Hosei Erasmus Mundus Program Euro Pholosophy

Hosei Erasmus Mundus Program, Euro Pholosophy - Over the two academic years 2008-9 and 2009-10 at Hosei University, classes for the first semester of "Euro Philosophy", an EU Erasmus Mundus Master Program, have taken the form of one-month intensive lecture series. This is the first instance in Japan of administering such a large-scale intensive lecture series within the Erasmus Mundus Master Program.

Syllabus

Syllabus de cours du module « Philosophie des sciences » (2014)

■Arnaud FRANÇOIS (Université de Toulouse II-Le Mirail)
Les sources scientifiques de L'évolution créatrice

▶Nous nous intéresserons, dans ce séminaire, aux sources scientifiques, et particulièrement biologiques, de Bergson, telles qu'elle sont mobilisée, principalement, dans L'évolution créatrice (1907). Non seulement les sources néo-darwiniennes, mutationnistes, orthogénétiques et néo-lamarckistes d'une manière, mais aussi la théorie de Cope, celle de Haeckel (qui, à l'inverse, est étrangement absente du livre), et même la thermodynamique de Boltzmann en tant qu'elle a pu servir de contre-modèle aux raisonnements thermodynamiques qui alimentent les réflexions bergsoniennes sur la vie. C'est alors qu'il deviendra possible de s'interroger sur le degré de pertinence, et même sur la nature de la pertinence en question, que l'on peut attribuer à L'évolution créatrice en biologie, et en philosophie de la biologie, aujourd'hui : être bergsonien dans ces domaines à l'heure actuelle ne saurait consister à défendre les thèses ou, a fortiori, à soutenir les images développées par le philosophe en 1907 (telles que celle de l' « élan vital »), mais on est bergsonien de fait, aujourd'hui, dès lors que l'on accepte au moins l'une de deux manières suivantes, effectivement présentes quant à elles dans les champs scientifique et épistémologique, de poser les problèmes biologiques : en termes de dissociation plutôt que d'association, en termes d'irréversibilité plutôt que d'écoulement indifférent du temps.

▶Bibliographie indicative:
Bergson, Henri, L'évolution créatrice (1907), Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2007, 696 p.
Cope, Edward D., The Primary Factors of Organic Evolution, Chicago, The Open Court Publishing Company, 1896, 547 p.
François, Arnaud, « Les sources biologiques de L'évolution créatrice de Bergson » (2007), in Frédéric Worms et Anne Fagot-Largeault (éds.), Annales bergsoniennes, t. IV : L'évolution créatrice (1907-2007) : épistémologie et métaphysique, Paris, PUF, coll. « Épiméthée », 2008, p. 95-109
François, Arnaud, « L'actualité de L'évolution créatrice : de l'irréversibilité à l'individuation », in Jean-Louis Vieillard-Baron et Tamas Ulmmann (éds.), avec la collaboration de Stéphanie Favreau et Patricia Verdeau, Actualité d'Henri Bergson, Paris, Archives Karéline, 2012, p. 101-114
Miquel, Paul-Antoine, et Robert, Ladislas, Bio-logiques du vieillissement, Paris, Kimé, coll. « Philosophie-épistémologie », 2004, 111 p.

▶6 séances de cours
7/4(15h30-17h30)
8/4(15h30-17h30)
9/4(15h30-17h30)
10/4(13h-15h)
11/4(13h-15h)
14/4(15h30-17h30)


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■Thierry HOQUET (Université Jean Moulin Lyon 3)
Quatre traditions en histoire et philosophie des sciences

▶Le domaine intitulé « épistémologie » ou « histoire et philosophie des sciences » est un champ en perpétuel renouvellement. Différentes traditions proposent différentes approches du travail scientifique. Nous proposons un parcours de quatre courants essentiels qui structurent le champ de l'histoire et philosophie des sciences. Il s'agira à chaque fois d'aborder les thèses des principaux auteurs de ce courant et d'illustrer leur approche par quelques cas d'études empruntés aux différentes sciences de la nature (physique, chimie, biologie). On tentera d'évaluer la valeur de chacune des approches en soulignant la conception de la science qui s'en dégage.

