Hosei Erasmus Mundus Program Euro Pholosophy

Hosei Erasmus Mundus Program, Euro Pholosophy - Over the two academic years 2008-9 and 2009-10 at Hosei University, classes for the first semester of "Euro Philosophy", an EU Erasmus Mundus Master Program, have taken the form of one-month intensive lecture series. This is the first instance in Japan of administering such a large-scale intensive lecture series within the Erasmus Mundus Master Program.

Syllabus

Syllabus de cours du module « Métaphysique » (2015)

■Masato Goda (l'université Meiji, Tokyo)
▶Titre :
Ellipse errant ― Derrida/Deleuze
▶Résumé et programme des séances :
En déplorant la mort de Gilles Deleuze, Jacques Derrida écrit comme suit : ''Je continuerai ou recommencerai à lire Gilles Deleuze pour apprendre, et il me faudra errer tout seul dans ce long entretien que nous devions avoir ensemble'' (Chaque fois unique, la fin du monde, Galilée, 2003, p.238) Quel serait donc pour nous ''ce long entretien''qu'ils auraient dû faire ? Comme le remarque Adorno, la ressemblance apparente entre les deux philosophes originauzx ne serait qu'un produit ou effet de la myopie intellectuell. Oui, mais excepté quelques essais (de Jaen-Luc Nancy, de Jean-Clet Martin etc.), on a, me semble-t-il, si aisement opposé ces deux philosophes que même les traces évidentes de leur interférences ont été supprimées. En effet, la méthode de recherches de Derrida comme celle de Deleuze pourraient être caractérisées comme ''empirisme transcendental'' (Husserl) ou comme ''empirisme superieur''(Schelling). Et comment nier la correspondance tres nette entre l'analyse dans De la grammatologie sur ''le sauvage, le barbare, le civilisé'' et le troisième chapitre de l'Anti-Oedipe ? C'est Derrida qui a utilisé le mot ''géo-logie'' dans son commentaire de l'Origine de la géométrie bien avant Deleuze/Guattari, n'est-ce pas ? Et pourtant, pourquoi Derrida, ce découvreur d'Antonin Artaud, n'a pas mentionné ''le corps sans organes'' à la différence de Deleuze/Guattari ? De plus, Derrida lui-même avoue que ''Quand j'écrivais sur Marx au plus mauvais temps, il y a trois ans, je me rassurais un peu en apprenant qu'il projetait de le faire aussi.''(id.).
Dans ces conditions, nos trois cours de cette année seront consacrés à analyser les aspects des fronts de la guerre -- au sens de polemos (Heidegger)-- Derrida/Deleuze.
1 : D'un bord à l'autre. Deux philosophes de la ''limite''
2 : Différance, différenciation/différentiation et le capitalisme.
3 : ''Machine de guerre'' et non-Europe
▶Bibliographie :
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▶Dates et horaires:
3 séances de cours:
1.Mer15/4 (15h30-17h30)
2.Lun 20/4(15h30-17h30)
3.Mer22/4 (15h30-17h30)

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■Kazuyuki Hara (l'université de Tokyo)
▶Titre :
L'élaboration conceptuelle du « désir » chez Lacan-La question de « l'Autre » et de son être
▶Résumé :
Dans ce cours nous nous proposons d'examiner les discussions que Jacques Lacan a déployées depuis sa thèse en médecine en 1932 jusqu'au début des années 70, en nous centrant sur l'élaboration de la notion lacanienne de « désir », élaboration qui s'effectue au contact certes mais finalement à une certaine distance de Hegel et de Saussure, afin d'articuler ce qu'il en était de la refonte lacanienne du complexe d'Œdipe, ainsi que ce que cette refonte aurait ouvert comme perspective proprement psychanalytique sur la question de l'être qui tournera chez Lacan autour de celui de « l'Autre » .
▶Programme des séances :
Cours 1 : Lacan et Hegel - Du « postulat du désir » au « désir du désir », ou l'Autre philo-sophique
Cours 2 : Lacan et Saussure - Du « signifiant » à la « chaîne signifiante », ou l'Autre linguistique
Cours 3 : Lacan et Freud - Du « complexe d'Œdipe » à « la dialectique du désir », ou l'Autre psychanalytique
▶Bibliographie:
Les travaux de Jacques Lacan :
- De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité suivi de Premiers Ecrits sur la paranoïa. Ed. du Seuil, Paris, 1975.
- Ecrits, Ed. du Seuil, Paris, 1966.
- Autres écrits, Ed. du Seuil, Paris, 2001.
-Le Séminaire (texte établi par Jacques-Alain Miller, Ed. du Seuil, Paris) :
Livre I Les écrits techniques de Freud, 1975, 316 p.
Livre II Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, 1978, 375 p.
Livre III Les psychoses, 1981, 363 p.
Livre IV La relation d'objet, 1994, 435 p.
Livre V Les formations de l'inconscient, 1998, 522 p.
Livre VII L'éthique de la psychanalyse, 1986, 375 p.
Livre VIII Le transfert, 2001, 2e édition, 461 p.
Livre X L'angoisse, 2004, 396 p.
Livre XI Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1973, 312 p.
Livre XIV La logique du fantasme, inédit.
Livre XVI D'un Autre à l'autre, 2006, 430 p.

