Hosei Erasmus Mundus Program Euro Pholosophy

Hosei Erasmus Mundus Program, Euro Pholosophy - Over the two academic years 2008-9 and 2009-10 at Hosei University, classes for the first semester of "Euro Philosophy", an EU Erasmus Mundus Master Program, have taken the form of one-month intensive lecture series. This is the first instance in Japan of administering such a large-scale intensive lecture series within the Erasmus Mundus Master Program.

Syllabus

Syllabus de cours du module « Philosophie des sciences » (2015)

■Thierry Hoquet (l'université Jean Moulin Lyon 3)
▶Titre :
Qu'est-ce que la science ? Approches et débats.
▶Résumé :
Le domaine intitulé « épistémologie » ou « histoire et philosophie des sciences » est un champ en perpétuel renouvellement. Différentes traditions proposent différentes approches du travail scientifique. Nous proposons un parcours de quatre courants essentiels qui structurent le champ de l'histoire et philosophie des sciences. Il s'agira à chaque fois d'aborder les thèses des principaux auteurs de ce courant et d'illustrer leur approche par quelques cas d'études empruntés aux différentes sciences de la nature (physique, chimie, biologie). On tentera d'évaluer la valeur de chacune des approches en soulignant la conception de la science qui s'en dégage.
Une fois ces approches exposées, on tentera de les croiser à partir de deux cas d'étude : la question des styles de raisonnement scientifique et particulièrement l'opération de modélisation ; la mise en question permanente de la nature de la science à partir des pseudo-sciences et de la critique relativiste des sciences.
▶Programme des séances et bibliographie :
Séance 1 : La philosophie générale des sciences
L'approche de la philosophie générale des sciences sera illustrée par la théorie de l'explication scientifique proposée par Carl Hempel. Le positivisme logique, dans la lignée de Carnap, canonise les règles de la méthode scientifique classique. Popper participe du courant du positivisme logique en ce qu'il recherche des règles méthodologiques invariables indépendantes de l'histoire. Carnap et Popper, en dépit de leur opposition terme à terme sur de nombreux points, ont en commun une conception générale de la science : aucun d'eux ne doute que la science ne soit notre meilleur exemple de pensée rationnelle ; ils accordent tous deux la distinction entre observation et théorie ; ils croient en l'unité de la science, ils reprennent l'un et l'autre la distinction, due à Hans Reichenbach, entre contexte de justification et contexte de découverte.
Bibliographie :
Carl Gustav Hempel, Aspects of scientific explanation and other essays in the philosophy of science, New York, Free Press, 1965.
-- Philosophy of natural science, Englewood Cliffs (NJ), Prentice Hall, 1966, trad. B. Saint-Sernin, Paris, Armand Colin, 1972.

Séance 2 : L'épistémologie historique
La question de l'épistémologie historique sera approchée à partir d'une double question : celle du discontinuisme et des révolutions scientifiques, celle de l'objectivité scientifique et de ses formes. On l'approchera à partir d'une présentation du nouvel esprit scientifique de Bachelard, des changements de paradigme de Kuhn, des formes successives de l'objectivité chez Daston et Gallison, et de l'ontologie historique de Hacking.
Il s'agira de rendre raison de la phrase avec laquelle Kuhn choisit d'ouvrir sa Structure des révolutions scientifiques : « L'histoire, si l'on consentait à la considérer comme autre chose que le reliquaire de l'anecdote ou de la chronologie, pourrait être à l'origine d'une transformation décisive de l'image de la science qui aujourd'hui nous possède. » Ce thème décisif a suscité une crise de la rationalité : peut-on accepter que la science ait une histoire ?
Bibliographie :
Gaston Bachelard, Le Nouvel esprit scientifique (1934), 17e éd., Paris, PUF-Quadrige, 1987.
Lorraine Daston & Peter Galison, Objectivity, New York, Zone, 2007, trad. Sophie Renaut & Hélène Quiniou, Objectivité, Dijon, Les Presses du réel, 2012.
Ian Hacking, Historical ontology. Cambridge, MA: Cambridge University Press, 2002.
Thomas Kuhn, The Structure of scientific revolutions (1962), nouvelle éd augmentée, Chicago, University Press, 1970, trad. Laure Meyer, La structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983.

