs de Ricœur et Bergson.
▶Programme des séances et bibliographie :
1re séance :
Examen de la 1re phase (1950s-1960s) de la philosophie réflexive et de la phénoménologie.
Bibliographie (à titre indicatif) :
-Ricœur, Philosophie de la volonté. Tome I : Le volontaire et l'involontaire, Aubier, 1950.
-Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience (1889).

2e séance :
Examen de la 2nd phase (1970s-1980s) des études herméneutiques et poético-littéraires.
Bibliographie (à titre indicatif) :
-Ricœur, La métaphore vive, Le Seuil, 1975.
-Bergson, La pensée et le mouvant (1934).

3e séance :
Examen de la 3e phase (1990s-2000s) des études juridico-politiques et religieuses.
Bibliographie (à titre indicatif) :
- Ricœur, La mémoire, l'histoire, l'oubli, Le Seuil, 2000.
- Bergson, Matière et mémoire (1896).
▶Dates et horaires :
3 séances de cours:
1.Ven15/5 (10h-12h)
2.Ven15/5(13h-15h)
3.Sam16/5(10h-12h)

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■Chiara Mengozzi (l'université de Hradec Králové, Czech)
▶Titre :
La lutte pour la reconnaissance entre philosophie et littérature: scénarios (post)coloniaux
▶Résumé:
Le cours vise à traiter le problème du rapport à l'altérité par le biais de la dialectique hégélienne du maître et de l'esclave et de ses réécritures postcoloniales philosophiques et littéraires. Parmi les innombrables interprétations du chapitre hégélien, il est possible de délimiter un courant de réappropriations qui situe la lutte pour la reconnaissance dans un cadre concret de rapports de domination et de subordination, celui de la colonisation. Par ailleurs, dans l'essai Hegel and Haïti (2000), Susan Buck-Morss non seulement démontre que Hegel était au courant de la lutte des esclaves d'Haïti guidée par Toussaint Louverture, mais encore soutient que, pour bien comprendre les pages les plus célèbres de la Phénoménologie de l'esprit, il ne faudrait pas négliger les événements coloniaux auxquels Hegel s'est probablement inspiré. Les premiers à avoir l'intuition que la lutte pour la reconnaissance formulée par Hegel peut être un instrument heuristique pour interpréter et modifier les rapports entre colonisateurs et colonisés furent Jean-Paul Sartre dans l'Orphée noir (1948) et Franz Fanon dans Peau noire, masques blancs (1952). En effet, ce dernier décrit la condition existentielle du colonisé en assimilant Hegel à travers la leçon sartrienne de L'Etre et le Néant et la médiation d'Alexandre Kojève, dont les cours sur la phénoménologie de l'Esprit entre 1933 et 1939 à l'Ecole des Hautes études de Paris et publiés en 1947 eurent une influence considérable dans la réception européenne de la pensée hégélienne. Dans la littérature contemporaine traitant le problème du rapport à l'altérité coloniale, la dialectique du maître et de l'esclave est un thème récurrent que l'on va analyser dans trois romans majeurs du contexte italophone, francophone et anglophone : Tempo di uccidere (Un temps pour tuer) d'Ennio Flaiano, Vendredi ou les limbes du Pacifiques de Michel Tournier et Waiting for the Barbarians (En attendant les barbares) de J. M. Coetzee. Bien que les trois auteurs « dialoguent » et jouent ouvertement avec la philosophie, l'enjeu de notre lecture ne sera pas celui d'illustrer par le moyen d'un exemple littéraire des thèses philosophiques déjà données, mais plutôt celui d'apprendre à « penser » avec la littérature. La littérature avec ses propres moyens (usage de la langue, focalisation, statut du narrateur etc.) nous permettra d'approfondir le problème de la lutte pour la reconnaissance illustrée par les philosophes tantôt en montrant les impasses des solutions atteintes au niveau de la réflexion théorique, tantôt en mettant en relief les aspects négligés du rapport à autrui.
▶Modalité de travail:
Comme il s'agit d'un séminaire d'analyse de textes, je mettrai en ligne les extraits sur lesquels nous allons travailler avec une approche close reading. Les étudiants sont censés avoir déjà lu attentivement les passages pour participer au débat. Les étudiants qui le désirent pourront proposer un exposé d'une durée de 15 minutes sur l'un des extraits que nous allons ensuite commenter ensemble.
▶Programme des séances :
Première séance : La lutte pour la reconnaissance, ses interprétations et réappropriations
Après une introduction qui illustrera le parcours proposés dans les six séances, nous analyserons le passage sur la dialectique du maître et l'esclave contenu dans la Phénoménologie de l'esprit de Hegel, en suivant comme guide la lecture de Kojève. D'un côté, nous mettrons en relief les deux possibles « versants », intersubjective et historique, déjà coexistants dans le texte hégélien ; de l'autre, nous préciserons les différences entre Hegel et Kojève, notamment le rôle attribué à l'esclave comme moteur du progrès humain, social et historique.

Deuxième séance : Les poétiques de l'oppression et les pratiques de la rébellion
A la fois Sartre, dans l'Orphée noir, et Fanon, dans le chapitre Le noir et Hegel du livre Peau noire, masques blancs, utilisent la dialectique du maître et l'esclave comme paradigme pour interpréter et modifier les rapports entre les colonisateurs et les colonisés. Tous les deux sont, en outre, influencés par la relecture de Hegel fait par Kojève. Cependant, Sartre et Fanon s'éloignent sur plusieurs points : tandis que le premier, en essayant d'équilibrer l'existentialisme et la philosophie marxiste de l'histoire, finit par encadrer l'action révolutionnaire du noir dans un paradigme dialectique déjà donné, le deuxième renouvèle un dialogue serré avec Hegel, attribue un sens et un rôle nouveaux à la lutte et, surtout, il rend explicite le cadre normatif qui précède et rend possible la relation agonistique illustrée dans la dialectique hégélienne.

Troisième séance: Sartre ou l'échec d'une reconnaissance mutuelle
Bien que Sartre, dans l'Etre et le Néant, ne traite aucunement la question coloniale, le célèbre chapitre « le regard » est central dans notre parcours pour maintes raisons. D'abord, Sartre fait de la lutte pour la reconnaissance le noyau central du rapport quotidien à autrui, deuxièmement, il introduit des thèmes qui deviendront centraux dans l'analyse des romans (tels que le regard et la honte) et enfin, il évoque implicitement l'échec et les impasses du raisonnement philosophique sur le terrain de l'intersubjectivité.

Quatrième séance : Le regard, la faute et le refoulement
Le chef d'œuvre d'Ennio Flaiano, Un temps pour tuer (1947 - Prix Strega la même année) situe la lutte pour la reconnaissance dans le contexte précis de la colonisation italienne de l'Éthiopie et introduit, à la différence des philosophes traités, l'élément de la faute et du pardon qui permettent de concevoir en même temps l'asymétrie et la réciprocité dans le rapport à autrui. En outre, en jouant sur le point de vue non fiable du narrateur (la seule voix du roman) et en mettant en scène un narrataire interne au récit, le roman met directement en cause le lecteur et suggère les responsabilités collectives refoulées dans le contexte italien de l'après-guerre.

Cinquième séance : Talking-back et parodies
Le roman de Tournier, Vendredi ou les Limbes du Pacifique (1967 - Grand prix du roman de l'Académie française la même année), quoique écrit par un auteur d'origine française, s'inscrit dans la pratique postcoloniale du talking back (pastiche et réécriture du canon littéraire occidental) dont on va souligner les enjeux esthétiques, philosophiques et politiques. Tournier, en s'inspirant probablement de Nietzsche et en introduisant l'élément du rire blasphème, du jeu et de la sexualité aboutit à une remarquable parodie de la dialectique hégélienne et à un radical décentrement du sujet obligé non seulement à imaginer, mais encore à incarner le point de vue de l'autre.

Sixième séance : Coetzee et la dialectique de la civilisation et de la barbarie
En attendant les barbares du romancier Sud-Africain J. M. Coetzee (prix Nobel en 2003) ne fait pas référence à un contexte ou à une époque déterminés. Toutefois, la relation entre les représentants de l'Empire et les Barbares peut être lue comme un rapport de type colonial. Coetzee, encore une fois, comme dans le cas de Flaiano, nous oblige à adopter une perspective radicalement restreinte sur le personnage appartenant au groupe qui détient le pouvoir : la figure ambiguë du Magistrat. Le roman, tout en nous poussant à une contre-focalisation dans l'espoir toujours frustré de saisir le point de vue de l'autre, remet en cause le desideratum hégélien, celui d'une reconnaissance mutuelle à partir d'une réciprocité absolue. Non seulement, en mettant en scène une multitude de « figures de l'altérité » (jusqu'à l'altérité des animaux), le roman détruit toute opposition binaire et nous oblige à penser que les frontières entre les « maîtres » et les « esclaves » sont plurielles et constamment en mouvement.
▶Bibliographie essentielle:
Coetzee, J. M., Waiting for the Barbarians, London, Martin Secker and Warburg, 1980 (tr. fr. En attendant les barbares, par S. Mayoux, Paris, Ed. du Seuil, 1987.
Fanon, F., Peaux noirs, masques blanches, Paris, Seuil, 1952, p. 175-180.
Flaiano, E., Tempo di uccidere, Milano, Longanesi, 1947 (tr. fr. Un temps pour tuer, par Frédérique et G. Charbonnier, Paris, Gallimard, 2009).
Hegel, G.W.F., La phénoménologie de l'esprit (1806-1807), t.1, (tr. fr. par J. Hyppolite, Paris, éd. Aubier Montaigne, 1941, pp. 155-166.)
Kojève A., Introduction à la lecture de Hegel, Paris, Gallimard, 1947, pp. 11-34
Sartre, J.-P., Orphée noir, préface à L.S. Senghor (éd.), Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de la langue française, Paris, P.U.F. pp. IX-XLIV.
----. L'Etre et le Néant, Paris, Gallimard, 1943, pp. 292-341. (3ème partie, chap. I, § 4 « Le regard »).
Tournier, M., Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Paris, Gallimard, 1967.
▶Date et horaires :
6 séances de cours :
1.Jeu21/5(13h-15h)
2.Ven22/5(13h-15h)
3.Lun25/5(13h-15h)
4.Mar26/5(13h-15h)
5.Mer27/5(13h-15h)
6.Jeu28/5(13h-15h)

Syllabus de cours du module « Phénoménologie » (2015)

■Yasuhiko Murakami (l'université d'Osaka)
▶Titre :
Phénoménologie des soins à domicile des schizophrènes au Japon
▶Résumé et programme des séances :
En Europe et aux États-Unis, le mouvement de la désinstitutionalisation dans le domaine de la psychiatrie a commencé dans les années 1960 et 1970 à l'issue de la critique de l'« institution totale » (Goffman). Au Japon, qui a longtemps souffert le problème de la violence et l'aliénation sociale dans ce domaine n'a commencé que très tardivement l'effort pour améliorer la condition des patients. L'interdiction de la violence est ordonée seulement en 1987 et le mouvement de la désinstitutionalisation a commncé seulement au XXIe siècle. L'ACT (Assertive Community Treatment) est considéré comme une des approches les plus radicales de la désinstitutionalisation. Il est l'équipe constituée des soignants multi-professionnels, destinée au traitement à domicile surtout des schizophrènes graves - qui ne peuvent pas survivre tout seul dans la société.
Le séminaire tente une analyse des deux entretiens avec une infirmière qui a travaillé dans un des ACTs. Nous allons voir comment s'organise le traitement à domicile des schizophrènes au lieu de proposer la psychopathologie phénoménologique de la schizophrénie (qui est tombé dans l'impasse depuis plus de trentaine d'années). En même temps, notre approche phénoménologique de la recherche qualitative peut avoir une potentialité qui réanime la phénoménologie en général. Nous aboutirons finalement à une image renouvelée de la schizophrénie qui se distingue de la psychopathologie traditionnelle.
1.L'histoire de la psycihatrie au Japon.
2.La pratique de l'ACT (qui s'oppose plus ou moins au traitement traditionnel)
3.Quelques cas de la schizophrénie soignés par l'ACT.
▶Bibliographie :
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▶Dates et horaires
3 séances de cours:
1.Jeu16/4(10h-12h)
2.Jeu16/4(13h-15h)
3.Jeu16/4(15h30-17h30)

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■Clélia Zernik (l'école nationale supérieure des Beaux-arts de Paris)
▶Titre :
La phénoménologie du cinéma―de Merleau-Ponty aux films japonais
▶Résumé :
La perception ordinaire, celle de l'œil en situation, toujours mobile et affecté, avance à tâtons et se ménage progressivement un espace en multipliant différentes vues du monde, non superposables et disjointes. À l'inverse, il semble que l'objectif de la caméra capte une représentation stable, déployée et à distance - un objet entièrement offert au regard souverain du spectateur. Dès lors, si l'image cinématographique est ainsi conçue comme un paradigme de représentation à distance, une phénoménologie du cinéma qui nouerait intrinsèquement le sujet et l'objet de la perception est-elle véritablement possible ? A cette question, Heidegger semble répondre négativement quand, dans un texte de 1959, il oppose le « faire-devenir objet de la machine cinématographique »* à une approche véritablement phénoménologique et moniste. A l'inverse, dans un article publié dans Sens et non-sens, intitulé « Le cinéma et la nouvelle psychologie », daté de 1945, Merleau-Ponty montre l'apport que constitue la phénoménologie et la psychologie de la perception à l'étude de l'art cinématographique. Cependant, tout comme Heidegger, il souligne également la distinction entre perception ordinaire et perception cinématographique : « Il est vrai aussi que jamais dans le réel la forme perçue n'est parfaite, il y a toujours du bougé, des bavures et comme un excès de matière. Le drame cinématographique a, pour ainsi dire, un grain plus serré que les drames de la vie réelle, il se passe dans un monde plus exact que le monde réel. »** C'est autour de cette différence entre perception ordinaire et perception cinématographique, entre monisme phénoménologique et dualisme plus psychologique, que nous articulerons notre étude stylistique des films.
Suivant une méthode comparative par étude de cas, ce sont deux styles très nettement caractérisés - celui de Yasujirô Ozu et celui d'Akira Kurosawa - qui nous serviront à mettre à l'épreuve la phénoménologie de la perception dans sa capacité à éclairer la dimension proprement esthétique (et non de simple reproduction) du cinéma. Étudiés sur une période restreinte (1945-1965), ces deux styles illustrent différents possibles du cinéma, et c'est à cette ouverture des possibles qu'il convient de confronter la phénoménologie de la perception pour mesurer sa capacité véritable à éclairer l'art cinématographique.
*Heidegger, Martin, Unterwegs zur Sprache (1959), trad. fr. J. Beaufret, W. Brokmeier, Fr. Fédier, Acheminement vers la parole, Paris, Gallimard, 1976, p. 101.
**Merleau-Ponty, Sens et non-sens (première édition, Nagel, 1966), Paris, Gallimard-NRF, 1996, p. 73-74.
▶Bibliographie:
Arnheim, Rudolf, Film als Kunst (1932), trad. fr. F. Pinel (à partir de la traduction anglaise), Le cinéma est un Art, Paris, L'Arche, 1989.
Bazin, André, Qu'est-ce que le cinéma ?, Paris, Editions du Cerf, 1958-1962.
Bonfand, Alain, Le cinéma saturé, Essai sur les relations de la peinture et des images en mouvement, Paris, Puf, Épiméthée, 2007.
Deleuze, Gilles, Cinéma 1, L'image-Mouvement, Paris, Les Editions de Minuit, 1983.
Deleuze, Gilles, Cinéma 2, L'image-temps, Paris, Les Editions de Minuit, 1985.
Gibson, James J., The Ecological Approach to Visual Perception (1979), New Jersey, London Lawrence Erlbaum Associates, Publishers, Hillsdale, 1986.
Heidegger, Martin, Unterwegs zur Sprache (1959), trad. fr. J. Beaufret, W. Brokmeier, Fr. Fédier, Acheminement vers la parole, Paris, Gallimard, 1976.
Laffay, Albert, Logique du cinéma. Création et spectacle, Paris, Masson, 1964.
Merleau-Ponty, Maurice, Phénoménologie de la perception, Paris, Tel Gallimard, 1945.
Merleau-Ponty, Maurice, Causeries 1948, Paris, Éditions du Seuil, 2002.
Merleau-Ponty, Maurice, Sens et non-sens (première édition, Nagel, 1966), Paris, Gallimard-NRF, 1996.
▶Dates et horaires :
3 séances de cours:
1.Jeu7/5 (15h30-17h30)
2.Ven8/5 (10h-12h)
3.Ven8/5 (13h-15h)