D'autres travaux :
Badiou, Alain, Lacan. L'antiphilosophie 3. 1994-1995, Fayard, Paris, 2013.
Balmès, François, Ce que Lacan dit de l'être(1953-1960), PUF, Paris, 1999.
Benveniste, Emile, Problèmes de linguistique générale, I, Tel/Galli¬mard, 1966.
Hara Kazuyuki, Amour et savoir ― Etudes lacaniennes, Collection UTCP, Tokyo, 2011 (la version en PDF téléchargeable depuis le site d'internet de l'UTCP (The University of Tokyo Center for Philosophy).
http://utcp.c.u-tokyo.ac.jp/publications/ 2011/04/collection_utcp_9/
Heidegger, Martin, Nietzsche, 2 vols., Paris, Gallimard, 1971.
Kojève, Alexandre, Introduction à la lecture de Hegel, Paris, Tel/Gallimard, 1947.
Saussure, Ferdinand de, Cours de linguistique générale. Edition critique préparée par Tullio de Mauro avec la postface de Louis-Jean Calvet (1985), Ed. Payot, Paris, 1972.
Alain Badiou et ce qui rapproche et éloigne Lacan de Heidegger
▶Dates et horaires :
3 séances de cours :
1.Ven17/4 (15h30-17h30)
2.Ven24/4 (15h30-17h30)
3.Lun27/4 (15h30-17h30)

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■Hisashi Fujita (l'université Kyushu Sangyo, Fukuoka)
▶Titre :
Ricoeur et l'ombre de Bergson
▶Résumé :
Un penseur a toujours son ombre. L'ombre n'est pas un ennemi ; on ne peut se confronter avec. L'ombre, bon gré mal gré, on ne la quitte jamais. Presque comme le spectre, elle suit. Parfois, même à travers la déformation ou défiguration, elle suggère quand bien même la figure ou forme de la personne. Henri Bergson est l'ombre de Paul Ricœur. Cette hypothèse est notre point de départ.
L'itinéraire philosophique de Paul Ricœur (1913-2005) se divise en trois périodes, nous semble-t-il, et dans chaque période se trouvent - mais pas de la même façon - les débats irremplaçables avec Henri Bergson (1859-1941). Disons, tout se passe comme si Ricœur passait de Chamisso à Tanizaki, de L'étrange histoire de Peter Schlemihl ou l'homme qui a vendu son ombre à l'Eloge de l'ombre. Pour examiner les traces de ces dialogues intérieures avec l'ombre, sur le temps, sur la métaphore et sur la mémoire, nous aborderons quelques ouvrages majeurs de Ricœur et Bergson.
▶Programme des séances et bibliographie :
1re séance :
Examen de la 1re phase (1950s-1960s) de la philosophie réflexive et de la phénoménologie.
Bibliographie (à titre indicatif) :
-Ricœur, Philosophie de la volonté. Tome I : Le volontaire et l'involontaire, Aubier, 1950.
-Bergson, Essai sur les données immédiates de la conscience (1889).

2e séance :
Examen de la 2nd phase (1970s-1980s) des études herméneutiques et poético-littéraires.
Bibliographie (à titre indicatif) :
-Ricœur, La métaphore vive, Le Seuil, 1975.
-Bergson, La pensée et le mouvant (1934).