Séance 3 : L'épistémologie féministe
L'épistémologie féministe interroge la neutralité de la science : et si la science était une construction masculine et non un édifice rationnel neutre ? La place des femmes dans l'édifice scientifique est-elle seulement celle d'objets, soumis au regard du savant mâle ? On étudiera l'intersection entre genre et science : non seulement la place des femmes en science, mais aussi la conception de la nature qui sous-tend le travail ou le « regard » scientifique. Le discours scientifique sur la différence des sexes sera également interrogé. On posera également la question de l'objectivité, au croisement des travaux de Sandra Harding, Donna Haraway et Helen Longino.

Bibliographie :
Evelyn Fox Keller, Reflections on gender and science, New Haven-London, Yale University Press, 1985.
Donna J. Haraway, « Situated knowledge : the science question in feminism as a site of discourse on the privilege of partial perspective », Feminist studies, 14-3 (1988), pp. 575-599 ; tr. D. Petit et N. Magnan, « Savoirs situés : la question de la science dans le féminisme et le privilège de la perspective partielle », in Manifeste cyborg et autres essais : sciences, fictions, féminismes, anthologie établie par Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan, Paris, Exils, 2007, pp. 107-142.
-- « Modest Witness » paru en 1996. Repris dans Donna J. Haraway, Modest_Witness@Second_Millennium.FemaleMan©_Meets_OncoMouse™ : feminism and technoscience, New York, Routledge, 1997 et dans The Haraway reader, New York-London, Routledge, 2004, pp. 223-250.
Sandra Harding, Whose science ? Whose knowledge ? Thinking from women's lives, Ithaca (NY), Cornell University Press, 1991.
Helen E. Longino, « Taking gender seriously in philosophy of science », PSA. Proceedings of the Biennial Meeting of the philosophy of science association, (1992), vol. 2, pp. 333-340.

Séance 4 : La sociologie des sciences
On étudiera différents courants réunis sous l'étiquette de « sociologie des sciences ». Tout d'abord, l'approche ethno-méthodologique, indifférente aux contenus des sciences et plutôt attentive à l'organisation des laboratoires et illustrée par les travaux de Latour et Woolgar.
Ensuite, la formulation du « programme fort » (strong program), qui intervient dans l'étude des sciences à la fois contre l'approche épistémologique (philosophique, en termes de vrai ou faux) et contre l'approche ethno-méthodologique. Le « programme fort » propose de revisiter les controverses scientifiques, à l'aide d'une méthode ramassée autour d'une formule : le principe de symétrie. David Bloor, dans un article classique [1976, trad. 1982], a proposé un principe de symétrie dans les explications : appliquer la même explication à ceux qui gagnent et à ceux qui perdent, quitte à rejeter la question de la vérité ou de la fausseté de la science.
Bibliographie :
David Bloor, « Socio/logie de la logique ou les limites de l'épistémologie », Pandore, 1982, pp. 3-26.
Bruno Latour, Science in action. How to follow scientists and engineers through society, Milton Keynes, Open University Press, 1987, trad. Michel Biezunski, La Science en action, Paris, La Découverte, 1989.
Bruno Latour & Steve Woolgar, Laboratory life, the construction of scientific facts, Sage Publication, 1978, trad. Michel Biezunski, La Vie de laboratoire. La production des faits scientifiques, Paris, La Découverte, 1988.
Ludwik Fleck, Genesis and development of a scientific fact, trad. Bradley et Trenn, Chicago, University Press, 1979.
Stephen Shapin, « The invisible technician », American Scientist, 77 (1989), 554-563.
Steven Shapin et Simon Schaffer, Léviathan et la pompe à air. Hobbes et Boyle entre science et politique. Paris, La Découverte, 1993.