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■Ondrej Svec (l'université de Prague, Czech)
▶Titre :
Le tournant pragmatique en phénoménologie
▶Résumé:
L'ensemble des séances sera consacré à explorer et à développer certains thèmes et approches que l'on pourrait qualifier de pragmatiques chez M. Heidegger, M. Merleau-Ponty and J. Patočka, afin d'établir s'il est possible de discerner un « tournant pragmatique en phénoménologie ». Une telle délimitation semble en effet appropriée, puisque chacun de ces auteurs, à sa façon, 1) met en valeur la primauté du comprendre pratique par rapport à l'explication théorique ; 2) critique l'idée que nous nous rapportons au monde à travers les représentations ; 3) insiste sur le fait que nous rencontrons les choses originairement en tant que pragmata. L'objectif des séances consiste également à évaluer de manière critique les interprétations pragmatiques de Heidegger qui se sont développées notamment aux Etats-Unis suite au commentaire très influent de Sein und Zeit proposé par H. Dreyfus (Being-in-the-World, Commentary on Heidegger's "Being and Time," Division I., 1991).
▶Programme des séances :
1ère séance : L'ébauche d'un tournant pragmatique chez le dernier Husserl
Il a souvent été reproché à Husserl de donner le primat à la représentation qui fait du monde un spectacle étalé devant la conscience. Cependant, il est possible d'entrevoir l'ébauche d'un tournant pragmatique chez Husserl lui-même en développant deux versants de sa phénoménologie tardive. Premièrement, les analyses fournies dans Ideen II sur le lien entre la perception et les capacités kinésthétiques du corps montrent bien que Husserl est loin de réduire la perception à une pure contemplation. Bien au contraire, c'est parce que le sujet de la perception éprouve le monde et soi-même à travers ses potentialités kinesthésiques que le champ phénoménal se cristallise sous forme d'un univers spatialisé d'objets. Deuxièmement, dans la Krisis, Husserl remet en question le primat accordé traditionnellement à la théorie, lorsqu'il pose le Monde de la vie (Lebenswelt) comme le monde de la praxis humaine, dans lequel s'enracine le monde objectif de la science et à partir duquel toute constitution de sens doit être expliquée. Il faudra cependant aller plus loin que Husserl et considérer le Monde de la vie non seulement comme le sol véritatif de toute possible objectivation scientifique, mais comme un monde où nous nous adonnons à une pluralité des tâches, comme un monde qui s'ouvre à un « je peux » plutôt qu'à un « j'observe » ou « je perçois ».

2ème séance : Les choses mêmes en tant que 'pragmata'
Dans la première division de l'Etre et le Temps, Heidegger insiste sur le primat d'une compréhension pratique sur l'explication théorique détachée et il relève que nous appréhendons les choses d'abord et en tant que pragmata.S'il y a lieu de parler d' « un primat de l'attitude pratique sur l'attitude théorique », comment préciser le sens d'un tel primat ? Nous allons interpréter la primauté de la praxis dans un sens éminemment critique, car il s'agit pour Heidegger 1) de remettre en question une philosophie qui conçoit le rapport de l'homme au monde comme un rapport de représentation 2) de critiquer les insuffisances de la théorie husserlienne de l'intentionnalité 3) de détruire la tradition qui conçoit le monde comme la totalité des choses subsistantes. Cependant, Heidegger nous met lui-même en garde contre l'interprétation de son ontologie fondamentale dans les termes d'une « primauté de la pratique » : l'intelligibilité assurée par notre circonspection pratique (Umsicht) est finalement déclarée une intelligibilité factice, liée à une pseudo-intelligibilité des choses et aveugle aux phénomènes découverts seulement dans un dépassement de notre préoccupation quotidienne avec les choses.

3ème séance : L'équiprimordialité de la compréhension et du discours
Dans les paragraphes consacrés à la compréhension et au parler (SZ, §§ 31-33), Heidegger insiste sur la primauté de l'explicitation anté-prédicative sur l'énonciation, qui exprime cette première forme du comprendre pratique dans une proposition apophantique. La plupart des interprètes pragmatistes de Heidegger en déduisent que notre intentionnalité conceptuelle, théorique ou représentative est fondée sur une couche plus basique, celle de notre commerce pré-conceptuel avec les choses et les affaires (pragmata). Mais est-ce que cela signifie que la sphère de notre compréhension pratique est autonome par rapport à notre traitement conceptuel du monde et des entités ? Je vais présenter ma critique d'une telle lecture de Heidegger (proposée par H. Dreyfus, M.Okrent ou M. Wrathall) en insistant sur l'interdépendance réciproque entre Verstehen et Rede. C'est que le comprendre ne saurait rester muet et le discours ne vient pas à se surajouter à une substructure qui le précèderait : le discours habite la compréhension dès l'origine.

4ème séance : Merleau-Ponty : le rapport au monde comme corporel et pratique
En reprenant le concept heideggérien d'être-au-monde, Merleau-Ponty renoue avec la critique du présupposé husserlien d'une relation transparente au monde, une relation dont le sens serait entièrement déterminé, possédé par la conscience. Mais à la différence de Heidegger - qui a manqué de reconnaître à la corporéité un statut existentiel primaire - Merleau-Ponty explique cette part de l'obscurité, persistant dans mon rapport au monde, en mettant en valeur une certaine épaisseur du passé perceptif qui capte le corps et qui s'éprouve dans l'acte présent d'une perception sur le fond d'une tonalité affective. Nous allons donc explorer l'originalité du tournant pratique opérée par Merleau-Ponty, lorsque celui-ci donne la primauté au rapport corporel au monde : « avoir un corps, c'est pour un vivant se joindre à un milieu défini, se confondre avec certains projets et s'y engager continuellement »(Phénoménologie de la perception, p. 97.)

5ème séance : Jan Patočka : Se connaître à travers le monde et les autres
Dans sa polémique avec la conception husserlienne d'une conscience de soi, fondée sur un acte de pure réflexion, Jan Patočka présente sa propre position dans le raccourci suivant : « Le chemin vers le soi passe à travers le monde et vers les autres. » (Body, Community, Language, World, p. 59) Nous allons expliciter et développer le sens de cette double condition permettant d'atteindre un rapport explicite à soi-même. Je vais insister sur le caractère existentiel de l'auto-réflexion qui ne peut pas être comprise comme une réflexion sur ses propres actes mentaux, mais comme un accomplissement pratique au sein de notre être-pour-autrui-au-monde. En même temps, je vais mettre en relief le danger qui guette une telle entreprise : si le « moi » doit se retrouver primairement dans ce qu'il fait, s'il doit se comprendre à partir du monde des choses et des affaires, dans lesquelles il s'engage pratiquement, n'en découle-t-il pas qu'il court le risque de manquer son « soi » en se voyant aliéné dans les rôles à accomplir ?

6ème séance : Le monde que nous vivons de façon historique
Alors que Heidegger et Patočka s'accordent avec Husserl dans leur tentatives à saisir le monde de la vie comme monde de la praxis, ils différent radicalement par rapport à leur maître en deux points principaux : le monde n'est pas à considérer ni comme un « invariant » a-historique, ni comme un soubassement aux actes objectivants de la conscience, comme « le règne des évidences originaires » au sens de Husserl. Bien plutôt, il est à considérer comme un monde qui s'ouvre à nous dans la mesure où nous agissons en lui, où nous y accomplissons un mouvement par lequel le monde et l'homme sont référés l'un à l'autre. En accomplissant ce mouvement existentiel d'ensemble, nous permettons au monde d'apparaître, de montrer sa propre structure de l'intelligibilité, qui acquiert sa configuration concrète à travers l'histoire : le monde ne nous apparaît pas de la même façon, nous ne voyons pas les mêmes que les Grecs pour lesquels tout est plein de dieux où l'homme médiéval qui contemple sa place dans l'ordre de la création. Ainsi, nous voyons les objets, les moyens, les paysages, mais le processus historique qui porte ce mouvement de manifestation des choses, échappe à notre regard et ne peut être connu qu'indirectement, en faisant réflexion sur notre situation dans l'histoire.
▶Bibliographie générale :
Dreyfus, Hubert (1991), Being-in-the-World, Commentary on Heidegger's "Being and Time," Division I., MIT Press, Cambridge, MA.
Husserl, H. (1976), La crise des sciences européennes et laphénoménologie transcendantale,Paris, Gallimard, 1976.
Merleau-Ponty, M. (1997), Phénoménologie de la perception, Éditions Gallimard.
Okrent, Mark (1988) Heidegger's Pragmatism: Understanding, Being, and the Critique of Metaphysics, Ithaca, NY: Cornell University Press.
Patočka, Jan (1995), Papiers Phénomenologiques, Grenoble: Jérôme Million.
Patočka, Jan (1996) Heretical Essays in the Philosophy of History, La Salle, Ill.: Open Court Publishing.
Patočka, Jan (1998) Body, Community, Language, World, La Salle, Ill.: Open Court Publishing.
Rorty, Richard (1991) Heidegger, contingency, and pragmatism. In: R. Rorty, Essays on Heidegger and Others: Philosophical Papers Volume 2 (pp. 27-49). Cambridge: Cambridge University Press.
▶Dates et horaires :
6 séances de cours:
1.Jeu21/5 (15h30-17h30)
2.Ven22/5 (15h30-17h30)
3.Lun25/5(15h30-17h30)
4.Mar26/5 (15h30-17h30)
5.Mer27/5 (15h30-17h30)
6.Jeu28/5 (15h30-17h30)

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■Peter Szendy (Université de Paris Ouest Nanterre)
▶Titre :
L'Envers des images. Propositions pour une « iconomie »
▶Résumé :
Le propos de ces trois séances pourrait se résumer à une ambition à la fois restreinte et néanmoins abyssale, à savoir comprendre une phrase de Gilles Deleuze, une seule et unique phrase qui surgit dans L'Image-temps (Minuit, 1985, p. 104) : « L'argent -- écrit Deleuze -- est l'envers de toutes les images que le cinéma montre et monte à l'endroit, si bien que les films sur l'argent sont déjà, quoique implicitement, des films dans le film ou sur le film ». À l'évidence, Deleuze ne parle pas (ou pas seulement) du financement du cinéma et des frais de production de chaque photogramme. Ce qu'il a en vue, c'est plutôt ce que Bresson (cité dans ces mêmes pages de L'Image-temps) indiquait lorsqu'il notait qu'il n'y a « pas de valeur absolue d'une image » (Notes sur le cinématographe, Gallimard, 1995, p. 33), que l'image filmique n'a donc qu'une valeur d'échange pour ainsi dire interne au cinéma (« la valeur d'une image doit être avant tout une valeur d'échange », déclare encore Bresson dans Bresson par Bresson, Flammarion, 2013). Pour Deleuze, on le sait, le cinéma n'est toutefois jamais simplement le cinéma : « le cinéma n'est pas le nom d'un art », c'est bien plutôt « le nom du monde », comme l'a justement remarqué Jacques Rancière (« D'une image à l'autre ? Deleuze et les âges du cinéma », dans La Fable cinématographique, Seuil, 2001, p. 148). Comment comprendre, dès lors, cette phrase deleuzienne autour de laquelle nous ne cesserons de tourner tout au long des trois séances ? Nous tenterons de la déplier de deux manières. 1. D'abord en remontant dans le temps, en recherchant ce qui a bien pu, dans l'histoire de la pensée, l'annoncer ou la précéder : on s'intéressera à ce que Giorgio Agamben a pu caractériser comme un paradigme théologico-économique (Le Règne et la gloire, Seuil, 2008, p. 17) et à ses conséquences dans la théorie de l'image développée à l'occasion de la crise de l'iconoclasme byzantin (telle qu'elle a été étudiée par Marie-José Mondzain dans Image, icône, économie, Seuil, 1996), de même que l'on tentera de relire l'essai de Walter Benjamin sur L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique ou la théorie du fétichisme chez Freud dans la perspective d'une « iconomie » contemporaine. 2. Parallèlement à cette archéologie de la pensée « iconomique », on convoquera des séquences filmiques -- des Marx Brothers à Brian De Palma en passant par Bresson ou Godard -- qui semblent réaliser divers scénarios à partir de la phrase deleuzienne, comme pour mieux en faire résonner tous les échos.
▶Bibliographie :
Walter Benjamin, « L'œuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique » (première et dernière version), dans Œuvres, III, Gallimard, coll. « Folio / Essais », 2000.
Walter Benjamin, « L'œuvre d'art à l'ère de sa reproductibilité technique » (troisième version), dans Écrits français, Gallimard, 2003.
Robert Bresson, Notes sur le cinématographe, Gallimard, 1995.
Gilles Deleuze, L'Image-mouvement, Minuit, 1983.
Gilles Deleuze, L'Image-temps, Minuit, 1985.
Sigmund Freud, « Le fétichisme », dans La Vie sexuelle, Presses universitaires de France, 1973.
Marie-José Mondzain, Image, icône, économie, Seuil, 1996.
▶Dates et horaires :
3 séances de cours:
1.Lun1/6 (15h30-17h30)
2.Mar2/6 (15h30-17h30)
3.Mer3/6 (15h30-17h30)