3e séance :
Examen de la 3e phase (1990s-2000s) des études juridico-politiques et religieuses.
Bibliographie (à titre indicatif) :
- Ricœur, La mémoire, l'histoire, l'oubli, Le Seuil, 2000.
- Bergson, Matière et mémoire (1896).
▶Dates et horaires :
3 séances de cours:
1.Ven15/5 (10h-12h)
2.Ven15/5(13h-15h)
3.Sam16/5(10h-12h)

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■Chiara Mengozzi (l'université de Hradec Králové, Czech)
▶Titre :
La lutte pour la reconnaissance entre philosophie et littérature: scénarios (post)coloniaux
▶Résumé:
Le cours vise à traiter le problème du rapport à l'altérité par le biais de la dialectique hégélienne du maître et de l'esclave et de ses réécritures postcoloniales philosophiques et littéraires. Parmi les innombrables interprétations du chapitre hégélien, il est possible de délimiter un courant de réappropriations qui situe la lutte pour la reconnaissance dans un cadre concret de rapports de domination et de subordination, celui de la colonisation. Par ailleurs, dans l'essai Hegel and Haïti (2000), Susan Buck-Morss non seulement démontre que Hegel était au courant de la lutte des esclaves d'Haïti guidée par Toussaint Louverture, mais encore soutient que, pour bien comprendre les pages les plus célèbres de la Phénoménologie de l'esprit, il ne faudrait pas négliger les événements coloniaux auxquels Hegel s'est probablement inspiré. Les premiers à avoir l'intuition que la lutte pour la reconnaissance formulée par Hegel peut être un instrument heuristique pour interpréter et modifier les rapports entre colonisateurs et colonisés furent Jean-Paul Sartre dans l'Orphée noir (1948) et Franz Fanon dans Peau noire, masques blancs (1952). En effet, ce dernier décrit la condition existentielle du colonisé en assimilant Hegel à travers la leçon sartrienne de L'Etre et le Néant et la médiation d'Alexandre Kojève, dont les cours sur la phénoménologie de l'Esprit entre 1933 et 1939 à l'Ecole des Hautes études de Paris et publiés en 1947 eurent une influence considérable dans la réception européenne de la pensée hégélienne. Dans la littérature contemporaine traitant le problème du rapport à l'altérité coloniale, la dialectique du maître et de l'esclave est un thème récurrent que l'on va analyser dans trois romans majeurs du contexte italophone, francophone et anglophone : Tempo di uccidere (Un temps pour tuer) d'Ennio Flaiano, Vendredi ou les limbes du Pacifiques de Michel Tournier et Waiting for the Barbarians (En attendant les barbares) de J. M. Coetzee. Bien que les trois auteurs « dialoguent » et jouent ouvertement avec la philosophie, l'enjeu de notre lecture ne sera pas celui d'illustrer par le moyen d'un exemple littéraire des thèses philosophiques déjà données, mais plutôt celui d'apprendre à « penser » avec la littérature. La littérature avec ses propres moyens (usage de la langue, focalisation, statut du narrateur etc.) nous permettra d'approfondir le problème de la lutte pour la reconnaissance illustrée par les philosophes tantôt en montrant les impasses des solutions atteintes au niveau de la réflexion théorique, tantôt en mettant en relief les aspects négligés du rapport à autrui.
▶Modalité de travail:
Comme il s'agit d'un séminaire d'analyse de textes, je mettrai en ligne les extraits sur lesquels nous allons travailler avec une approche close reading. Les étudiants sont censés avoir déjà lu attentivement les passages pour participer au débat. Les étudiants qui le désirent pourront proposer un exposé d'une durée de 15 minutes sur l'un des extraits que nous allons ensuite commenter ensemble.
▶Programme des séances :
Première séance : La lutte pour la reconnaissance, ses interprétations et réappropriations
Après une introduction qui illustrera le parcours proposés dans les six séances, nous analyserons le passage sur la dialectique du maître et l'esclave contenu dans la Phénoménologie de l'esprit de Hegel, en suivant comme guide la lecture de Kojève. D'un côté, nous mettrons en relief les deux possibles « versants », intersubjective et historique, déjà coexistants dans le texte hégélien ; de l'autre, nous préciserons les différences entre Hegel et Kojève, notamment le rôle attribué à l'esclave comme moteur du progrès humain, social et historique.

Deuxième séance : Les poétiques de l'oppression et les pratiques de la rébellion
A la fois Sartre, dans l'Orphée noir, et Fanon, dans le chapitre Le noir et Hegel du livre Peau noire, masques blancs, utilisent la dialectique du maître et l'esclave comme paradigme pour interpréter et modifier les rapports entre les colonisateurs et les colonisés. Tous les deux sont, en outre, influencés par la relecture de Hegel fait par Kojève. Cependant, Sartre et Fanon s'éloignent sur plusieurs points : tandis que le premier, en essayant d'équilibrer l'existentialisme et la philosophie marxiste de l'histoire, finit par encadrer l'action révolutionnaire du noir dans un paradigme dialectique déjà donné, le deuxième renouvèle un dialogue serré avec Hegel, attribue un sens et un rôle nouveaux à la lutte et, surtout, il rend explicite le cadre normatif qui précède et rend possible la relation agonistique illustrée dans la dialectique hégélienne.