Séance 5 : Modéliser en science
Lorsque la philosophie des sciences réfléchit à ce qui caractérise l'activité scientifique, il est difficile de trouver une formulation qui résume l'ensemble de l'activité scientifique sous un seul chapitre. La philosophie des sciences est donc nécessairement pluraliste si elle veut être attentive aux divers registres de l'activité scientifique. Cette séance sera consacrée à la modélisation.
Bibliographie :
Alain Badiou, Le Concept de modèle. Introduction à une épistémologie matérialiste des mathématiques, Paris, Maspéro, 1969.
Alistair Cameron Crombie, Styles of scientific thinking in the European tradition, London, Duckworth, 1994.

Séance 6 : Science, pseudo-science, relativisme
Dans cette séance de conclusion, on tentera de faire le point sur les caractères propres du raisonnement scientifique. Pour cela on contrastera particulièrement le raisonnement scientifique à ce qui n'est pas lui, ou à ce qui le singe. Ainsi, la question des pseudo-sciences sera centrale. Mais on envisagera également les arguments radicaux de Paul Feyerabend pour qui la science n'est qu'un mode de raisonnement parmi d'autres possibles, tout aussi légitimes.
Bibliographie :
Paul Feyerabend, Against Method, London, New Left Books, 1975, trad. fr. B. Jurdant et A. Schlumberger, Contre la méthode. Esquisse d'une théorie anarchiste de la connaissance, paris, Seuil, 1979.
Aleksandra Kroh, Petit traité de l'imposture scientifique, Belin-Pour la science, 2009.
R.K. Merton, « Science and the social order », Philosophy of science, 5 (1938), pp. 321-337 ; repris dans The Sociology of science. Theoretical and empirical investigations, Chicago, University of Chicago Press, 1973, pp. 254-266.
▶Dates et horaires
6 séances de cours:
1.Mar7/4 (10h-12h)
2.Mer 8/4 (10h-12h)
3.Mer 8/4 (13h-15h)
4.Jeu 9/4 (10h-12h)
5.Jeu 9/4 (13h-15h)
6.Ven10/4 (10h-12h)

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■Jean-Marc Levy-Leblond (l'université de Nice)
▶Titre :
Épistémologie
▶Résumé et programme des séances:
Séance 1 : Les découvertes philosophiques négatives de la physique contemporaine
L'impact philosophique de la physique ne saurait être mieux pensé que dans la perspective ainsi énoncée par Merleau-Ponty : « Le sens de la physique est de nous faire faire des « découvertes philosophiques négatives » en montrant que certaines affirmations qui prétendent à une validité philosophique n'en ont pas en vérité [...]. La physique détruit certains préjugés de la pensée philosophique et de la pensée non-philosophique sans pour autant être une philosophie [...]. Elle provoque la philosophie à penser des concepts valables dans la situation qui est la sienne. De fait, bien des acquis de la physique contemporaine obligent à mettre en question certaines formes générales de nos représentations du monde, jusque dans leurs énoncés philosophiques élaborés.
Certes, dès les débuts de la physique au sens moderne du terme, c'est-à-dire avec lacoupure galiléenne du début du XVIIe siècle, puis avec ses développements des XVIIIe et XIXe siècles, nombre d'idées reçues qui structuraient (et souvent structurent encore...) nos conceptions se virent remises en cause: la mobilité de la Terre, l'existence du vide, l'homogénéité des phénomènes terrestres et célestes, la prégnance de forces indétectables par nos sens (électricité, magnétisme) - autant de découvertes imposant une considérable distanciation entre nos perceptions et nos conceptions. Mais, à compter de la fin du XIXe siècle, les sciences physiques allaient faire subir aux catégories générales de la pensée des ébranlements plus considérables encore - ou, pour le dire positivement, allaient permettre d'assouplir et d'affiner ces catégories. C'est ce que l'on examinera au travers des notions d'espace, de temps, de matière, de causalité, etc., telles que la physique contemporaine les pense.