Syllabus de cours du module « Philosophie des sciences » (2015)

■Thierry Hoquet (l'université Jean Moulin Lyon 3)
▶Titre :
Qu'est-ce que la science ? Approches et débats.
▶Résumé :
Le domaine intitulé « épistémologie » ou « histoire et philosophie des sciences » est un champ en perpétuel renouvellement. Différentes traditions proposent différentes approches du travail scientifique. Nous proposons un parcours de quatre courants essentiels qui structurent le champ de l'histoire et philosophie des sciences. Il s'agira à chaque fois d'aborder les thèses des principaux auteurs de ce courant et d'illustrer leur approche par quelques cas d'études empruntés aux différentes sciences de la nature (physique, chimie, biologie). On tentera d'évaluer la valeur de chacune des approches en soulignant la conception de la science qui s'en dégage.
Une fois ces approches exposées, on tentera de les croiser à partir de deux cas d'étude : la question des styles de raisonnement scientifique et particulièrement l'opération de modélisation ; la mise en question permanente de la nature de la science à partir des pseudo-sciences et de la critique relativiste des sciences.
▶Programme des séances et bibliographie :
Séance 1 : La philosophie générale des sciences
L'approche de la philosophie générale des sciences sera illustrée par la théorie de l'explication scientifique proposée par Carl Hempel. Le positivisme logique, dans la lignée de Carnap, canonise les règles de la méthode scientifique classique. Popper participe du courant du positivisme logique en ce qu'il recherche des règles méthodologiques invariables indépendantes de l'histoire. Carnap et Popper, en dépit de leur opposition terme à terme sur de nombreux points, ont en commun une conception générale de la science : aucun d'eux ne doute que la science ne soit notre meilleur exemple de pensée rationnelle ; ils accordent tous deux la distinction entre observation et théorie ; ils croient en l'unité de la science, ils reprennent l'un et l'autre la distinction, due à Hans Reichenbach, entre contexte de justification et contexte de découverte.
Bibliographie :
Carl Gustav Hempel, Aspects of scientific explanation and other essays in the philosophy of science, New York, Free Press, 1965.
-- Philosophy of natural science, Englewood Cliffs (NJ), Prentice Hall, 1966, trad. B. Saint-Sernin, Paris, Armand Colin, 1972.

Séance 2 : L'épistémologie historique
La question de l'épistémologie historique sera approchée à partir d'une double question : celle du discontinuisme et des révolutions scientifiques, celle de l'objectivité scientifique et de ses formes. On l'approchera à partir d'une présentation du nouvel esprit scientifique de Bachelard, des changements de paradigme de Kuhn, des formes successives de l'objectivité chez Daston et Gallison, et de l'ontologie historique de Hacking.
Il s'agira de rendre raison de la phrase avec laquelle Kuhn choisit d'ouvrir sa Structure des révolutions scientifiques : « L'histoire, si l'on consentait à la considérer comme autre chose que le reliquaire de l'anecdote ou de la chronologie, pourrait être à l'origine d'une transformation décisive de l'image de la science qui aujourd'hui nous possède. » Ce thème décisif a suscité une crise de la rationalité : peut-on accepter que la science ait une histoire ?
Bibliographie :
Gaston Bachelard, Le Nouvel esprit scientifique (1934), 17e éd., Paris, PUF-Quadrige, 1987.
Lorraine Daston & Peter Galison, Objectivity, New York, Zone, 2007, trad. Sophie Renaut & Hélène Quiniou, Objectivité, Dijon, Les Presses du réel, 2012.
Ian Hacking, Historical ontology. Cambridge, MA: Cambridge University Press, 2002.
Thomas Kuhn, The Structure of scientific revolutions (1962), nouvelle éd augmentée, Chicago, University Press, 1970, trad. Laure Meyer, La structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983.

Séance 3 : L'épistémologie féministe
L'épistémologie féministe interroge la neutralité de la science : et si la science était une construction masculine et non un édifice rationnel neutre ? La place des femmes dans l'édifice scientifique est-elle seulement celle d'objets, soumis au regard du savant mâle ? On étudiera l'intersection entre genre et science : non seulement la place des femmes en science, mais aussi la conception de la nature qui sous-tend le travail ou le « regard » scientifique. Le discours scientifique sur la différence des sexes sera également interrogé. On posera également la question de l'objectivité, au croisement des travaux de Sandra Harding, Donna Haraway et Helen Longino.

Bibliographie :
Evelyn Fox Keller, Reflections on gender and science, New Haven-London, Yale University Press, 1985.
Donna J. Haraway, « Situated knowledge : the science question in feminism as a site of discourse on the privilege of partial perspective », Feminist studies, 14-3 (1988), pp. 575-599 ; tr. D. Petit et N. Magnan, « Savoirs situés : la question de la science dans le féminisme et le privilège de la perspective partielle », in Manifeste cyborg et autres essais : sciences, fictions, féminismes, anthologie établie par Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan, Paris, Exils, 2007, pp. 107-142.
-- « Modest Witness » paru en 1996. Repris dans Donna J. Haraway, Modest_Witness@Second_Millennium.FemaleMan©_Meets_OncoMouse™ : feminism and technoscience, New York, Routledge, 1997 et dans The Haraway reader, New York-London, Routledge, 2004, pp. 223-250.
Sandra Harding, Whose science ? Whose knowledge ? Thinking from women's lives, Ithaca (NY), Cornell University Press, 1991.
Helen E. Longino, « Taking gender seriously in philosophy of science », PSA. Proceedings of the Biennial Meeting of the philosophy of science association, (1992), vol. 2, pp. 333-340.

Séance 4 : La sociologie des sciences
On étudiera différents courants réunis sous l'étiquette de « sociologie des sciences ». Tout d'abord, l'approche ethno-méthodologique, indifférente aux contenus des sciences et plutôt attentive à l'organisation des laboratoires et illustrée par les travaux de Latour et Woolgar.
Ensuite, la formulation du « programme fort » (strong program), qui intervient dans l'étude des sciences à la fois contre l'approche épistémologique (philosophique, en termes de vrai ou faux) et contre l'approche ethno-méthodologique. Le « programme fort » propose de revisiter les controverses scientifiques, à l'aide d'une méthode ramassée autour d'une formule : le principe de symétrie. David Bloor, dans un article classique [1976, trad. 1982], a proposé un principe de symétrie dans les explications : appliquer la même explication à ceux qui gagnent et à ceux qui perdent, quitte à rejeter la question de la vérité ou de la fausseté de la science.
Bibliographie :
David Bloor, « Socio/logie de la logique ou les limites de l'épistémologie », Pandore, 1982, pp. 3-26.
Bruno Latour, Science in action. How to follow scientists and engineers through society, Milton Keynes, Open University Press, 1987, trad. Michel Biezunski, La Science en action, Paris, La Découverte, 1989.
Bruno Latour & Steve Woolgar, Laboratory life, the construction of scientific facts, Sage Publication, 1978, trad. Michel Biezunski, La Vie de laboratoire. La production des faits scientifiques, Paris, La Découverte, 1988.
Ludwik Fleck, Genesis and development of a scientific fact, trad. Bradley et Trenn, Chicago, University Press, 1979.
Stephen Shapin, « The invisible technician », American Scientist, 77 (1989), 554-563.
Steven Shapin et Simon Schaffer, Léviathan et la pompe à air. Hobbes et Boyle entre science et politique. Paris, La Découverte, 1993.

Séance 5 : Modéliser en science
Lorsque la philosophie des sciences réfléchit à ce qui caractérise l'activité scientifique, il est difficile de trouver une formulation qui résume l'ensemble de l'activité scientifique sous un seul chapitre. La philosophie des sciences est donc nécessairement pluraliste si elle veut être attentive aux divers registres de l'activité scientifique. Cette séance sera consacrée à la modélisation.
Bibliographie :
Alain Badiou, Le Concept de modèle. Introduction à une épistémologie matérialiste des mathématiques, Paris, Maspéro, 1969.
Alistair Cameron Crombie, Styles of scientific thinking in the European tradition, London, Duckworth, 1994.

Séance 6 : Science, pseudo-science, relativisme
Dans cette séance de conclusion, on tentera de faire le point sur les caractères propres du raisonnement scientifique. Pour cela on contrastera particulièrement le raisonnement scientifique à ce qui n'est pas lui, ou à ce qui le singe. Ainsi, la question des pseudo-sciences sera centrale. Mais on envisagera également les arguments radicaux de Paul Feyerabend pour qui la science n'est qu'un mode de raisonnement parmi d'autres possibles, tout aussi légitimes.
Bibliographie :
Paul Feyerabend, Against Method, London, New Left Books, 1975, trad. fr. B. Jurdant et A. Schlumberger, Contre la méthode. Esquisse d'une théorie anarchiste de la connaissance, paris, Seuil, 1979.
Aleksandra Kroh, Petit traité de l'imposture scientifique, Belin-Pour la science, 2009.
R.K. Merton, « Science and the social order », Philosophy of science, 5 (1938), pp. 321-337 ; repris dans The Sociology of science. Theoretical and empirical investigations, Chicago, University of Chicago Press, 1973, pp. 254-266.
▶Dates et horaires
6 séances de cours:
1.Mar7/4 (10h-12h)
2.Mer 8/4 (10h-12h)
3.Mer 8/4 (13h-15h)
4.Jeu 9/4 (10h-12h)
5.Jeu 9/4 (13h-15h)
6.Ven10/4 (10h-12h)

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■Jean-Marc Levy-Leblond (l'université de Nice)
▶Titre :
Épistémologie
▶Résumé et programme des séances:
Séance 1 : Les découvertes philosophiques négatives de la physique contemporaine
L'impact philosophique de la physique ne saurait être mieux pensé que dans la perspective ainsi énoncée par Merleau-Ponty : « Le sens de la physique est de nous faire faire des « découvertes philosophiques négatives » en montrant que certaines affirmations qui prétendent à une validité philosophique n'en ont pas en vérité [...]. La physique détruit certains préjugés de la pensée philosophique et de la pensée non-philosophique sans pour autant être une philosophie [...]. Elle provoque la philosophie à penser des concepts valables dans la situation qui est la sienne. De fait, bien des acquis de la physique contemporaine obligent à mettre en question certaines formes générales de nos représentations du monde, jusque dans leurs énoncés philosophiques élaborés.
Certes, dès les débuts de la physique au sens moderne du terme, c'est-à-dire avec lacoupure galiléenne du début du XVIIe siècle, puis avec ses développements des XVIIIe et XIXe siècles, nombre d'idées reçues qui structuraient (et souvent structurent encore...) nos conceptions se virent remises en cause: la mobilité de la Terre, l'existence du vide, l'homogénéité des phénomènes terrestres et célestes, la prégnance de forces indétectables par nos sens (électricité, magnétisme) - autant de découvertes imposant une considérable distanciation entre nos perceptions et nos conceptions. Mais, à compter de la fin du XIXe siècle, les sciences physiques allaient faire subir aux catégories générales de la pensée des ébranlements plus considérables encore - ou, pour le dire positivement, allaient permettre d'assouplir et d'affiner ces catégories. C'est ce que l'on examinera au travers des notions d'espace, de temps, de matière, de causalité, etc., telles que la physique contemporaine les pense.

Séance 2.: La langue du « Grand Livre de la Nature »
Si la science paraît difficile à comprendre, ne serait-ce pas qu'elle s'exprime mal ?Ne faut-il pas la "prendre aux mots" en commençant par examiner ceux-ci de façon critique ? La science se parle et s'écrit. Mais cette constatation triviale débouche sur de sérieux problèmes au regard de la désinvolture linguistique dont fait preuve la science contemporaine. Autrement dit, et pour retourner le cliché einsteinien, la langue tire la science -- mais dans quel sens ? La science classique, au dix-neuvième siècle en particulier, s'est caractérisée par une activité langagière intense, se livrant à une production inventive et à une analyse critique de son vocabulaire. La science du vingtième siècle fait preuve à cet égard d'une étonnante désinvolture, dévaluant la langue commune au profit d'écritures symboliques et rabattant la création terminologique sur la trouvaille publicitaire (big bang, quark...). Les conséquences négatives, épistémologiques et pédagogiques, en sont lourdes. Le cas de la physique moderne est ici emblématique. Une étude du rôle complexe de la langue dans l'activité scientifique (à la fois sur les plans de la production, de l'évaluation et de la transmission des savoirs) montre ainsi l'importance d'une pratique langagière consciente et déterminée, ce qui appelle une réflexion sur les mutations nécessaires des formes actuelles de la recherche scientifique. Au-delà, c'est toute la question des relations de la science avec la culture qui est posée. Cette thématique permet d'aborder la question difficile de l'universalité de la science. Car si la production de savoirs est sans aucun doute une caractéristique de toute société humaine, les formes et les fonctions de ces savoirs ont connu de telles variations que les considérer comme relevant d'une science universelle ne rend guère justice à l'intérêt et à la fécondité de leur diversité culturelle. Et paradoxalement, si la mondialisation aujourd'hui tend à unifier la pratique des sciences contemporaines dans l'espace géographique, elle en engage simultanément une profonde mutation dans le temps historique.