▶Séance 1 : La philosophie générale des sciences

L'approche de la philosophie générale des sciences sera illustrée par la théorie de l'explication scientifique proposée par Carl Hempel. Le positivisme logique, dans la lignée de Carnap, canonise les règles de la méthode scientifique classique. Popper participe du courant du positivisme logique en ce qu'il recherche des règles méthodologiques invariables indépendantes de l'histoire. Carnap et Popper, en dépit de leur opposition terme à terme sur de nombreux points, ont en commun une conception générale de la science : aucun d'eux ne doute que la science ne soit notre meilleur exemple de pensée rationnelle ; ils accordent tous deux la distinction entre observation et théorie ; ils croient en l'unité de la science, ils reprennent l'un et l'autre la distinction, due à Hans Reichenbach, entre contexte de justification et contexte de découverte.

Bibliographie :
Carl Gustav Hempel, Aspects of scientific explanation and other essays in the philosophy of science, New York, Free Press, 1965.
-- Philosophy of natural science, Englewood Cliffs (NJ), Prentice Hall, 1966, trad. B. Saint-Sernin, Paris, Armand Colin, 1972.

▶Séance 2 : L'épistémologie historique

La question de l'épistémologie historique sera approchée à partir d'une double question : celle du discontinuisme et des révolutions scientifiques, celle de l'objectivité scientifique et de ses formes. On l'approchera à partir d'une présentation du nouvel esprit scientifique de Bachelard, des changements de paradigme de Kuhn, des formes successives de l'objectivité chez Daston et Gallison, et de l'ontologie historique de Hacking. Il s'agira de rendre raison de la phrase avec laquelle Kuhn choisit d'ouvrir sa Structure des révolutions scientifiques : « L'histoire, si l'on consentait à la considérer comme autre chose que le reliquaire de l'anecdote ou de la chronologie, pourrait être à l'origine d'une transformation décisive de l'image de la science qui aujourd'hui nous possède. » Ce thème décisif a suscité une crise de la rationalité : peut-on accepter que la science ait une histoire ?

Bibliographie :
Gaston Bachelard, Le Nouvel esprit scientifique (1934), 17e éd., Paris, PUF-Quadrige, 1987.
Lorraine Daston & Peter Galison, Objectivity, New York, Zone, 2007, trad. Sophie Renaut & Hélène Quiniou, Objectivité, Dijon, Les Presses du réel, 2012.
Ian Hacking, Historical ontology. Cambridge, MA: Cambridge University Press, 2002.
Thomas Kuhn, The Structure of scientific revolutions (1962), nouvelle éd augmentée, Chicago, University Press, 1970, trad. Laure Meyer, La structure des révolutions scientifiques, Paris, Flammarion, 1983.

▶Séance 3 : L'épistémologie féministe

L'épistémologie féministe interroge la neutralité de la science : et si la science était une construction masculine et non un édifice rationnel neutre ? La place des femmes dans l'édifice scientifique est-elle seulement celle d'objets, soumis au regard du savant mâle ? On étudiera l'intersection entre genre et science : non seulement la place des femmes en science, mais aussi la conception de la nature qui sous-tend le travail ou le « regard » scientifique. Le discours scientifique sur la différence des sexes sera également interrogé. On posera également la question de l'objectivité, au croisement des travaux de Sandra Harding, Donna Haraway et Helen Longino.

Bibliographie :
Evelyn Fox Keller, Reflections on gender and science, New Haven-London, Yale University Press, 1985.
Donna J. Haraway, « Situated knowledge : the science question in feminism as a site of discourse on the privilege of partial perspective », Feminist studies, 14-3 (1988), pp. 575-599 ; tr. D. Petit et N. Magnan, « Savoirs situés : la question de la science dans le féminisme et le privilège de la perspective partielle », in Manifeste cyborg et autres essais : sciences, fictions, féminismes, anthologie établie par Laurence Allard, Delphine Gardey et Nathalie Magnan, Paris, Exils, 2007, pp. 107-142.
-- « Modest Witness » paru en 1996. Repris dans Donna J. Haraway, Modest_Witness@Second_Millennium.FemaleMan©_Meets_OncoMouse™ : feminism and technoscience, New York, Routledge, 1997 et dans The Haraway reader, New York-London, Routledge, 2004, pp. 223-250.
Sandra Harding, Whose science ? Whose knowledge ? Thinking from women's lives, Ithaca (NY), Cornell University Press, 1991.
Helen E. Longino, « Taking gender seriously in philosophy of science », PSA. Proceedings of the Biennial Meeting of the philosophy of science association, (1992), vol. 2, pp. 333-340.