Séance 2.: La langue du « Grand Livre de la Nature »
Si la science paraît difficile à comprendre, ne serait-ce pas qu'elle s'exprime mal ?Ne faut-il pas la "prendre aux mots" en commençant par examiner ceux-ci de façon critique ? La science se parle et s'écrit. Mais cette constatation triviale débouche sur de sérieux problèmes au regard de la désinvolture linguistique dont fait preuve la science contemporaine. Autrement dit, et pour retourner le cliché einsteinien, la langue tire la science -- mais dans quel sens ? La science classique, au dix-neuvième siècle en particulier, s'est caractérisée par une activité langagière intense, se livrant à une production inventive et à une analyse critique de son vocabulaire. La science du vingtième siècle fait preuve à cet égard d'une étonnante désinvolture, dévaluant la langue commune au profit d'écritures symboliques et rabattant la création terminologique sur la trouvaille publicitaire (big bang, quark...). Les conséquences négatives, épistémologiques et pédagogiques, en sont lourdes. Le cas de la physique moderne est ici emblématique. Une étude du rôle complexe de la langue dans l'activité scientifique (à la fois sur les plans de la production, de l'évaluation et de la transmission des savoirs) montre ainsi l'importance d'une pratique langagière consciente et déterminée, ce qui appelle une réflexion sur les mutations nécessaires des formes actuelles de la recherche scientifique. Au-delà, c'est toute la question des relations de la science avec la culture qui est posée. Cette thématique permet d'aborder la question difficile de l'universalité de la science. Car si la production de savoirs est sans aucun doute une caractéristique de toute société humaine, les formes et les fonctions de ces savoirs ont connu de telles variations que les considérer comme relevant d'une science universelle ne rend guère justice à l'intérêt et à la fécondité de leur diversité culturelle. Et paradoxalement, si la mondialisation aujourd'hui tend à unifier la pratique des sciences contemporaines dans l'espace géographique, elle en engage simultanément une profonde mutation dans le temps historique.

Séance 3.:Une introduction à la physique moderne de l'espace-temps
La relativité einsteinienne a considérablement modifié nos représentations de la temporalité -- et de la spatialité. Mais ces mutations ne peuvent être comprises sans refaire le point sur la théorisation classique (Galilée, Newton) de l'espace et du temps, qui rompait déjà avec les conceptions communes. Avec un recul d'un siècle désormais, il est possible de présenter la relativité einsteinienne en dissipant nombre des confusions conceptuelles dont elle a été victime (à commencer par sa dénomination), des pseudo-paradoxes qui l'accompagnent ("dilatation des temps", etc.) et des commentaires médiatiques infondés. Elle apparaît alors comme une réforme (certes profonde) qui stabilise l'édifice théorique de la physique, plutôt que comme une révolution qui l'ébranlerait.
▶Bibliographie :
-- Gaston Bachelard, Le Rationalisme appliqué, Presses universitaires de France, Paris, 1949 ['Quadrige', 2004]
-- Paul Feyerabend, Against Method ; trad. fr. de Baudouin Jurdant, Contre la Méthode, Seuil ('Science Ouvert'e), Paris, 1979 ['Points-Sciences', 1988].
-- Paul Langevin, La Notion de corpuscule et d'atome, Hermann (Actualités scientifiques), Paris, 1934; repris dans Paul Langevin, Propos d'un physicien engagé, Vuibert, Paris, 2007
-- Jean-Marc Lévy-Leblond, Aux Contraires, Gallimard, 1996
-- Jean-Marc Lévy-Leblond, De la matière (relativiste, quantique, interactive), Seuil, 2006
-- Maurice Merleau-Ponty, La Nature, Seuil ('Traces écrites'), Paris, 1995
▶Dates et horaires :
3 séances de cours:
1.Lun11/5 (10h-12h)
2.Mar12/5 (10h-12h)
3.Mer13/5 (10h-12h)