Séance 3.:Une introduction à la physique moderne de l'espace-temps
La relativité einsteinienne a considérablement modifié nos représentations de la temporalité -- et de la spatialité. Mais ces mutations ne peuvent être comprises sans refaire le point sur la théorisation classique (Galilée, Newton) de l'espace et du temps, qui rompait déjà avec les conceptions communes. Avec un recul d'un siècle désormais, il est possible de présenter la relativité einsteinienne en dissipant nombre des confusions conceptuelles dont elle a été victime (à commencer par sa dénomination), des pseudo-paradoxes qui l'accompagnent ("dilatation des temps", etc.) et des commentaires médiatiques infondés. Elle apparaît alors comme une réforme (certes profonde) qui stabilise l'édifice théorique de la physique, plutôt que comme une révolution qui l'ébranlerait.
▶Bibliographie :
-- Gaston Bachelard, Le Rationalisme appliqué, Presses universitaires de France, Paris, 1949 ['Quadrige', 2004]
-- Paul Feyerabend, Against Method ; trad. fr. de Baudouin Jurdant, Contre la Méthode, Seuil ('Science Ouvert'e), Paris, 1979 ['Points-Sciences', 1988].
-- Paul Langevin, La Notion de corpuscule et d'atome, Hermann (Actualités scientifiques), Paris, 1934; repris dans Paul Langevin, Propos d'un physicien engagé, Vuibert, Paris, 2007
-- Jean-Marc Lévy-Leblond, Aux Contraires, Gallimard, 1996
-- Jean-Marc Lévy-Leblond, De la matière (relativiste, quantique, interactive), Seuil, 2006
-- Maurice Merleau-Ponty, La Nature, Seuil ('Traces écrites'), Paris, 1995
▶Dates et horaires :
3 séances de cours:
1.Lun11/5 (10h-12h)
2.Mar12/5 (10h-12h)
3.Mer13/5 (10h-12h)

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■Élie During (l'université de Paris Ouest Nanterre)
▶Titre :
Le contrecoup philosophique de la relativité : Einstein chez les philosophes
▶Résumé :
La théorie de la relativité associée au nom d'Einstein, dans sa version restreinte (1905) puis générale (1916), a été perçue par les contemporains comme une véritable révolution conceptuelle dont les effets débordaient le strict domaine de la physique. Elle forçait en effet le sens commun, et jusqu'à un certain point l'intelligence philosophique, à un violent effort de réajustement de ses notions les mieux établies, à commencer par celle de temps. Plus profondément, elle introduisait un nouveau style théorique, et peut-être un nouveau type de nouage entre rationalité scientifique et pensée philosophique. Natorp, Cassirer, Reichenbach, Schlick, Carnap, Russell, Whitehead, Brunschvicg, Bergson, Meyerson, Bachelard : la liste est longue des philosophes qui ont éprouvé la nécessité de réformer ou de donner un prolongement inattendu à leurs idées au contact d'Einstein. On pourrait y ajouter les noms de quelques savants, de Poincaré à Gödel en passant par Langevin, Eddington ou Weyl. Bergson ne s'y est pas trompé : mieux qu'une nouvelle théorie physique, la relativité introduit « une nouvelle manière de penser ». Elle pose des problèmes d'ordre épistémologique concernent le statut de l'a priori dans la constitution de l'objet physique, la fonction des principes et des conventions, le rôle de la mesure, les rapports entre géométrie et physique, la signification des notions de perspective et d'invariance dans la représentation scientifique du changement ; dans un registre plus métaphysique, il est question de la nature du temps, de son caractère subjectif ou objectif, du fondement de sa distinction d'avec l'espace ; on s'interroge enfin sur la réalité de l'« espace-temps » à quatre dimensions, le primat des catégories de relation ou d'événement par rapport à celle de substance, la persistance des objets dans le temps, ou encore la signification de la causalité et son rôle dans la constitution de l'univers comme totalité. Tous ces problèmes sont encore discutés aujourd'hui. Nous en évoquerons quelques uns en prêtant attention à la manière dont ils s'inscrivent dans trois configurations sensibles de la première réception philosophique de la relativité : 1° le néo-kantisme et le positivisme logique avec Cassirer et Reichenbach, 2° les philosophies du processus avec Whitehead et Bergson, 3° le nouveau rationalisme de Brunschvicg et surtout de Bachelard.
▶Programme des séances et bibliographie :
SEANCE I. PEUT-ON RELATIVISER L'A PRIORI ? (CASSIRER ET REICHENBACH)
Ernst Cassirer,
-La Théorie de la relativité d'Einstein : éléments pour une théorie de la connaissance [1921], éd. Jean Seidengart, Paris : Éditions du Cerf, 2000.
Hans Reichenbach,
-« La signification philosophique de la théorie de la relativité », Revue Philosophique de la France et de l'Etranger, 94 (2), 1922, p. 5-61.
- The Philosophy of Space and Time, New York : Dover reprints, 1958.

SEANCE II. LA PHILOSOPHIE DE LA NATURE APRES EINSTEIN (WHITEHEAD ET BERGSON)
Henri Bergson,
-Durée et simultanéité : à propos de la théorie d'Einstein, Paris : Alcan (rééd. PUF, 2009).
Alfred N. Whitehead,
-The Concept of Nature [1920] ; Le Concept de nature, éd. et trad. Jean Douchement, Paris : Vrin, 1998 (reed. 2006).
- The Principle of Relativity [1922], Cambridge : The University Press (rééd. Dover, 2004).

SEANCE III. UN NOUVEL ESPRIT SCIENTIFIQUE (BRUNSCHVICG ET BACHELARD)
Gaston Bachelard,
-La Valeur inductive de la relativité, Paris : Vrin, 1929. Nouvelle édition 2014.
- La Dialectique de la durée [1936], Paris : Presses Universitaires de France, 2001 (3e éd.).
- « La dialectique philosophique des notions de la relativité » (1949), in L'Engagement rationaliste de la physique contemporaine, Paris : PUF, 1972.
Léon Brunschvicg,
-L'Expérience humaine et la causalité physique, Paris : Félix Alcan, 1922.
Émile Meyerson,
-La Déduction relativiste, Paris : Payot, 1925.
-La révolution einsteinienne et ses conséquences philosophiques

Lectures conseillées sur la théorie de la relativité :
Henri Poincaré,
-« La mesure du temps » [1898], in La Valeur de la science [1906], Paris : Flammarion, 1970, chap. 2.
Paul Langevin,
-« L'évolution de l'espace et du temps » [1911], repris dans Propos d'un physicien engagé pour mettre la science au service de tous, éd. B. Bensaude-Vincent, Paris : Vuibert/SFHST, 2007, p. 109-131.
Albert Einstein,
-La Théorie de la relativité restreinte et générale [1916], tr. fr. M. Solovine, Paris : Gauthier-Villars. Nouvelle édition Dunod, 2004, chap. 8 et 9.
John Norton,
-« Einstein's special theory of Relativity and the Problems in the Electrodynamics of Moving Bodies that Led Him to it », in The Cambridge Companion to Einstein, M. Janssen & C. Lehner (dir.), Cambridge : Cambridge University Press, 2014, chap. 2.
▶Date et horaires :
3 séances de cours :
1.Lun18/5 (15h30-17h30)
2.Mar19/5 (15h30-17h30)
3.Mer20/5 (15h30-17h30)

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■Tetsuya Kono (l'université Rikkyo, Tokyo)
▶Titre :
Philosophie phénoménologique de l'environnement
▶Résumé, programme des séances et bibliographie:
Dans mes cours, je voudrais développer une philosophie de l'environnement en se référant à la phénoménologie.

Séance 1. Éthique de l'environnement :
Introduction des problèmes de l'environnement et la discussion sur les concepts fondamentaux dans l'éthique de l'environnement : l'écologie profonde, la valeur intrinsèque de la nature, biocentrisme, la durabilité, le pragmatisme éthique de l'environnement, l'écoféminisme, la diversité bio-culturelle, « Flux-of-Nature paradigme ».
Références
Thoreau, H.D. (1854). Walden.
Leopoldo, A. (1966). A Sand Country Almanac.
Carson, R.L. (1941). Under the Sea-Wind.
Jamieson, D. (Ed.) (2001). A Companion to Environmental Philosophy. Blackwell.
Light, A. & Rolston III, H. (2003). Environmental Ethics. Blackwell.
McIntosh, R.P. (1985). The Background of Ecology. Cambridge.

Séance 2. Le débat sur « wilderness » :
La discussion sur le concept de « wilderness ». Le concept de la « conservation » et la « préservation » ; Le mouvement d'établir « Parc national », Qu'est-ce que « wilderness » ? Les critiques sur le concept de « wilderness », Le tourisme et « wilderness ».
Références
Callicott, J.B. (1994). Earth's Insights. University of California Press.
Callicott, J.B. & Nelson, M.P. (1998). The Great New Wilderness Debate. The University of Georgia Press.
Nelson, M.P. & Callicott, J.B. (2008). The Wilderness Debate rages on. The University of Georgia Press.
Oelschaeger, M. (1991). The Idea of Wilderness. Yale University Press.

Séance 3. Le concept du « Fûdo » (Milieu) de Tetsuro Watsuji et son développement :
Qu'est-ce que le « Fûdo » ? Les critiques à la philosophie de Watsuji ; Augustin Berque et le développement du concept de « Fûdo » ; Fûdo et wilderness ; Vers l'ontologie de l'entier relationnel (Whitehead, Bergson, Taoïsme, etc.)
Références
Berque, A. (1995). Nihon no fûdosei (La Médiance nippone). NHK Ningen Daigaku.
Berque, A. (1996). Chikyu to sonzai no tetsugaku (La philosophie de la Terre et l'être). Chikuma-Shinsho publisher.
Watsuji, T. (1935). Fûdo: Ningen-gaku-teki-Kosatsu. Fûdo. Le milieu humain, Paris, Éditions du CNRS, 2011, traduit par A. Berque.
▶Dates et horaires :
3 séances de cours:
1.Mar 9/6 (10h-12h)
2.Mar 9/6 (13h-15h)
3.Mar 9/6 (15h30-17h30)

Dates et horaires des cours (2015)

Abréviation :
BT=Boissonade Tower(No 6 dans le plan)
GSB=Graduate School Building(No 13 dans le plan)
Campus plan: http://www.hosei.ac.jp/english/about/map/campus/ichigaya/

N.B.
*Tous les cours se donnent à la salle 702 de GSB
**Les renseignements detaillés sur les événements académiques se donneront dans la rublique des 'Events' de http://erasmus.ws.hosei.ac.jp/

▶Avril
Lun6/4:Orientation(15h30-17h30, Salle 702 de GSB) /
Réception d'ouverture (18h00-20h00, Staff Club au 25e étage de BT)
Mar7/4: Hoquet (10h-12h)
Mer8/4: Hoquet(10h-12h)/ Hoquet(13h-15h)
Jeu9/4: Hoquet(10h-12h)/ Hoquet(13h-15h)
Ven10/4 :Hoquet(10h-12h)
+++++
Lun13/4 :Goda(15h30-17h30)
+++++
Mer15/4:Goda(15h30-17h30)
Jeu16/4:Murakami(10h-12h)/ Murakami(13h-15h)/ Murakami(15h30-17h30)
Ven17/4 :Hara(15h30-17h30)
+++++
Mer22/4:Goda(15h30-17h30)
++++++
Ven24/4 :Hara(15h30-17h30)
+++++
Lun27/4:Hara(15h30-17h30)
▶Mai
Jeu7/5 : Zernik(15h30-17h30)
Ven8/5 : Zernik(10h-12h)/ Zernik(13h-15h)
+++++
Lun11/5 : Lévy-Leblond(10h-12h)
Mar12/5 : Lévy-Leblond(10h-12h)
Mer13/5 : Lévy-Leblond(10h-12h)
+++++
Ven15/5 : Fujita(10h-12h)/ Fujita (13h-15h)
Sam16/5 : Fujita (10h-12h)
+++++
Lun 18/5 : During (15h30-17h30)
Mar 19/5 : During (15h30-17h30)
Mer 20/5 : During (15h30-17h30)
Jeu 21/5 : Mengozzi(13h-15h)/ Svec (15h30-17h30)
Ven 22/5 : Mengozzi(13h-15h)/ Svec (15h30-17h30)
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Lun25/5 : Mengozzi(13h-15h)/ Svec(15h30-17h30)
Mar26/5: Mengozzi(13h-15h)/ Svec(15h30-17h30)
Mer27/5: Mengozzi(13h-15h)/ Svec(15h30-17h30)
Jeu28/5 : Mengozzi(13h-15h)/Svec(15h30-17h30)
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▶Juin
Lun 1/6 : Szendy(15h30-17h30)
Mar 2/6 : Szendy(15h30-17h30)
Mer 3/6 : Szendy(15h30-17h30)
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Mar 9/6 : Kono(10h-12h)/ Kono(13h-15h)/ Kono(15h30-17h30)
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Ven 26/6 : Réunion d'évaluation/ Fête d'adieu

Lieu des cours (2015)

Salle 702 du Bâtiment de Graduate School de Hosei
(http://www.hosei.ac.jp/english/about/map/campus/ichigaya/)

Aperçu (2014)

Tous les ans, plusieurs étudiants européens Erasmus Mundus peuvent bénéficier d'une bourse de la Commission Européenne pour un semestre d'étude à l'université de Hosei au Japon.

Le semestre à Hosei donne lieu à une évaluation et est validé par l'obtention de 30 ECTS.

-dates de la mobilité : 1er avril-30 juin 2014

-période de la mobilité : Semestre 2 de la formation EuroPhilosophie

-responsable de la mobilité à Hosei : Prof. Shin Abiko

-responsable EuroPhilosophie de la mobilité à Hosei : Arnaud François

-site web :
http://www.europhilosophie.eu/mundus/
http://erasmus.ws.hosei.ac.jp/

L'université de Hosei offre une aide au logement à chaque étudiant Erasmus Mundus EuroPhilosophie

Mobilité 2013-14 (2014)

▶L'offre de cours d'avril-juin 2014 consiste dans 3 modules représentant en tout quinze séances de cours de 120 min, dispensés en français en principe par trois enseignants japonais et un enseignant européen. Les 3 modules sont intitulés respectivement : « Métaphysique », « Phénoménologie » et « Philosophie des sciences ».
▶Les universitaires européens boursiers EuroPhilosophie qui accompagneront les étudiants en 2014 sont :
Camille Riquier (maître de conférences, Institut catholique de Paris)
Sara Guindani (chargée de cours, Université Paris 8)
Arnaud François (maître de conférences, Université de Toulouse II)

▶ Les universitaires japonais (et européens invités) qui participent à l'enseignement de la mobilité à l'Université de Hosei en 2014 sont :
Osamu Kanamori (professeur, Université de Tokyo)
Yasuhiko Murakami (professeur associé, Université d'Osaka)
Hisashi Fujita (maître de conférences, Universite de Kyushu Sangyo)
Masato Goda (professeur, Université Meiji)
Kazuyuki Hara (professeur associé, Université de Tokyo)
Vincent Giraud (chercheur invité, Université de Kyoto)
Shin Abiko (professeur, Université Hoseï)
Thierry Hoquet (professeur, Université Lyon 3)
Élie During (maître de conférences, Université Paris Ouest)

▶ Les noms des quatre enseignants qui se chargent de chacun des trois modules sont respectivement :
« Métaphysique » : Camille Riquier, Élie During, Vincent Giraud et Hisashi Fujita.
« Phénoménologie » : Sara Guindani, Kazuyuki Hara, Yasuhiko Murakami et Masato Goda
« Philosophie des sciences » : Arnaud François, Thierry Hoquet, Osamu Kanamori et Shin Abiko.