Troisième séance: Sartre ou l'échec d'une reconnaissance mutuelle
Bien que Sartre, dans l'Etre et le Néant, ne traite aucunement la question coloniale, le célèbre chapitre « le regard » est central dans notre parcours pour maintes raisons. D'abord, Sartre fait de la lutte pour la reconnaissance le noyau central du rapport quotidien à autrui, deuxièmement, il introduit des thèmes qui deviendront centraux dans l'analyse des romans (tels que le regard et la honte) et enfin, il évoque implicitement l'échec et les impasses du raisonnement philosophique sur le terrain de l'intersubjectivité.

Quatrième séance : Le regard, la faute et le refoulement
Le chef d'œuvre d'Ennio Flaiano, Un temps pour tuer (1947 - Prix Strega la même année) situe la lutte pour la reconnaissance dans le contexte précis de la colonisation italienne de l'Éthiopie et introduit, à la différence des philosophes traités, l'élément de la faute et du pardon qui permettent de concevoir en même temps l'asymétrie et la réciprocité dans le rapport à autrui. En outre, en jouant sur le point de vue non fiable du narrateur (la seule voix du roman) et en mettant en scène un narrataire interne au récit, le roman met directement en cause le lecteur et suggère les responsabilités collectives refoulées dans le contexte italien de l'après-guerre.

Cinquième séance : Talking-back et parodies
Le roman de Tournier, Vendredi ou les Limbes du Pacifique (1967 - Grand prix du roman de l'Académie française la même année), quoique écrit par un auteur d'origine française, s'inscrit dans la pratique postcoloniale du talking back (pastiche et réécriture du canon littéraire occidental) dont on va souligner les enjeux esthétiques, philosophiques et politiques. Tournier, en s'inspirant probablement de Nietzsche et en introduisant l'élément du rire blasphème, du jeu et de la sexualité aboutit à une remarquable parodie de la dialectique hégélienne et à un radical décentrement du sujet obligé non seulement à imaginer, mais encore à incarner le point de vue de l'autre.

Sixième séance : Coetzee et la dialectique de la civilisation et de la barbarie
En attendant les barbares du romancier Sud-Africain J. M. Coetzee (prix Nobel en 2003) ne fait pas référence à un contexte ou à une époque déterminés. Toutefois, la relation entre les représentants de l'Empire et les Barbares peut être lue comme un rapport de type colonial. Coetzee, encore une fois, comme dans le cas de Flaiano, nous oblige à adopter une perspective radicalement restreinte sur le personnage appartenant au groupe qui détient le pouvoir : la figure ambiguë du Magistrat. Le roman, tout en nous poussant à une contre-focalisation dans l'espoir toujours frustré de saisir le point de vue de l'autre, remet en cause le desideratum hégélien, celui d'une reconnaissance mutuelle à partir d'une réciprocité absolue. Non seulement, en mettant en scène une multitude de « figures de l'altérité » (jusqu'à l'altérité des animaux), le roman détruit toute opposition binaire et nous oblige à penser que les frontières entre les « maîtres » et les « esclaves » sont plurielles et constamment en mouvement.
▶Bibliographie essentielle:
Coetzee, J. M., Waiting for the Barbarians, London, Martin Secker and Warburg, 1980 (tr. fr. En attendant les barbares, par S. Mayoux, Paris, Ed. du Seuil, 1987.
Fanon, F., Peaux noirs, masques blanches, Paris, Seuil, 1952, p. 175-180.
Flaiano, E., Tempo di uccidere, Milano, Longanesi, 1947 (tr. fr. Un temps pour tuer, par Frédérique et G. Charbonnier, Paris, Gallimard, 2009).
Hegel, G.W.F., La phénoménologie de l'esprit (1806-1807), t.1, (tr. fr. par J. Hyppolite, Paris, éd. Aubier Montaigne, 1941, pp. 155-166.)
Kojève A., Introduction à la lecture de Hegel, Paris, Gallimard, 1947, pp. 11-34
Sartre, J.-P., Orphée noir, préface à L.S. Senghor (éd.), Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de la langue française, Paris, P.U.F. pp. IX-XLIV.
----. L'Etre et le Néant, Paris, Gallimard, 1943, pp. 292-341. (3ème partie, chap. I, § 4 « Le regard »).
Tournier, M., Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Paris, Gallimard, 1967.
▶Date et horaires :
6 séances de cours :
1.Jeu21/5(13h-15h)
2.Ven22/5(13h-15h)
3.Lun25/5(13h-15h)
4.Mar26/5(13h-15h)
5.Mer27/5(13h-15h)
6.Jeu28/5(13h-15h)