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■Élie During (l'université de Paris Ouest Nanterre)
▶Titre :
Le contrecoup philosophique de la relativité : Einstein chez les philosophes
▶Résumé :
La théorie de la relativité associée au nom d'Einstein, dans sa version restreinte (1905) puis générale (1916), a été perçue par les contemporains comme une véritable révolution conceptuelle dont les effets débordaient le strict domaine de la physique. Elle forçait en effet le sens commun, et jusqu'à un certain point l'intelligence philosophique, à un violent effort de réajustement de ses notions les mieux établies, à commencer par celle de temps. Plus profondément, elle introduisait un nouveau style théorique, et peut-être un nouveau type de nouage entre rationalité scientifique et pensée philosophique. Natorp, Cassirer, Reichenbach, Schlick, Carnap, Russell, Whitehead, Brunschvicg, Bergson, Meyerson, Bachelard : la liste est longue des philosophes qui ont éprouvé la nécessité de réformer ou de donner un prolongement inattendu à leurs idées au contact d'Einstein. On pourrait y ajouter les noms de quelques savants, de Poincaré à Gödel en passant par Langevin, Eddington ou Weyl. Bergson ne s'y est pas trompé : mieux qu'une nouvelle théorie physique, la relativité introduit « une nouvelle manière de penser ». Elle pose des problèmes d'ordre épistémologique concernent le statut de l'a priori dans la constitution de l'objet physique, la fonction des principes et des conventions, le rôle de la mesure, les rapports entre géométrie et physique, la signification des notions de perspective et d'invariance dans la représentation scientifique du changement ; dans un registre plus métaphysique, il est question de la nature du temps, de son caractère subjectif ou objectif, du fondement de sa distinction d'avec l'espace ; on s'interroge enfin sur la réalité de l'« espace-temps » à quatre dimensions, le primat des catégories de relation ou d'événement par rapport à celle de substance, la persistance des objets dans le temps, ou encore la signification de la causalité et son rôle dans la constitution de l'univers comme totalité. Tous ces problèmes sont encore discutés aujourd'hui. Nous en évoquerons quelques uns en prêtant attention à la manière dont ils s'inscrivent dans trois configurations sensibles de la première réception philosophique de la relativité : 1° le néo-kantisme et le positivisme logique avec Cassirer et Reichenbach, 2° les philosophies du processus avec Whitehead et Bergson, 3° le nouveau rationalisme de Brunschvicg et surtout de Bachelard.
▶Programme des séances et bibliographie :
SEANCE I. PEUT-ON RELATIVISER L'A PRIORI ? (CASSIRER ET REICHENBACH)
Ernst Cassirer,
-La Théorie de la relativité d'Einstein : éléments pour une théorie de la connaissance [1921], éd. Jean Seidengart, Paris : Éditions du Cerf, 2000.
Hans Reichenbach,
-« La signification philosophique de la théorie de la relativité », Revue Philosophique de la France et de l'Etranger, 94 (2), 1922, p. 5-61.
- The Philosophy of Space and Time, New York : Dover reprints, 1958.

SEANCE II. LA PHILOSOPHIE DE LA NATURE APRES EINSTEIN (WHITEHEAD ET BERGSON)
Henri Bergson,
-Durée et simultanéité : à propos de la théorie d'Einstein, Paris : Alcan (rééd. PUF, 2009).
Alfred N. Whitehead,
-The Concept of Nature [1920] ; Le Concept de nature, éd. et trad. Jean Douchement, Paris : Vrin, 1998 (reed. 2006).
- The Principle of Relativity [1922], Cambridge : The University Press (rééd. Dover, 2004).

SEANCE III. UN NOUVEL ESPRIT SCIENTIFIQUE (BRUNSCHVICG ET BACHELARD)
Gaston Bachelard,
-La Valeur inductive de la relativité, Paris : Vrin, 1929. Nouvelle édition 2014.
- La Dialectique de la durée [1936], Paris : Presses Universitaires de France, 2001 (3e éd.).
- « La dialectique philosophique des notions de la relativité » (1949), in L'Engagement rationaliste de la physique contemporaine, Paris : PUF, 1972.
Léon Brunschvicg,
-L'Expérience humaine et la causalité physique, Paris : Félix Alcan, 1922.
Émile Meyerson,
-La Déduction relativiste, Paris : Payot, 1925.
-La révolution einsteinienne et ses conséquences philosophiques