Syllabus de cours du module « Métaphysique » (2014)

■Camille RIQUIER (Institut Catholique de Paris)
Péguy « bergsonien » : la métaphysique du monde moderne et sa critique

▶Charles Péguy est bien connu en imprécateur rugissant contre le monde moderne. Mais l'est-il vraiment comme penseur du monde moderne ? Loin que sa colère l'ait aveuglé, ne lui a-t-elle pas donné un regard plus pénétrant sur lui ? N'est-il pas en effet le premier à avoir considéré que la modernité a rompu avec les humanités précédentes au point de faire "monde", de faire tout un nouveau "monde"? C'est qu'elle a offert à l'humanité, écrit-il, "des conditions telles, si entièrement et si absolument nouvelles, que tout ce que nous savons par l'histoire, tout ce que nous avons appris [...] ne peut aucunement nous servir, ne peut pas nous faire avancer dans la connaissance du monde où nous vivons. Il n'y a pas de précédents" (Note conjointe sur M. Descartes et la philosophie cartésienne, "Bibliothèque de la Pléiade", III, p. 1455). Et pour penser ce que rien dans le passé ne peut nous aider à penser, Péguy a dû s'appuyer sur la philosophie d'Ernest Renan mais surtout sur celle d'Henri Bergson, laquelle née « de notre temps » « n'est point moderne » (Un poète l'a dit, "Bibliothèque de la Pléiade", II, p. 810). En allant même à contre-courant de la modernité, Bergson lui a servi à comprendre le moderne d'abord, à « déplacer le moderne » ensuite.

▶Bibliographie indicative :
- Charles Péguy, Œuvres en prose complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », présentée, établie et annotée par Robert Burac, I, 1987,
- Charles Péguy, Œuvres en prose complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », présentée, établie et annotée par Robert Burac, II, 1988,
- Charles Péguy, Œuvres en prose complètes, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », présentée, établie et annotée par Robert Burac, III, 1992.
- Henri Bergson, Œuvres, Paris, PUF, édition critique sous la direction de F. Worms.

▶6 séances de cours
2/4(13h-15h),
3/4(15h30-17h30),
4/4(10h-12h),
8/4(13h-15h),
10/4(15h30-17h30),
11/4(15h30-17h30)


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■Élie DURING (Université de Paris Ouest Nanterre)
Qu'est-ce qui n'existe pas ? Questions d'ontologie

▶« Il n'y a pas de néant. Zéro n'existe pas. Tout est quelque chose. Rien n'est rien. » (Victor Hugo, Les Misérables)

Dites-moi ce qui n'existe pas, je vous dirai quelle est votre conception de l'ontologie. Telle est la formule qui servira de fil directeur à ce cours en forme de triptyque. À la question : « Qu'est-ce qui n'existe pas ? », on peut imaginer les réponses les plus diverses. Par exemple : « Une fourmi de dix-huit mètres / Avec un chapeau sur la tête », pour citer le poète Robert Desnos. La liste pourrait être poursuivie sans fin : licornes et loups-garous, fantômes et Ovnis, etc. Objets fictionnels (irréels) ou simplement douteux (improbables), il est entendu que rien de tout cela n'existe. Mais en quoi la philosophie est-elle concernée ? Et a fortiori, l'ontologie ? Pour établir avec certitude l'inexistence de quoi que ce soit, mieux vaut recourir à des arguments a priori. De ce point de vue, une contradiction logique (un cercle carré, l'ensemble de tous les ensembles) semble être un indice d'inexistence plus sûr que le caractère hasardeux des conjectures que chacun peut former au sujet du frère jumeau d'Elvis ou de la quatrième dimension. Les objets impossibles suggèrent un argument ontologique inversé : une démonstration d'inexistence procédant par purs concepts, une preuve « négontologique »... À l'heure où la métaphysique contemporaine prend volontiers la forme d'une enquête sur les modes d'existence, il paraît nécessaire de s'intéresser de près aux conditions d'un discours sur l'inexistant et les modes d'inexistence. On sera ainsi conduit à distinguer des des ontologies « plates » mais libérales et même exubérantes, accordant généreusement l'existence à beaucoup de choses, peuplées ou non d'objets inexistants, et à l'inverse, des ontologies « maigres », pour lesquelles il n'existe quasiment rien, et qui ne laissent pas non plus grand chose en dehors de ce qui existe. Nous soutiendrons pour notre part la thèse selon laquelle l'ontologie, pour rendre compte de ce qui existe, ne peut se passer d'une théorie des degrés d'inexistence.

▶I. Partie critique : du mode d'être de l'inexistant
L'ontologie ne prétend pas faire un inventaire raisonné des choses (ni même des genres de choses) qui existent et de celles qui n'existent pas ; elle vise directement le principe de tout inventaire en s'interrogeant sur le concept même d'existence. Cette démarche a conduit les fondateurs de la philosophie analytique (notamment Russell dans sa discussion avec Meinong) à redéfinir l'ontologie sur la base d'une critique drastique de l'idée d'objet inexistant (distinct du non-être ou du néant). À la question : « Qu'est-ce qui n'existe pas ? », il conviendrait de répondre simplement : « Rien, tout existe ». Ce qui signifie que l'inexistant n'est pas un objet de discours. Nous verrons ce qui motive cette position radicale et en quel sens elle fait écho à la discussion kantienne de l'argument ontologique.

Bertrand RUSSELL, "On Denoting" (1905) et autres textes réunis dans Essays in Analysis, D. Lackey (éd.), London, Allen & Unwin, 1973.
Bertrand RUSSELL, Histoire de mes idées philosophiques, trad. G. Auclair, Paris, Gallimard, 1961, p. 208-211, 215-216, 301-302 et 304-305
Bertrand RUSSELL, The Principles of Mathematics, New York, W. W. Norton Company, 1903 (2e edition 1937), p. 449-450.
Alexius MEINONG, Théorie de l'objet, Paris, Vrin, 1999.
Gottlob FREGE, « Fonction et concept », in Écrits logiques et philosophiques, Paris, Seuil, 1971.
SAINT ANSELME DE CANTORBERY, Proslogion : allocution sur l'existence de Dieu, chap. 2-3 (trad. B. Pautrat, Paris, GF, 1993, p. 41-43).
René DESCARTES, Méditations métaphysiques, V.
Gottfried Wilhelm LEIBNIZ, Nouveaux Essais sur l'entendement humain, IV, 10, §8. Immanuel KANT, L'unique fondement possible d'une démonstration de l'existence de Dieu, I. 1 (trad. S. Zac, in Œuvres, Pléiade, t. I, p. 325-326).
Immanuel KANT, Critique de la raison pure, Dialectique transcendantale, Idéal de la raison pure, « De l'impossibilité d'une preuve ontologique de l'existence de Dieu » (trad. A. Renaut, Aubier, p. 530-536).
Georg Wilhelm Friedrich HEGEL, Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé, 1ère partie (Science de la logique), B, II, §51 (trad. M. de Gandillac, Gallimard, p. 117-118).

▶II. Partie heuristique : des différents modes d'inexistence
L'enquête négontologique ne commence à proprement parler que si l'on accorde qu'il n'y a pas un seul sens de l'existant, et donc de l'inexistant. La philosophie a trop vite assimilé l'inexistant à l'être de fiction, et ce dernier à un mode d'existence purement mental, ou « intentionnel ». Il faut bien que les êtres de fictions existent d'une certaine façon, il faut bien qu'ils échappent au pur néant puisque nous en parlons. On dit qu'il s'agit de simples représentations. Mais quel est le mode d'existence d'une représentation ? Que signifie que la conscience existe ? Et que dire alors des êtres symboliques (une institution), des universaux et des entités abstraites (les champignons, le nombre 3, la loi de la gravitation), des possibles (la victoire de la France en finale de l'Euro 2012, le monde où cet événement a lieu), des êtres relationnels (un son, le temps), ou encore des êtres obtenus par composition arbitraire (mon téléphone portable + l'oreille gauche de Barack Obama) ? Existent-ils eux aussi ? Et en quel sens ? Quelles raisons avons-nous de leur dénier l'existence ? Que gagnons-nous à la leur accorder ?

Immanuel KANT, Critique de la raison pure, Logique transcendantale, Analytique des principes, Appendice « De l'amphibologie des concepts de la réflexion » (trad. A. Renaut, Aubier, p. 327-328).
Bertrand RUSSELL, Introduction à la philosophie mathématique [1919], trad. F. Rivenc modifiée, Paris, Payot, p. 314-316.
Jean-Paul SARTRE, L'Imaginaire (1940), Paris, Gallimard-Folio, 1986.
Jean-Paul SARTRE, « Monsieur François Mauriac et la liberté » in Situations I, 1939
Étienne SOURIAU, Les différents modes d'existence [1943], Paris, PUF, 2009, p. 130-134
Alfred North WHITEHEAD, Process and Reality, New York, Macmillan, 1929, II, 9 (trad. fr. Procès et Réalité, Paris, Gallimard, 1995).
Alfred North WHITEHEAD, Modes of Thought [1938], New York, The Free Press, 1968 (trad. fr. Modes de pensée, Paris, Vrin, 2004).

▶III. Partie spéculative : le virtuel et les degrés d'inexistence
Admettons que seul le néant n'existe absolument pas : il reste à explorer le domaine des existences ténues ou évanouissantes, mais aussi à parcourir toutes les nuances de l'inexistence, de l'irréel au non-être, de l'improbable à l'impossible, de l'inexistence de fait à l'inexistence de droit, du potentiel à l'actuel. Car si l'on admet des degrés d'existence, des intensités variables d'existence, pourquoi ne pas admettre également des degrés d'inexistence ? Pour étayer cette conception intensive de l'inexistence, on se concentrera sur le statut du virtuel, ou plutôt des virtualités, avec deux points d'appui privilégiés : la philosophie de Bergson (avec ses extensions du côté de Ruyer et de Deleuze), mais aussi plus généralement la question philosophique du statut du passé et de l'avenir.

Henri BERGSON, L'Énergie spirituelle [1919], Paris, PUF, 2009, « Le souvenir du présent et la fausse reconnaissance », « L'effort intellectuel ».
Étienne SOURIAU, Avoir une âme, essai sur les existences virtuelles, Paris, Les Belles Lettres, 1938.
Raymond RUYER, Néo-finalisme [1952], Paris, PUF, 2012.
Nathalie SARRAUTE, Tropismes [1939], Paris, Minuit, 2012.
Gilles DELEUZE, Dialogues, Paris, Champs-Flammarion, 1995, « L'actuel et le virtuel ».
Tristan GARCIA, Forme et objet : un traité des choses, Paris, PUF, 2011.

▶3 séances de cours
22/5(13h-15h)
23/5(15h30-17h30)
26/5(10h-12h)


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■Vincent GIRAUD (Université de Kyoto)
La pensée médiévale et le signe

▶La pensée médiévale d'occident a mis le signe au cœur de sa spéculation. Si l'importance qu'a pu revêtir le signum dans le champ logique et cognitif est aujourd'hui bien établie (notamment chez un penseur comme Guillaume d'Ockham), son rôle sur le terrain de la réflexion ontologique reste à préciser. Or, cet apport est capital. D'Augustin à Nicolas de Cues, en passant par Denys, Jean Scot (Érigène) et Bonaventure, le signe occupe le cœur d'une pensée qui envisage l'être et le phénomène à partir de la catégorie de signification.

▶Lors de ces trois séances, nous voudrions donner corps et figure à cette étape essentielle, mais le plus souvent négligée, de « l'histoire de l'être ».

Séance 1 : Le signe, le vestige et le manifeste (Augustin)
Séance 2 : Théophanie (Denys l'Aréopagite et Jean Scot Érigène)
Séance 3 : Signe et conjecture (Nicolas de Cues)

▶Bibliographie indicative
Textes :
- Augustin (textes importants sur le signe épars dans toute l'œuvre. Voir les passages reproduits et traduits dans mon propre ouvrage, ci-dessous).
- Denys l'Aréopagite : Œuvres complètes du Pseudo-Denys l'Aréopagite, trad. M. de Gandillac, Paris, Aubier, 1943.
- Jean Scot Érigène, De la division de la nature (Periphyseon), trad. F. Bertin, Paris, PUF, 1995-2009 (4 vol.).
- Nicolas de Cues, Compendium, trad. H. Pasqua, Paris, Manucius, 2014.

Éléments de littérature secondaire :
FALQUE (E.), Dieu, la chair et l'autre. D'Irénée à Duns Scot, Paris, PUF, « Épiméthée », 2008. (Chap. II : Dieu phénomène - Jean Scot Érigène, p. 87-136)
GIRAUD (V.), Augustin, les signes et la manifestation, Paris, PUF, « Épiméthée », 2013.
PERL (E. D.), Theophany. The Neoplatonic Philosophy of Dionysius the Areopagite, Albany (NY), SUNY Press, 2007.
ROQUES (R.), L'univers dionysien. Structure hiérarchique du monde selon le Pseudo-Denys, Paris, Le Cerf, 1983 1954.
WOLTER (J.), Apparitio Dei. Der Theophanische Charakter der Schöpfung nach Nikolaus von Kues, Münster, Aschendorff Verlag, 2004.

▶3 séances de cours
2/6(13h-15h)
3/6(13h-15h)
4/6(13h-15h)


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■Hisashi FUJITA (Kyushu Sangyo Université)
Localiser l'illocalisable. Une lecture de Matière et Mémoire de Bergson

▶1re séance : Le destin du lieu. Prolégomènes
2e séance : Le monumental. Le 1er et le 4e chapitres de Matière et Mémoire
3e séance : L'immémorial. Le 2e et le 3e chapitres de Matière et Mémoire

▶3 séances de cours
10/5(13h-15h)
10/5(15h30-17h30)
23/5(13h-15h)

Syllabus de cours du module « Phénoménologie » (2014)

■Sara GUINDANI (Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis)
Personne n'a été plus loin que Proust dans la fixation des rapports du visible et de l'invisible ―Image, écriture et mémoire à partir de Proust

▶L'oeuvre de Marcel Proust, interrogeant explicitement des questions philosophiques majeures telles que le temps et la mémoire, se pose d'emblée comme référence incontournable pour nombre de philosophes français du XX siècle. Mais si la question du temps est sûrement ce qui, chez Proust, questionne d'abord le philosophe, on se rend rapidement compte que La Recherche est aussi une sorte de boîte de Pandora d'où aucun de nos concepts peut sortir intact. A travers la longue réflexion sur le temps menée par Proust, c'est la philosophie toute entière qui se remet en question. Les textes de nombreux philosophes nous en témoignent : si, pour Merleau-Ponty, l'œuvre de l'écrivain devient une clé pour articuler son ontologie personnelle ("personne n'a été plus loin que Proust dans la fixation des rapports du visible et de l'invisible"), chez Deleuze elle intervient d'abord comme "apprentissage des signes" pour devenir ensuite le paradigme d'une véritable "anti-philosophie". Ricoeur, quant à lui, suggère de lire la Recherche selon une logique « optique », faisant de Proust à la fois l'épigone et le novateur d'une longue tradition philosophique où l'être se donne en termes de vision. Proust est enfin la référence implicite et silencieuse de l'essai de Roland Barthes sur la photographie, où l'écriture (graphein) s'articule avec le thème du souvenir et de la temporalité propres au photographein.