▶Séance 4 : La sociologie des sciences

On étudiera différents courants réunis sous l'étiquette de « sociologie des sciences ». Tout d'abord, l'approche ethno-méthodologique, indifférente aux contenus des sciences et plutôt attentive à l'organisation des laboratoires et illustrée par les travaux de Latour et Woolgar. Ensuite, la formulation du « programme fort » (strong program), qui intervient dans l'étude des sciences à la fois contre l'approche épistémologique (philosophique, en termes de vrai ou faux) et contre l'approche ethno-méthodologique. Le « programme fort » propose de revisiter les controverses scientifiques, à l'aide d'une méthode ramassée autour d'une formule : le principe de symétrie. David Bloor dans son article classique [1976, trad. 1982] a proposé un principe de symétrie dans les explications : appliquer la même explication à ceux qui gagnent et à ceux qui perdent, quitte à rejeter la question de la vérité ou de la fausseté de la science.

Bibliographie :
David Bloor, « Socio/logie de la logique ou les limites de l'épistémologie », Pandore, 1982, pp. 3-26.
Bruno Latour, Science in action. How to follow scientists and engineers through society, Milton Keynes, Open University Press, 1987, trad. Michel Biezunski, La Science en action, Paris, La Découverte, 1989.
Bruno Latour & Steve Woolgar, Laboratory life, the construction of scientific facts, Sage Publication, 1978, trad. Michel Biezunski, La Vie de laboratoire. La production des faits scientifiques, Paris, La Découverte, 1988.
Ludwik Fleck, Genesis and development of a scientific fact, trad. Bradley et Trenn, Chicago, University Press, 1979.
Stephen Shapin, « The invisible technician », American Scientist, 77 (1989), 554-563.
Steven Shapin et Simon Schaffer, Léviathan et la pompe à air. Hobbes et Boyle entre science et politique. Paris, La Découverte, 1993.

▶4 séances de cours
11/6(13h-15h)
11/6(15h30-17h30)
13/6(13h-15h)
13/6(15h30-17h30)


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■Osamu KANAMORI (Université de Tokyo)
▶1re séance:Kunihiko Hashida, La connaissance scientifique et la praxiologie orientale
▶2e séance:La religion dans l'ere des sciences degenerees
▶2 séances de cours
2/6(15h30-17h30)
9/6(15h30-17h30)


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■Shin ABIKO (Université Hoseï)
L'histoire des sciences et la philosophie―Le tournant de la philosophie au XIXe siècle

▶Le succès des sciences modernes, c'est un acquis immense pour l'humanité, non seulement pratiquement, mais encore et surtout philosophiquement. Jusque là, c'est la philosophie qui se considérait comme la fondatrice des sciences, ou bien comme leur synthétisante, ou bien comme leur garante. C'etait le cas de Descartes (Les Principes de la philosophie), de D'alembert (L'Encyclopédie) et de Kant (La Critique de la raison pure). C'est ce que signifiait symboliquement le mot 'métaphysique'. Mais au XIXe siècle, où le succès des sciences était déjà un fait socio-historique impératif, et où elles n'avaient plus besoin ni d'être fondées, ni d'être synthétisées, ni d'être garanties, les relations entre elles et la philosophie ont été modifiées et même renversées. Les sciences ont pris la position de la philosophie. D'ailleurs, au XVIIe siècle, les sciences naturelles, telles que l'astronomie, la physique, la chimie, avaient déjà condamné la philosophie naturelle à la disparition. Alors, ce sont les sciences, disons socio-biologiques qui ont terminé la métaphysique. Précisément, alors, c'est l'histoire des sciences qui a remplacée la métaphysique. Ce cours essaie d'élucider cette évolution philosophique du XIXe siècle à travers trois auteurs franco-japonais. (Ce cours constituera une pré-histoire de ce qui sera développé dans le second volet du cour de professeur Hoquet).

1. Auguste Comte(1798-1857)
2.Amane Nishi(1829-1897)
3.Pierre Duhem(1861-1916)

▶Bibliographie
Trois textes fondamentaux :
1.Auguste Comte, Cours de philosophie positive(1830-1842)
2.Amane Nishi, Hyakugaku-Renkan (Encyclopedy)(1870)
3.Pierre Duhem, La Théorie physique, son objet et sa structure (1906)

Lecture recommandée:
1.Auguste Comte, Discours sur l'esprit positif, Vrin, 1990
2.Michel Dalissier, Shin Nagai et Yasuhiko Sugimira, Textes clés de philosophie japonaise, Vrin, 2013
3.Anastasios Brenner, Duhem : science, réalité et apparence, Vrin, 1990

▶3 séances de cours
16/5(13h-15h)
30/5(13h-15h)
6/6(13h-15h)