Lectures conseillées sur la théorie de la relativité :
Henri Poincaré,
-« La mesure du temps » [1898], in La Valeur de la science [1906], Paris : Flammarion, 1970, chap. 2.
Paul Langevin,
-« L'évolution de l'espace et du temps » [1911], repris dans Propos d'un physicien engagé pour mettre la science au service de tous, éd. B. Bensaude-Vincent, Paris : Vuibert/SFHST, 2007, p. 109-131.
Albert Einstein,
-La Théorie de la relativité restreinte et générale [1916], tr. fr. M. Solovine, Paris : Gauthier-Villars. Nouvelle édition Dunod, 2004, chap. 8 et 9.
John Norton,
-« Einstein's special theory of Relativity and the Problems in the Electrodynamics of Moving Bodies that Led Him to it », in The Cambridge Companion to Einstein, M. Janssen & C. Lehner (dir.), Cambridge : Cambridge University Press, 2014, chap. 2.
▶Date et horaires :
3 séances de cours :
1.Lun18/5 (15h30-17h30)
2.Mar19/5 (15h30-17h30)
3.Mer20/5 (15h30-17h30)

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■Tetsuya Kono (l'université Rikkyo, Tokyo)
▶Titre :
Philosophie phénoménologique de l'environnement
▶Résumé, programme des séances et bibliographie:
Dans mes cours, je voudrais développer une philosophie de l'environnement en se référant à la phénoménologie.

Séance 1. Éthique de l'environnement :
Introduction des problèmes de l'environnement et la discussion sur les concepts fondamentaux dans l'éthique de l'environnement : l'écologie profonde, la valeur intrinsèque de la nature, biocentrisme, la durabilité, le pragmatisme éthique de l'environnement, l'écoféminisme, la diversité bio-culturelle, « Flux-of-Nature paradigme ».
Références
Thoreau, H.D. (1854). Walden.
Leopoldo, A. (1966). A Sand Country Almanac.
Carson, R.L. (1941). Under the Sea-Wind.
Jamieson, D. (Ed.) (2001). A Companion to Environmental Philosophy. Blackwell.
Light, A. & Rolston III, H. (2003). Environmental Ethics. Blackwell.
McIntosh, R.P. (1985). The Background of Ecology. Cambridge.

Séance 2. Le débat sur « wilderness » :
La discussion sur le concept de « wilderness ». Le concept de la « conservation » et la « préservation » ; Le mouvement d'établir « Parc national », Qu'est-ce que « wilderness » ? Les critiques sur le concept de « wilderness », Le tourisme et « wilderness ».
Références
Callicott, J.B. (1994). Earth's Insights. University of California Press.
Callicott, J.B. & Nelson, M.P. (1998). The Great New Wilderness Debate. The University of Georgia Press.
Nelson, M.P. & Callicott, J.B. (2008). The Wilderness Debate rages on. The University of Georgia Press.
Oelschaeger, M. (1991). The Idea of Wilderness. Yale University Press.

Séance 3. Le concept du « Fûdo » (Milieu) de Tetsuro Watsuji et son développement :
Qu'est-ce que le « Fûdo » ? Les critiques à la philosophie de Watsuji ; Augustin Berque et le développement du concept de « Fûdo » ; Fûdo et wilderness ; Vers l'ontologie de l'entier relationnel (Whitehead, Bergson, Taoïsme, etc.)
Références
Berque, A. (1995). Nihon no fûdosei (La Médiance nippone). NHK Ningen Daigaku.
Berque, A. (1996). Chikyu to sonzai no tetsugaku (La philosophie de la Terre et l'être). Chikuma-Shinsho publisher.
Watsuji, T. (1935). Fûdo: Ningen-gaku-teki-Kosatsu. Fûdo. Le milieu humain, Paris, Éditions du CNRS, 2011, traduit par A. Berque.
▶Dates et horaires :
3 séances de cours:
1.Mar 9/6 (10h-12h)
2.Mar 9/6 (13h-15h)
3.Mar 9/6 (15h30-17h30)