▶Ce cours voudrait reparcourir l'essentiel de ce dialogue entre l'écrivain et quelques-uns des majeurs représentants de la philosophie française des 50 dernières années, s'attachant en particulier au questionnement autour du thème de la mémoire et aux liens que celui-ci entretient avec la mimesis et avec les images.

Arguments des séances :
1. Proust voyant. Merleau-Ponty et Proust (Le Visible et l'invisible ; Notes de cours au Collège de France 1959-61 ; L'institution, La passivité).
2. Deleuze : Proust anti-philosophe ? (Proust et les signes).
3. Paul Ricoeur : pour une lecture optique de la Recherche (Temps et récit II).
4. Le Photographein comme anticipation et figure du graphein chez Proust : temporalité mortifère (Barthes) et temporalité stratifiée (Proust, Benjamin) de la photographie.

▶Bibliographie indicative
R. Barthes, La Chambre claire. Note sur la photographie, Paris, Gallimard, 1980.
G. Deleuze, Proust et les signes, Paris, Presses Universitaires de France, 1964, 1970.
M. Merleau-Ponty, Le visible et l'invisible, Paris, Gallimard, 1964.
Id., Notes de cours au Collège de France (1959-61), Paris, Gallimard, 1996.
Id., L'Institution. La Passivité, Notes de cours au Collège de France (1954-1955), Paris, Belin, 2003.
M. Proust, À la recherche du temps perdu, Paris, Gallimard, éd. IV voll., 1987-1989.
P. Ricoeur, « À la recherche du temps perdu : le temps traversé », in Temps et récit II, Paris, Seuil, 1984.

▶4 séances de cours
2/4(15h30-17h30)
3/4(13h-15h)
4/4(13h-15h)
7/4(13h-15h)


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■Masato GODA (Université Meiji)

▶1re et 2e séances : Un pragmatiste japonais, Syunsuke Tsurumi et pénombre de l'Asie
Syunsuke TSURUMI(1922-), peu connu jusqu'à aujourd'hui en Europe, est un philosophe encore vivnat qui a, à partir de ses recherches de la philosophie pragmatique aux Etatus-Unis, renouvelé le monde philosophie au Japon d'après-guerre. En quoi ce renouvellement consisterait-t-il ? C'est la première question à laquelle je m'efforcerais de rèpondre.
TSURUMI, qui était, en tant qu'étudiant à l'Université Haravard, resté aux Etats-Unis pendant la deuxième guerre mondiale, a rencontré un jeune chinologue Yosimi TAKEUCHI(1910-1977) juste après la guerre. TAKEUCHI, même après la guerre, a continué à prendre l'invasion du Japon pendant la guerre pour la défence de l'Asie contre les puissances occidentales et s'est réclamé de l'''asiatisme comme méthode''. TSURUMI s'est senti obligé de s'affronter à la problématique TAKEUCHI et a achevé un monographe sur lui. Quel serait l'enjeu de dialogue imaginaire ? C'est la deuxième question à laquelle je voudrais essayer de rèpondre.

▶3e séance: Jean Grenier et ses voyages imaginaires en Asie
Jean Grenier est très connu comme maître du jeune Camus à Alger. Dans la préface à la nouvelle édition des Iles de son ancien maître, Camus écrit que c'était précisément ce texte qui l'a decide à devenir écrivain. Alors, qui était Grenier ? Quel philosophe était-t-il? Il s'est profondément intéréssé aux divers courants de la pensée asiatique, surtout aux Hindouisme et Taoïsme, dans lesquels il est arrivé à trouver la pensée de l'''inhumain'' comme le dirait Jean-François Lyotard. Quels sont les rapports qui existent entre l'''inhumain''asiatique et les ''îles désertes'' dont parle Grenier en se référant, avant Deleuze, à Pascal ?

▶3 séances de cours
23/4(15h30-17h30)
28/4(15h30-17h30)
30/4(15h30-17h30)


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■Kazuyuki HARA (Université de Tokyo)
L'élaboration lacanienne de la notion de « désir » et la refonte du complexe d'Œdipe

▶Dans ce cours nous nous proposons d'examiner les discussions que Lacan a développées depuis sa thèse en médecine en 1932 jusqu'au début des années 70, en nous centrant sur l'élaboration de la notion lacanienne de « désir » qui s'effectue au contact certes mais finalement à une certaine distance de Hegel et de Saussure, pour articuler ce qu'il en était de la refonte du complexe d'Œdipe que Lacan, ainsi que ce que cette refonte avait apporté dans ses discussions ultérieures.

▶Les cours sont basés sur : Kazuyuki HARA, Amour et savoir ― Etudes lacaniennes, Collection UTCP, 2011, dont la version en PDF est téléchargeable sur le site d'internet de l'UTCP (The University of Tokyo Center for Philosophy). http://utcp.c.u-tokyo.ac.jp/publications/2011/04/collection_utcp_9/

Cours 1 : Lacan et Hegel - Du « désir du désir »
Cours 2 : Lacan et Saussure - De « la signification »
Cours 3 : Le complexe d'Œdipe selon Lacan
Cours 4 : L'au-delà de l' Œdipe : le tragique, le féminin, le noeud

▶Bibliographie
Les travaux de Jacques Lacan :
- De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité suivi de Premiers Ecrits sur la paranoïa. Paris, Ed. du Seuil, 1975, 412 p.
- Ecrits, Ed. du Seuil, Paris, 1966, 923 p.
- Autres écrits, Ed. du Seuil, Paris, 2001, 614 p.

Le Séminaire (texte établi par Jacques-Alain Miller, Ed. du Seuil, Paris) :
Livre I Les écrits techniques de Freud, 1975, 316 p.
Livre II Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, 1978, 375 p.
Livre III Les psychoses, 1981, 363 p.
Livre IV La relation d'objet, 1994, 435 p.
Livre V Les formations de l'inconscient, 1998, 522 p.
Livre VII L'éthique de la psychanalyse, 1986, 375 p.
Livre VIII Le transfert, 2001, 2e édition, 461 p.
Livre X L'angoisse, 2004, 396 p.
Livre XI Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1973, 312p.

D'autres travaux :
Saussure, Ferdinand de : Cours de linguistique générale. Edition critique préparée par Tullio de Mauro avec la postface de Louis-Jean Calvet (1985), Ed. Payot, Paris, 1972, 520 p.
Emile Benveniste, Problèmes de linguistique générale, I, Tel/Galli¬mard, 1966.
Starobinski, Jean : Les mots sous les mots. Les anagrammes de Ferdinand de Saussure, Paris, Ed.Gallimard, 1971, 161 p.
Kojève, Alexandre: Introduction à la lecture de Hegel, Paris, Tel/Gallimard , 1947, 597 p.

▶4 séances de cours
9/5(15h30-17h30)
16/5(15h30-17h30)
30/5(15h30-17h30)
6/6(15h30-17h30)


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■Yasuhiko MURAKAMI (Université d'Osaka)
Phénoménologie des soins infirmiers psychiatriques au Japon

▶Après l'échec du mouvement de l'anti-psychiatrie qui a dévasté quelques hôpitaux dans les années 60 et 70, la psychiatrie au Japon a pourtant incorporé quelques idées de ce mouvement et essayé d'amérioler la condition de la vie des patients internes.
Dans ce séminaire, je voudrais analyser quelques entretiens avec les infirmières qui travaillent dans un hôpital psychiatrique, où j'effectue actuellement l'observation dans l'unité pour les schizophrènes chroniques.

▶Mon but consiste à esquisser la formation de leur pratique et de la collaboration avec les patients. En même temps, du point de vue théorique, cette recherche a l'intention d'établir une théorie philosophique de la psychiatrie qui ne se base pas sur la psychopathologie (psychanalyse, Daseinsanalyse, etc.). Du point de vue méthodique, il s'agit de l'élaboration de la phénoménologie destinée à l'analyse des data concrets (elle peut se revendiquer comme une méthode possible de la recherche qualitative dans les sciences empiriques).

1re & 2e séances:
-L'introduction: l'espace de l'hôpital psychiatrique et les soins infirmiers
-La mise en parenthèses des normes officielles et la formation de l'assise de la pratique infirmière (Analyse de l'entretien avec Mme. A)

3e & 4e séances:
-La formation de la collectivité dans l'unité pour les schizophrènes chroniques (Analyse de l'entretien avec Monsieur C, de l'entretien collectif avec Mmes. E, F, G et de l'observation dans le quartier)

▶Bibliographie :
Guattari, F., Psychanalyse et transversalité - Essais d'analyse institutionnelle, Paris, La Découverte, 1972 [2003]
Oury, J., Onzes heures du soir à La Borde, Paris, Galilée, 1980
Oury, J., Rencontre avec le Japon - Jean Oury à Okinawa, Kyoto, Tokyo, Nîmes Matrice, 2007 [2012]

▶4 séances de cours
28/4(10h-12h)
28/4(13h-15h)
8/5(13h-15h)
8/5(15h30-17h30)

Syllabus de cours du module « Philosophie des sciences » (2014)

■Arnaud FRANÇOIS (Université de Toulouse II-Le Mirail)
Les sources scientifiques de L'évolution créatrice

▶Nous nous intéresserons, dans ce séminaire, aux sources scientifiques, et particulièrement biologiques, de Bergson, telles qu'elle sont mobilisée, principalement, dans L'évolution créatrice (1907). Non seulement les sources néo-darwiniennes, mutationnistes, orthogénétiques et néo-lamarckistes d'une manière, mais aussi la théorie de Cope, celle de Haeckel (qui, à l'inverse, est étrangement absente du livre), et même la thermodynamique de Boltzmann en tant qu'elle a pu servir de contre-modèle aux raisonnements thermodynamiques qui alimentent les réflexions bergsoniennes sur la vie. C'est alors qu'il deviendra possible de s'interroger sur le degré de pertinence, et même sur la nature de la pertinence en question, que l'on peut attribuer à L'évolution créatrice en biologie, et en philosophie de la biologie, aujourd'hui : être bergsonien dans ces domaines à l'heure actuelle ne saurait consister à défendre les thèses ou, a fortiori, à soutenir les images développées par le philosophe en 1907 (telles que celle de l' « élan vital »), mais on est bergsonien de fait, aujourd'hui, dès lors que l'on accepte au moins l'une de deux manières suivantes, effectivement présentes quant à elles dans les champs scientifique et épistémologique, de poser les problèmes biologiques : en termes de dissociation plutôt que d'association, en termes d'irréversibilité plutôt que d'écoulement indifférent du temps.

▶Bibliographie indicative:
Bergson, Henri, L'évolution créatrice (1907), Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2007, 696 p.
Cope, Edward D., The Primary Factors of Organic Evolution, Chicago, The Open Court Publishing Company, 1896, 547 p.
François, Arnaud, « Les sources biologiques de L'évolution créatrice de Bergson » (2007), in Frédéric Worms et Anne Fagot-Largeault (éds.), Annales bergsoniennes, t. IV : L'évolution créatrice (1907-2007) : épistémologie et métaphysique, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », 2008, p. 95-109
François, Arnaud, « L'actualité de L'évolution créatrice : de l'irréversibilité à l'individuation », in Jean-Louis Vieillard-Baron et Tamas Ulmmann (éds.), avec la collaboration de Stéphanie Favreau et Patricia Verdeau, Actualité d'Henri Bergson, Paris, Archives Karéline, 2012, p. 101-114
Miquel, Paul-Antoine, et Robert, Ladislas, Bio-logiques du vieillissement, Paris, Kimé, coll. « Philosophie-épistémologie », 2004, 111 p.

▶6 séances de cours
7/4(15h30-17h30)
8/4(15h30-17h30)
9/4(15h30-17h30)
10/4(13h-15h)
11/4(13h-15h)
14/4(15h30-17h30)


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■Thierry HOQUET (Université Jean Moulin Lyon 3)
Quatre traditions en histoire et philosophie des sciences

▶Le domaine intitulé « épistémologie » ou « histoire et philosophie des sciences » est un champ en perpétuel renouvellement. Différentes traditions proposent différentes approches du travail scientifique. Nous proposons un parcours de quatre courants essentiels qui structurent le champ de l'histoire et philosophie des sciences. Il s'agira à chaque fois d'aborder les thèses des principaux auteurs de ce courant et d'illustrer leur approche par quelques cas d'études empruntés aux différentes sciences de la nature (physique, chimie, biologie). On tentera d'évaluer la valeur de chacune des approches en soulignant la conception de la science qui s'en dégage.

▶Séance 1 : La philosophie générale des sciences

L'approche de la philosophie générale des sciences sera illustrée par la théorie de l'explication scientifique proposée par Carl Hempel. Le positivisme logique, dans la lignée de Carnap, canonise les règles de la méthode scientifique classique. Popper participe du courant du positivisme logique en ce qu'il recherche des règles méthodologiques invariables indépendantes de l'histoire. Carnap et Popper, en dépit de leur opposition terme à terme sur de nombreux points, ont en commun une conception générale de la science : aucun d'eux ne doute que la science ne soit notre meilleur exemple de pensée rationnelle ; ils accordent tous deux la distinction entre observation et théorie ; ils croient en l'unité de la science, ils reprennent l'un et l'autre la distinction, due à Hans Reichenbach, entre contexte de justification et contexte de découverte.

Bibliographie :
Carl Gustav Hempel, Aspects of scientific explanation and other essays in the philosophy of science, New York, Free Press, 1965.
-- Philosophy of natural science, Englewood Cliffs (NJ), Prentice Hall, 1966, trad. B. Saint-Sernin, Paris, Armand Colin, 1972.

▶Séance 2 : L'épistémologie historique

La question de l'épistémologie historique sera approchée à partir d'une double question : celle du discontinuisme et des révolutions scientifiques, celle de l'objectivité scientifique et de ses formes. On l'approchera à partir d'une présentation du nouvel esprit scientifique de Bachelard, des changements de paradigme de Kuhn, des formes successives de l'objectivité chez Daston et Gallison, et de l'ontologie historique de Hacking. Il s'agira de rendre raison de la phrase avec laquelle Kuhn choisit d'ouvrir sa Structure des révolutions scientifiques : « L'histoire, si l'on consentait à la considérer comme autre chose que le reliquaire de l'anecdote ou de la chronologie, pourrait être à l'origine d'une transformation décisive de l'image de la science qui aujourd'hui nous possède. » Ce thème décisif a suscité une crise de la rationalité : peut-on accepter que la science ait une histoire ?

Bibliographie :
Gaston Bachelard, Le Nouvel esprit scientifique (1934), 17e éd., Paris, PUF-Quadrige, 1987.
Lorraine Daston & Peter Galison, Objectivity, New York, Zone, 2007, trad. Sophie Renaut & Hélène Quiniou, Objectivité, Dijon, Les Presses du réel, 2012.
Ian Hacking, Historical ontology. Cambridge, MA: Cambridge University Press, 2002.
Thomas Kuhn, The Structure of scientific revolutions (1962), nouvelle éd augmentée, Chicago, University Press, 1970, trad. Laure Meyer, La structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983.

▶Séance 3 : L'épistémologie féministe

L'épistémologie féministe interroge la neutralité de la science : et si la science était une construction masculine et non un édifice rationnel neutre ? La place des femmes dans l'édifice scientifique est-elle seulement celle d'objets, soumis au regard du savant mâle ? On étudiera l'intersection entre genre et science : non seulement la place des femmes en science, mais aussi la conception de la nature qui sous-tend le travail ou le « regard » scientifique. Le discours scientifique sur la différence des sexes sera également interrogé. On posera également la question de l'objectivité, au croisement des travaux de Sandra Harding, Donna Haraway et Helen Longino.

Bibliographie :
Evelyn Fox Keller, Reflections on gender and science, New Haven-London, Yale University Press, 1985.
Donna J. Haraway, « Situated knowledge : the science question in feminism as a site of discourse on the privilege of partial perspective », Feminist studies, 14-3 (1988), pp. 575-599 ; tr. D. Petit et N. Magnan, « Savoirs situés : la question de la science dans le féminisme et le privilège de la perspective partielle », in Manifeste cyborg et autres essais : sciences, fictions, féminismes, anthologie établie par Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan, Paris, Exils, 2007, pp. 107-142.
-- « Modest Witness » paru en 1996. Repris dans Donna J. Haraway, Modest_Witness@Second_Millennium.FemaleMan©_Meets_OncoMouse™ : feminism and technoscience, New York, Routledge, 1997 et dans The Haraway reader, New York-London, Routledge, 2004, pp. 223-250.
Sandra Harding, Whose science ? Whose knowledge ? Thinking from women's lives, Ithaca (NY), Cornell University Press, 1991.
Helen E. Longino, « Taking gender seriously in philosophy of science », PSA. Proceedings of the Biennial Meeting of the philosophy of science association, (1992), vol. 2, pp. 333-340.


▶Séance 4 : La sociologie des sciences

On étudiera différents courants réunis sous l'étiquette de « sociologie des sciences ». Tout d'abord, l'approche ethno-méthodologique, indifférente aux contenus des sciences et plutôt attentive à l'organisation des laboratoires et illustrée par les travaux de Latour et Woolgar. Ensuite, la formulation du « programme fort » (strong program), qui intervient dans l'étude des sciences à la fois contre l'approche épistémologique (philosophique, en termes de vrai ou faux) et contre l'approche ethno-méthodologique. Le « programme fort » propose de revisiter les controverses scientifiques, à l'aide d'une méthode ramassée autour d'une formule : le principe de symétrie. David Bloor dans son article classique [1976, trad. 1982] a proposé un principe de symétrie dans les explications : appliquer la même explication à ceux qui gagnent et à ceux qui perdent, quitte à rejeter la question de la vérité ou de la fausseté de la science.

Bibliographie :
David Bloor, « Socio/logie de la logique ou les limites de l'épistémologie », Pandore, 1982, pp. 3-26.
Bruno Latour, Science in action. How to follow scientists and engineers through society, Milton Keynes, Open University Press, 1987, trad. Michel Biezunski, La Science en action, Paris, La Découverte, 1989.
Bruno Latour & Steve Woolgar, Laboratory life, the construction of scientific facts, Sage Publication, 1978, trad. Michel Biezunski, La Vie de laboratoire. La production des faits scientifiques, Paris, La Découverte, 1988.
Ludwik Fleck, Genesis and development of a scientific fact, trad. Bradley et Trenn, Chicago, University Press, 1979.
Stephen Shapin, « The invisible technician », American Scientist, 77 (1989), 554-563.
Steven Shapin et Simon Schaffer, Léviathan et la pompe à air. Hobbes et Boyle entre science et politique. Paris, La Découverte, 1993.

▶4 séances de cours
11/6(13h-15h)
11/6(15h30-17h30)
13/6(13h-15h)
13/6(15h30-17h30)


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■Osamu KANAMORI (Université de Tokyo)
▶1re séance:Kunihiko Hashida, La connaissance scientifique et la praxiologie orientale
▶2e séance:La religion dans l'ere des sciences degenerees
▶2 séances de cours
2/6(15h30-17h30)
9/6(15h30-17h30)


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■Shin ABIKO (Université Hoseï)
L'histoire des sciences et la philosophie―Le tournant de la philosophie au XIXe siècle

▶Le succès des sciences modernes, c'est un acquis immense pour l'humanité, non seulement pratiquement, mais encore et surtout philosophiquement. Jusque là, c'est la philosophie qui se considérait comme la fondatrice des sciences, ou bien comme leur synthétisante, ou bien comme leur garante. C'etait le cas de Descartes (Les Principes de la philosophie), de D'alembert (L'Encyclopédie) et de Kant (La Critique de la raison pure). C'est ce que signifiait symboliquement le mot 'métaphysique'. Mais au XIXe siècle, où le succès des sciences était déjà un fait socio-historique impératif, et où elles n'avaient plus besoin ni d'être fondées, ni d'être synthétisées, ni d'être garanties, les relations entre elles et la philosophie ont été modifiées et même renversées. Les sciences ont pris la position de la philosophie. D'ailleurs, au XVIIe siècle, les sciences naturelles, telles que l'astronomie, la physique, la chimie, avaient déjà condamné la philosophie naturelle à la disparition. Alors, ce sont les sciences, disons socio-biologiques qui ont terminé la métaphysique. Précisément, alors, c'est l'histoire des sciences qui a remplacée la métaphysique. Ce cours essaie d'élucider cette évolution philosophique du XIXe siècle à travers trois auteurs franco-japonais. (Ce cours constituera une pré-histoire de ce qui sera développé dans le second volet du cour de professeur Hoquet).

1. Auguste Comte(1798-1857)
2.Amane Nishi(1829-1897)
3.Pierre Duhem(1861-1916)

▶Bibliographie
Trois textes fondamentaux :
1.Auguste Comte, Cours de philosophie positive(1830-1842)
2.Amane Nishi, Hyakugaku-Renkan (Encyclopedy)(1870)
3.Pierre Duhem, La Théorie physique, son objet et sa structure (1906)

Lecture recommandée:
1.Auguste Comte, Discours sur l'esprit positif, Vrin, 1990
2.Michel Dalissier, Shin Nagai et Yasuhiko Sugimira, Textes clés de philosophie japonaise, Vrin, 2013
3.Anastasios Brenner, Duhem : science, réalité et apparence, Vrin, 1990

▶3 séances de cours
16/5(13h-15h)
30/5(13h-15h)
6/6(13h-15h)

Dates et horaires des cours (2014)

Abréviation :
BT=Boissonade Tower(No 6 dans le plan)
GSB=Graduate School Building(No 13 dans le plan)
Campus plan: http://www.hosei.ac.jp/english/about/map/campus/ichigaya/

N.B.
*Tous les cours se donnent à la salle 702 de GSB
**Les renseignements detaillés sur les événements académiques (※) se donneront dans la rublique des 'Events'.

▶Avril
1 avril(mar): Orientation(15h30-17h30, salle 702 de GSB)/ Réception d'ouverture (18h00-20h00, Staff Club au 25e étage de BT)
2 avril(mer): Riquier (13h-15h)/ Guindani(15h30-17h30)
3 avril(jeu): Guindani(13h-15h)/ Riquier(15h30-17h30)
4 avril(ven): Riquier(10h-12h)/ Guindani(13h-15h)
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7 avril(lun) : Guindani (13h-15h)/ François(15h30-17h30)
8 avril(mar) : Riquier(13h-15h)/ François(15h30-17h30)/ ※La conférence d'Arnaud François (18h30-20h30, à l'Université de Tokyo)
9 avril(mer) : François (15h30-17h30)
10 avril(jeu) : François(13h-15h)/ Riquier(15h30-17h30)
11 avril(ven) : François(13h-15h)/ Riquier(15h30-17h30)
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14 avril(lun) : François(15h30-17h30)
+++++
19-20 avril(sam-dim) : ※Week-end au pied du Mont Fuji, avec les étudiants en philo de l'Université Hoseï.
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23 avril(mer): Goda(15h30-17h30)
+++++
28 avril(lun): Murakami(10h-12h)/ Murakami(13h-15h)/ Goda(15h30-17h30)
+++++
30 avril(mer): Goda(15h30-17h30)

▶Mai
8 mai(jeu): Murakami(13h-15h)/ Murakami(15h30-17h30)
9 mai(ven): Hara(15h30-17h30)
10 mai(sam): Fujita(13h-15h)/ Fujita(15h30-17h30)
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16 mai(ven): Abiko(13h-15h)/ Hara(15h30-17h30)
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22 mai(jeu): During(13h-15h)/ ※La conférence d'Élie During (17h-19h, à l'Université Waseda)
23 mai(ven): Fujita(13h-15h)/ During(15h30-17h30)/ ※La conférence de Jean-Jacques Wunenburger (18h30-20h30, à l'Université Hoseï)
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26 mai(lun): During(10h-12h)
28 mai(mer)※La conférence d'Élie During (18h30-20h30, à la Maison franco-japonaise)
29 mai(jeu): ※Workshop organisé par les étudiants euro-japonais (à l'Université d'Osaka)
30 mai(ven): Abiko(13h-15h)/ Hara(15h30-17h30)
31 mai(sam) : ※Nuit de la philo(15h-23h30, à l'Institut francais)

▶Juin
2 juin(lun): Giraud(13h-15h)/ Kanamori(15h30-17h30)
3 juin(mar): Giraud(13h-15h)
4 juin(mer): Giraud(13h-15h)
+++++
6 juin(ven): Abiko(13h-15h)/ Hara(15h30-17h30)
+++++
9 juin(lun): Kanamori(15h30-17h30)
+++++
11 juin(mer): Hoquet(13h-15h)/ Hoquet(15h30-17h30)
12 juin(jeu) : ※Le colloque « La vie face aux sciences et technologie modernes et le Japon » (Thierry Hoquet, Paul Dumouchel, Osamu Kanamori, Masaru Yoneyama, Tatsuya Higaki, Taizo Kijima, Shin Abiko..., 13h-20h, à l'Université Hoseï)
13 juin(ven) : Hoquet(13h-15h)/ Hoquet(15h30-17h30)
+++++
27 juin(ven) : Réunion d'évaluation/ Fête d'adieu

Lieu des cours (2014)

Salle 702 du Bâtiment de Graduate School de Hosei
(http://www.hosei.ac.jp/english/about/map/campus/ichigaya/)

Aperçu (2013)

Tous les ans, 5 étudiants européens Erasmus Mundus peuvent bénéficier d'une bourse de la Commission Européenne pour un semestre d'étude à l'université de Hosei au Japon.

Le semestre à Hosei donne lieu à une évaluation et est validé par l'obtention de 30 ECTS.

dates de la mobilité : 1er avril-30 juin 2013
période de la mobilité : Semestre 2 de la formation EuroPhilosophie
responsable de la mobilité à Hosei : Prof. Shin Abiko
responsable EuroPhilosophie de la mobilité à Hosei : Arnaud François
site web : http://www.europhilosophie.eu/mundus/
http://erasmus.ws.hosei.ac.jp/


L'université de Hosei réserve une chambre individuelle à chaque étudiant dans un foyer proche de l'université
Elle offre une aide au logement à chaque étudiant Erasmus Mundus EuroPhilosophie

Mobilité en 2012-13 (2013)

►L'offre de cours d'avril-juin 2013 consiste dans 3 modules représentant en tout quinze séances de cours de 120 min, dispensés en français en principe par trois enseignants japonais et un enseignant européen. Les 3 modules sont intitulés respectivement : « Métaphysique », « Phénoménologie » et « Philosophie des sciences ».

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Syllabus de cours du module « Métaphysique » (2013)

□Rocco Ronchi (6 cours)
Vers l'immanence absolue

Introduction
• Le concept de "métaphysique"
• La métaphysique classique en tant que dépassement de l'expérience
• La métaphysique des modernes : l'expérience comme absolu
• Les deux lignes de la pensée moderne : 1) finitude et transcendance 2) infini et immanence absolue

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Syllabus de cours du module « Phénoménologie » (2013)

□FLORENCE CAEYMAEX
Finitude et liberté : la phénoménologie dans la philosophie en France au XXe siècle.

La réception française de la phénoménologie (Husserl, Heidegger) a imprimé à celle-ci une signification existentielle et anthropologique. Qu'est-ce qu'une phénoménologie existentielle ? Pour comprendre ce tournant, il faut remonter à Kant et au problème de la finitude du sujet, tel qu'il a été posé dans le cadre de la philosophie transcendantale. Nous montrerons, à travers deux figures majeures de la phénoménologie, Sartre et Merleau-Ponty, que l' « analytique de la finitude » (Foucault) acquiert une signification pratique, à travers une problématisation renouvelée de la liberté et du sujet, et de leur inscription dans le monde et l'histoire.

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Syllabus de cours du module « Philosophie des sciences » (2013)

□CIPRIAN JELER(6 cours)
Aspects de la causalité dans les débats actuels sur la théorie de l'évolution

Résumé du cours

Ce cours vise à mettre explicitement en rapport deux débats contemporains portant sur quelques notions-clé de la théorie de l'évolution. L'un de ces débats, ayant lieu depuis une dizaine d'années en philosophie de la biologie, porte sur le statut causal de la sélection naturelle. L'autre, plus ancien et traversant en quelque sorte la théorie de l'évolution depuis Darwin, porte sur la possibilité, la nécessité, mais aussi les manières de concevoir la sélection naturelle à des niveaux multiples, et non seulement au « simple » niveau de l'organisme. En exposant pourtant d'une manière compréhensive ces deux débats, nous voudrions montrer en quoi ils sont profondément apparentés et en quoi une clarification philosophique satisfaisante de la notion de causalité serait nécessaire pour nous faire sortir des cadres théoriques strictes qui sont à la racine des deux débats.

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Dates et horaires des cours (2013)

(a)10h00-12h00
(b)13h30-15h30
(c)16h00-18h00

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Lieu des cours (2013)

Salle 702 du Bâtiment de Graduate School de Hosei
(http://www.hosei.ac.jp/english/ichigaya/index.html)

Aperçu(2012)

Tous les ans, 5 étudiants européens Erasmus Mundus peuvent bénéficier d'une bourse de la Commission Européenne pour un semestre d'étude à l'université de Hosei au Japon.

Le semestre à Hosei donne lieu à une évaluation et est validé par l'obtention de 30 ECTS.

dates de la mobilité :
1er avril-30 juin 2012
période de la mobilité :
Semestre 2 de la formation EuroPhilosophie
responsable de la mobilité à Hosei :
Prof. Shin Abiko
responsable EuroPhilosophie de la mobilité à Hosei :
Arnaud François
site web :
http://www.europhilosophie.eu/mundus/
http://erasmus.ws.hosei.ac.jp/
  • L'université de Hosei réserve une chambre individuelle à chaque étudiant dans un foyer proche de l'université
  • Elle offre une aide au logement à chaque étudiant Erasmus Mundus EuroPhilosophie


Mobilité(2012)

L'offre de cours d'avril-juin 2012 consiste dans 3 modules représentant en tout quinze séances de cours de 120 min, dispensés en français par trois enseignants japonais et un enseignant européen. Les 3 modules sont intitulés respectivement : « Métaphysique », « Phénoménologie » et « Philosophie des sciences ».

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Syllabus de cours du module « Métaphysique »(2012)

Métaphysique de la présence, affectivité, rationalité

  • Grégori Jean(6 cours)

Dans La voix et le phénomène, J. Derrida interprète le « principe des principes » de la phénoménologie comme « la certitude, elle-même idéale et absolue, que la forme universelle de toute expérience (Erlebnis) et donc de toute vie, a toujours été et sera toujours le présent. (...) L'être est présence ou modification de présence. » Et dans Violence et métaphysique, après avoir décrit cette impossibilité « éternelle » et « absolue » de « vivre autrement qu'au présent » comme un « impensable » situé à « la limite de la raison », il ajoute : « La notion d'un passé dont le sens ne pourrait être pensé dans la forme d'un présent (passé) marque l'impossible-impensable-indicible, non seulement pour une philosophie en général, mais même pour une pensée de l'être qui voudrait faire un pas hors de la philosophie. »

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Syllabus de cours du module « Phénoménologie »(2012)

Introduction à la phénoménologie française contemporaine (E. Levinas et M. Richir)

  • Alexander Schnell(6 cours)

Ce cours se propose de présenter certains traits fondamentaux caractéristiques des recherches phénoménologiques contemporaines en France. L'introduction en exposera les enjeux principaux : dépassement d'une perspective centrée sur une approche gnoséologique (Husserl) ou ontologique (Heidegger), analyse du statut du langage, interrogation du statut du phénomène, etc. Le cours sera ensuite divisé en deux parties : la première partie se concentrera sur les deux ouvrages majeurs de Levinas (Totalité et infini et Autrement qu'être ou au-delà de l'essence). Nous aborderons la pensée de Levinas comme s'inscrivant dans la tradition phénoménologique en tentant d'y déceler ce que nous appelons une « phénoménologie sans phénoménalité ». La seconde partie introduira à la refonte de la phénoménologie transcendantale de M. Richir. Nous en définirons les concepts fondamentaux et traiterons tout particulièrement de sa phénoménologie du temps et de l'espace ainsi que de sa phénoménologie du langage.

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Syllabus de cours du module « Philosophie des sciences »(2012)

Les sciences dans L'évolution créatrice de Bergson

  • Arnaud François (6 cours)

Il s'agira, dans ce séminaire, d'examiner les sources biologiques de L'évolution créatrice de Bergson (1907), mais aussi les sources physiques, voire mathématiques ou logiques, que l'ouvrage mobilise. À l'horizon de cet examen se trouveront deux enjeux : d'une part, fixer la conception proprement bergsonienne du rapport entre la philosophie et les sciences ; d'autre part, mesurer dans quelle mesure, tant sur le plan du contenu des thèses que de la conception du rapport entre la philosophie et les sciences, L'évolution créatrice a pu inséminer l'ensemble du XXe siècle philosophique français, jusqu'à nos jours (Merleau-Ponty, Simondon, Atlan par exemple).

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Dates et horaires des cours(2012)

(A)10h00-12h00
(B)14h00-16h00
(C)16h00-18h00

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Hosei EMP 2010 Program Outline

Aperçu

Tous les ans, 5 étudiants européens Erasmus Mundus peuvent bénéficier d'une bourse de la Commission Européenne de 1700 euros pour un stage intensif d'étude de 1 mois à l'université de Hosei au Japon.

Le stage intensif à Hosei donne lieu à une évaluation et est validé par l'obtention de 10 ECTS à valoir auprès de l'université européenne dans laquelle l'étudiant séjourne ordinairement au moment du stage

Period of time
March 22 - April 16, 2010
Subjects
Métaphysique « La philosophie contemporaine de la nature »
Phénoménologie
Philosophie des sciences
Place
Graduate School Block, Hosei University
2-15-2 Ichigaya-tamachi Shinjuku-ku, Tokyo, Japan; ZIP:162-0843
Class room
(Except 3/24) Room 303, Graduate School Block, Hosei University
(Only 3/24) Room A501, Anshin bldg., Hosei University
A responsible person from EuroPhilosophie)
Arnaud François
A responsible person from Hosei
Prof. Shin Abiko
Contact & Access:
» Contact
» Access map
  • L'université de Hosei réserve une chambre individuelle à chaque étudiant dans un foyer proche de l'université
  • Elle offre une aide au logement à chaque étudiant Erasmus Mundus EuroPhilosophie


2010 Lecturers

L'offre de cours de mars-avril 2010 consiste dans 3 modules représentant en tout une douzaine de séances de cours de 120 min, dispensés en français par trois ou deux enseignants japonais et un enseignant européen. Les 3 modules sont intitulés respectivement : « Métaphysique », « Phénoménologie » et « Philosophie des sciences ».

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Métaphysique: La philosophie contemporaine de la nature (2010)

Le module de Phénoménologie, composé de 12 séances de 120 minutes, développera plusieurs approches de la phénoménologie. Un dialogue entre pensée européenne et pensée japonaise sera tout d'abord ouvert par la confrontation de Heidegger et Derrida, d'un côté, avec Tanabe et Tsurumi, de l'autre côté. La fécondité de ce que l'on pourrait appeler l'héritage critique, au Japon, de la phénoménologie classique sera ainsi établie. L'approche psychopathologique sera ensuite soumise à examen, que ce soit par le biais d'une interrogation portant sur la notion de « désir » chez Lacan et Hegel, ou par celui de l'étude de la mise en jeu (et en question) de l'« intersubjectivité » par l'autisme et la schizophrénie. On reviendra enfin à un texte fondamental de la tradition phénoménologique, la Krisis de Husserl, pour en scruter la structure argumentative et pour mettre en évidence ses apports, aussi bien dans la théorie des idéalités mathématiques ou physiques que dans celle de l'histoire proprement dite.

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Phénoménologie (2010)

Le module de Phénoménologie, composé de 12 séances de 120 minutes, développera plusieurs approches de la phénoménologie. Un dialogue entre pensée européenne et pensée japonaise sera tout d'abord ouvert par la confrontation de Heidegger et Derrida, d'un côté, avec Tanabe et Tsurumi, de l'autre côté. La fécondité de ce que l'on pourrait appeler l'héritage critique, au Japon, de la phénoménologie classique sera ainsi établie. L'approche psychopathologique sera ensuite soumise à examen, que ce soit par le biais d'une interrogation portant sur la notion de « désir » chez Lacan et Hegel, ou par celui de l'étude de la mise en jeu (et en question) de l'« intersubjectivité » par l'autisme et la schizophrénie. On reviendra enfin à un texte fondamental de la tradition phénoménologique, la Krisis de Husserl, pour en scruter la structure argumentative et pour mettre en évidence ses apports, aussi bien dans la théorie des idéalités mathématiques ou physiques que dans celle de l'histoire proprement dite.

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Philosophie des sciences (2010)

La philosophie de la biologie chez Auguste Comte

  • Shin Abiko (2 cours)

Deux séances :

1. Entre le physico-chimique et le biologique :

  • 07/04 [14h00-]

On dit souvent qu'alors que le XXe siècle était celui de la physique, le XXIe siècle est celui de la biologie. La biologie, c'est une évidence aujourd'hui. Et cependant on observe également que l'idéologie scientifiquement prédominante de nos jours est, plus que jamais, le physicalisme qui se propose de tout réduire au physique. La question de savoir où se situe le biologique par rapport au physique reste aujourd'hui aussi actuelle qu'à l'époque d'Auguste Comte, où la biologie, nouvellement nommée ainsi, a entamé le chemin de son indépendance envers la physique. On essaiera d'actualiser la classification comtienne des sciences, selon laquelle le biologique, tout en se basant sur le physique, s'en démarque bel et bien.

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Hosei EMP 2009 Program Outline

Period of time:
April 1st, 2009 - April 29th, 2009
Subject:
(a)Métaphysique
(b)Phénoménologie
(c)Philosophie of Sciences
Hours of teaching:
90 min. par class
Exam:
The exam took an oral form for each subject.
Language:
French
Place:
Room 803, Graduate School Block, Hosei University
2-15-2 Ichigaya-tamachi Shinjuku-ku, Tokyo, Japan; ZIP:162-0843
Contact & Access:
» Contact
» Access map

For Hosei Students & for Occasional Students

For graduate students majoring in Philosophy at Hosei university

法政大学大学院哲学専攻生が当該授業に参加し、授業終了時に一定の成績評価を受ける成果を得た場合には、哲学専攻は大学院学則第19条第1項に従い、その成績を当該学生の修了所要単位(1科目2単位)として認定することになる。

For occasional students

本授業はエラスムス・ムンドゥス修士課程生と法政大学哲学専攻大学院生へ向けた正規授業であるが、この試みは同時に、哲学のヨーロッパの現場と日本の現場とが広く交わる機会を生み出すことを目指している。正規の授業である点を了解の上で、他大学の大学院生や、さらには一般聴講者が本授業に自由聴講者として参加することは構わないし、歓迎される。

Lecturers and students (2009)

Lecturers

Florence Caeymaex
(Chercheur qualifié, FNRS, Université de Liège)
Étienne Bimbenet
(maître de conférences, Université Jean Moulin-Lyon III)
Arnaud François
(PRAG, Université Toulouse II-Le Mirail)*
Shin Abiko - 安孫子信
(professor, Hosei University - 法政大学)*
Osamu Kanamori - 金森修
(professor, University of Tokyo - 東京大学)
Naoki Sugiyama - 杉山直樹
(professor, Gakushuin University - 学習院大学)
Izumi Suzuki - 鈴木泉
(associate professor, University of Tokyo - 大阪大学)
Yasuhiko Murakami - 村上靖彦
(associate professor, Osaka University - 大阪大学)
Hisashi Fujita - 藤田尚志
(full‐time lecturer, Kyushu Sangyo University - 九州産業大学)

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Métaphysique (2009)

担当教員

アルノー・フランソワ、杉山直樹、藤田尚志

授業内容

「ベルクソン『創造的進化』を読む」
ベルクソンの代表作の一つであり、ノーベル文学賞受賞の機縁ともなった『創造的進化』。この著作の綿密な校訂板を出したアルノー・フランソワを中心として、杉山直樹・藤田尚志が各章の要点を明快に整理しつつ、従来のベルクソン研究では論じられてこなかった新たな問題系を浮かび上がらせる。

具体的には、フランソワは、哲学的には本書における生命論と認識論の円環関係に、歴史的には当時の生物学・物理学的知見と本書の関係に着目しつつ、序論、第1章と第4章を読む。藤田は、哲学的には生命進化と技術の関係に、歴史的には後にベルクソン研究に大きな影響を与えることになるドゥルーズとの関係に注目しつつ、第2章を読む。杉山は、認識論的に大きな賭け金となる「知性と物質の同時発生」に関するベルクソン理論に焦点を合わせて第3章を読み、最後にベルクソン的な生の哲学の日本における受容を論じる。

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Phénoménologie (2009)

担当教員

フローランス・ケマックス、村上靖彦、鈴木泉

授業内容

「現象学への二つのアプローチ」
ここでは現象学について二つのアプローチが展開される。(1)現代哲学史のアプローチでは、はじめに特にサルトルとメルロ=ポンティを通して、有限性と自由の関係について現象学がどのように考えたのかを示す。次にドゥルーズの「超越論的経験論」の理念を基点として、現象学(フッサール、ラントグレーベ、メルロ=ポンティ、サルトル)が差異哲学と対比される。(2)応用現象学のアプローチでは、現象学の資源(メルロ=ポンティ、フッサール)を精神病理学の探究のために動員する。同じテキスト・ソースの二つのありうべき読解から出発して、これら二つのアプローチは現象学的思考の豊穣さを描き出す。現代哲学の根本問題の錬成への貢献、臨床的分野での実質的な成果は、就中、現象学の現代における二つの用法を構成しているのだ。

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Philosophie of Sciences (2009)

担当教員

安孫子信、エティエンヌ・バンブネ、金森修

授業内容

「科学と人間」
科学についての「哲学的反省」が科学哲学であるとして、伝統的な科学哲学、つまり形而上学的な認識論が19世紀以降退場していったその後に、それの「哲学的反省」の部分に取って代わっていったさまざまな試みが扱われる。まず取り上げられるのは、その「哲学的反省」そのものを科学に化そうとして新たな人間科学(社会学)を創始し、伝統的認識論を終息させたオーギュスト・コントの試みである(安孫子)。ついで扱われるのは、そのような人間科学の科学としての立ち位置を現象学の方法を借りて精緻にあぶりだし、人間科学の新たな次元を開いたメルロ=ポンティの科学論である(バンブネ)。そして最後に、近代科学を劇的に導入していった近代日本がそれに差し向けた、日本的な'哲学的反省' が問われる。それぞれ個性的な科学哲学を展開させた、橋田邦彦、下村寅太郎、大森荘蔵の3人が取り上げられる(金森)。

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